Espagne nous voilà.
Vendredi matin 3 octobre 2025, après une courte nuit, le réveil sonne à 3 heures du matin. Je remarque une certaine protestation de la part de Duke, Oona, Grace et Milan qui se disent « maman, tu veux vraiment dire que tu vas te lever, il fait encore nuit »
Mais oui, je dois me lever car à 5h00, j'ai rendez-vous avec ma collègue Kristien à Zaventem. Ce weekend, nous pouvons, toutes les deux, rendre visite à Casa Belgica et au refuge. Pleine d'excitation et ne sachant pas très bien ce qui m’attend, je suis à l'heure (lire « beaucoup trop tôt ») à l'aéroport. Heureusement, il y a déjà plusieurs cafétarias ouvertes où je peux profiter de l'or liquide en attendant Kristien. Je suis étonnée de voir la foule qu’il y a déjà, à cette heure de la journée. Des gens en short alors qu'il fait à peine 8 degrés dehors. Je suis quand même contente de porter mon pull et mon écharpe chauds et bien sûr, ma veste GINB. Soudain, je vois un visage familier, notre Kristien. Je suis si heureuse de reconnaître quelqu'un dans cette foule. Je me sens un peu mal à l’aise. La dernière fois que j'ai volé, c'était quand les animaux parlaient encore. Ensuite, je n'avais qu'à suivre maman mais à présent, nous ne pouvons que compter sur nous-mêmes.
Dans l'ensemble, nous nous sommes assez bien débrouillées et nous avons passé la douane, sans trop de problèmes. Nous nous sommes retrouveés dans un monde nouveau où nous ne savions pas vraiment ce qui nous arrivait. Des magasins partout où l'on pouvait tout acheter. En fait, on peut arriver sans valise et tout acheter à l'aéroport. Comme il était encore tôt, nous sommes d'abord allées prendre le petit-déjeuner, avec vue sur les avions ,en nous demandant ce que nous allions voir et vivre ce week-end. Très vite, nous avons dû nous rendre à notre porte d'embarquement car il était presque l'heure de nous enregistrer.
Au revoir Belgique maussade, Espagne nous voilà.
Avant de nous en rendre compte, nous nous trouvions au-dessus des nuages. Les maisons et les voitures devenaient de plus en plus petites et bientôt nous ne voyions plus qu’une masse de nuages en dessous de nous. Nous avions rendez-vous avec Dirk à « Salida 10 chez Paul ». Ne sachant pas ce qu'était Salida 10, nous pensions à la chambre 10, mais Salida signifie apparemment, « sortie » en espagnol. Nous l'avons découvert dans l'avion. Tout à coup, la couverture nuageuse s'est dispersée et nous avons vu l'Espagne en dessous de nous. Peu de temps après, nous avons atterri et nous étions stupéfaites. Le soleil nous a accueillies et bientôt, j’ai pu enlever mon pull. Par chance, nous avons trouvé Dirk très rapidement. Ce furent des retrouvailles merveilleuses. Maintenant, notre aventure pouvait vraiment commencer. Dans la voiture qui se rendait à Casa Belgica, Dirk était le guide parfait. Très vite, nous avons également vu les dégâts causés par l'incendie. Cela nous a rendues silencieuses.
Lorsque Dirk a ouvert les grilles de Casa Belgica, nous avons soudainement vu 11 paires de petits yeux rivées sur nous et 11 queues frétillant nerveusement. Du plus petit au plus grand, ils étaient tous aussi enthousiastes. Mimi était également très heureuse de nous revoir et après un accueil chaleureux, nous avons eu droit à une visite guidée des lieues. Mimi était le guide parfait et nous a parlé avec passion de Casa Belgica. Nous étions les premières à pouvoir admirer la salle de récupération, entièrement terminée ainsi que la clinique. Le mur était, également terminé et tout cela en si peu de temps. Ensuite, il était temps de prendre l'apéritif et de déguster un bon déjeuner léger, préparé par le chef étoilé Mimi. Pendant le repas, Mimi et Dirk nous ont expliqué les origines de GINB et ce qu'ils ont déjà vécu. Plus tard dans la journée, nous sommes allés visiter le refuge, mais Kristien et moi sommes d'abord allés nous reposer après notre courte nuit. Une sieste au soleil a fait des merveilles et vers 15h30, nous étions prêtes à aller voir l’endroit d’où venaient, il y a quelques années, nos propres chiens . Nous avons roulé sur des routes poussiéreuses vers le refuge. A gauche et à droite, nous pouvions voir les dégâts, causés par l'incendie. Nous savions que cétait très sérieux , mais une fois que nous avons pu tout constater sur place, nous nous sommes rendues compte que cela aurait pu être bien pire.
Quinze minutes plus tard, nous sommes arrivés juste au moment ou une voiture partait. Apparemment, un couple qui était venu de déposer un galgo. Encore un qui devait chercher un nouveau panier doré. D’abord, il devrait passer par le docteur Frutos car l'animal avait la patte avant fracturée et cela signifie une longue revalidation. Un pauvre animal qu'ils avaient déposé sans verser une larme. Sans aucune émotion, simplement jeté comme un vieux Kleenex. Nous étions encore plus silencieuses en voyant la manière dont des gens peuvent simplement remettre un chien qui, en plus, souffre d’une patte fracturée. Nous ne pouvions que soupirer et secouer la tête. Je devais retenir mes larmes et essayer de caresser le pauvre animal en lui montrant un peu d'amour. Le pauvre avait besoin de savoir que tous les humains n'agissent pas comme ses précédents « propriétaires ».
Nous sommes entrées au refuge et il nous est impossible de décrire ce que nous avons vu. Tant d'impressions, tant de chiens qui recherchaient des propriétaires gentils, des lits chauds et moelleux, de l'amour et de l'amitié. Ils se bousculaient pour recevoir une caresse ou un câlin. Nous manquions de mains et d'yeux. Partout où nous regardions, nous apercevions des galgos, certains moins effrayés que d’autres. Ils étaient de toutes les couleurs, mais le noir restait la couleur prédominante. Si seulement nous pouvions donner, à tous, un foyer chaleureux. Nous marchions d'un enclos à l'autre et encore et encore nous voyions ces regards, ces yeux interrogateurs et suppliants que nous n'oublierons jamais, et oui, le petit chien était toujours là. Tous les responsables de régions précédentes ont mentionné la dame câline et ils n'ont pas menti. Elle essayait de se glisser sous chaque galgo afin d’obtenir un câlin de notre part. Nous avons même reçu des baisers. Dans chaque enclos, je m'asseyais et partout les petits chiens étaient curieux et venaient nous renifler . Certains nous léchaient, d'autres ne venaient que pour sentir, certains étaient partis plus vite qu'ils n'étaient venus, mais tous avec le même regard dans les yeux.
Nous ne pouvions pas nous préparer à cela. Nous savions déjà dans quel but nous le faisions, mais maintenant que nous avions vu tout cela, nous connaissons enfin toute l'histoire. Je suis heureuse que nous ayons déjà donné un bon foyer à tant de chiens, mais j'aimerais faire appel à toutes les personnes qui ont encore une place dans leur maison, afin qu’ils jettent un coup d'œil au site car il y a encore tant de doux trésors qui méritent un foyer. Une fois sur le chemin du retour vers Casa Belgica, nous avons tout laissé reposer et nous espérions , en silence, qu'un jour tout cela se terminerait.
Pendant et après le repas succulent de la main de Mimi, notre chef étoilé, nous avons raconté ce que le refuge nous avait fait et nous avons regardé des photos. Nous aurions pu continuer encore et encore, mais il était temps de nous reposer. Demain, un nouveau jour s’annonçait pour d’autres histoires et de nouvelles aventures. Nous avons donc regagné, fatiguées mais satisfaites, notre lit. Au petit-déjeuner, la conversation s’est poursuivie, puis les albums photo sont apparus. Des souvenirs de comment tout a commencé et le résultat aujourd’hui. Nous avions beaucoup à assimiler.
Au cours de l'après-midi, nous sommes allées nous promener avec 9 des 11 chiens. Les 2 à 3 pattes pouvaient rester à la maison avec Mimi. Se promener avec 9 chiens n’est pas une sinécure, mais après un certain temps, nous parvenions à les garder sous contrôle. Une fois de retour à la maison, de la bonne nourriture nous attendait ainsi qu’à nos compagnons. Ce soir, nous en profitons doublement car demain matin nous partons pour la Belgique pluvieuse. Une fois de plus, nous portons un toast à GINB, à Mireille et à Dirk et à l'œuvre de leur vie. Nous levons nos verres à au moins 30 autres années de GINB.
Une fois de retour à la maison, nos chiens ont eu droit à un câlin qu'ils n'oublieront pas de si tôt et je leur ai promis d'amener autant de congénères que possible vers la Belgique.
Merci chers Mimi et Dirk de nous avoir fait découvrir votre histoire.