Espagne mise á jour sept 2025

7 novembre 2025
Juliette

Lundi 8 septembre 2025.

Après le dernier update nous continuons de travailler, tous les jours, du matin au soir ! Ils sont, au minimum, 3 ou 4 ouvriers et selon le degré des travaux, ils travaillent même avec un ou deux ouvriers supplémentaires. Depuis le début de cette entreprise, 2 conteneurs pleins de déchets de poussière de briques et de déchets végétaux partent chaque semaine et sont remplacés par des conteneurs vides encore le jour même. Une œuvre de Sisyphe qui ne s'arrête jamais. Dirk fait tout ce qu'il peut pour aider, et se promène du matin au soir en vrai père Fouettard ou ai-je même plus le droit de dire ça… Avec mes os rouillés par l'arthrose et mes muscles affaiblis, je fais quand même ce que je peux. En tous cas, chaque jour, nous voyons de plus en plus, dans tous les endroits cachés, l'étendue des dégâts et les travaux correspondants qui seront nécessaires pour les réparer. Parfois, je me demande s'il y a encore un sens à cette reconstruction et à rendre l’état général meilleur qu'il ne l'était. Pourquoi, pour qui ?? Avec tout ce qui se passe dans le monde, de moins en moins de gens s'intéressent au sort des chiens et témoignent de moins en moins de compassion pour les galgos en Espagne, mais d'autant plus pour leur propre bien-être... Le nombre de demandes d'adoption dont les « intéressés » sont soi-disant absents lorsque je les appelle d'Espagne, le même jour, est hallucinant. Je n'ai jamais rien vécu de tel. Si je parviens quand même à joindre la personne en question, après avoir insisté et/ou après un appel téléphonique de la part des responsables régionaux, on m’envoie souvent à la chasse aux oies sauvages. Ils ne sont pas encore sûrs parce que M. ou Mme est contre, ils veulent voir les chiens avant d'adopter, ils ont déjà un autre chien dans leur ligne de mire ou ils doivent tout à coup, partir à l'étranger pendant 6 mois pour travailler ou encore se faire opérer soudainement. C’est incroyable tout ce qu’ils peuvent inventer. Parfois, j'ai des « candidats » en ligne dont je sens déjà, au bout de 3 minutes, qu'il n'y aura jamais d'adoption mais qui néanmoins me font pendant une demi-heure, un récit de leur propre vie ou bien qui me posent les questions les plus impensables dont je me demande parfois si ce n'est pas un jeu ou si cela ne part pas d’une intention malveillante. Quoi qu'il en soit, je reste toujours diplomate. Cependant, lorsque les choses deviennent incontrôlables, je me force à couper la communication car ces personnes me donnent parfois un sentiment très frustrant, sont fatigantes, extrêmement irrespectueuses et très impolies. Et pourtant, je ferais n'importe quoi pour donner un bon foyer à un galgo mais parfois, je me demande avec anxiété si nous ne vivons pas la fin de l'histoire ... Heureusement, nous avons nos fidèles supporters sur lesquels nous pouvons toujours compter. Des gens dont certains, que je connais depuis 20 ans ou plus, participent toujours à des promenades/événements et qui lors d’une journée d’adoption, viennent chercher un deuxième, troisième, quatrième ou même cinquième chien afin de lui donner la place de leur galgo décédé pour qu'il ne soit pas mort en vain. Des gens en qui j'ai une confiance inébranlable et dont j'espère qu'ils ont aussi confiance en moi, en GINB et en tous ses collaborateurs.

Jeudi 11 septembre 2025.

Mardi, Dirk a effectué un aller-retour pour l’aéroport afin d’y accueillir son copilote Dirk B et après qu'ils aient tout préparé pour le départ, je leur ai dit au revoir, aujourd'hui à 9h18, et ils sont maintenant en route pour la Belgique avec 16 chiens à bord. Puisque l’état de mon dos ne me permet pas de me rendre en Belgique et après les conseils négatifs du médecin, je reste ici avec la petite Titabah mais jeudi prochain, j'essaierai quand même, d'être présente à la promenade des « Ardennes flamandes » à Nukerke. Après la journée d'adoption, Dirk revient en Espagne le dimanche matin, en compagnie de Luc de Yolanda comme copilote et jeudi, nous retournerons ensemble en avion. Après la promenade de dimanche, nous reviendrons en Espagne car les propriétaires de la pension pour chiens partiront en vacances le lundi et nous devrons donc récupérer les chiens immédiatement après notre arrivée. Nous aurons donc un programme chargé. Quoi qu'il en soit, à part le fait que je n'étais présente nulle part, tout s'est déroulé comme prévu. La journée d'adoption s'est bien passée et puisque j'avais fourni une note à tous les adoptants formulant mes excuses pour mon absence, ma tranquillité d'esprit était quelque peu apaisée. Après que tout le monde s’en soit retourné avec son nouveau colocataire et que les gâteaux d'anniversaire aient été dégustés, Dirk est rentré à De Pinte en compagnie de Luc d'Artagnan de Yolanda. Après une courte nuit, ils sont repartis ensemble pour l’Espagne et tout cela un jour et demi après son arrivé. Après un trajet de 18 heures, ils sont arrivés à 22h00, à Casa Belgica. Après un jour de repos, Luc a pris l'avion pour rentrer en Belgique. Après son départ, nous avions encore une semaine pour tout mettre en ordre et faire le plein de provisions suffisantes à l’occasion de l'arrivée des responsables régionales Tasch et Kristien qui viendraient en Espagne les 3, 4 et 5 octobre pour un « retour à la réalité » au sujet de la mission à laquelle elles sont si fortement attachées... Comme toujours, je me demandais ce que cela allait leur faire car entendre les histoires et regarder des photos, n'est pas du tout la même chose que de voir, de ressentir et de humer tant d'âmes sauvées qui attendent tous, une lueur d'espoir. 

Samedi 26 septembre 2025.

Comme toujours, le temps interminable que je pensais avoir a vite passé car je recevais constamment de « mauvaises et fausses nouvelles » qui occupaient sans cesse mon l'esprit. Dans le refuge, la énième victime ayant « raté la chasse » avait été larguée. Un jeune mâle blanc et noir, affamé et terrifié qui, comme tant d'autres avant lui et après lui, avait été abandonné au refuge par le galguero. Entre-temps, je suis restée assise, pendant des heures, au téléphone pendant que les ouvriers étaient encore occupés à maçonner, à tailler, à fabriquer du béton etc. Au sens propre comme au figuré, j'en ai eu marre de tout ce bruit infernal et de tout cette poussière qui durait maintenant, depuis plus d'un mois et demi, maintenant. Mais ne vous inquiétez pas, il y a eu des progrès. Plus que pour les adoptions. Pas plus tard que vendredi dernier, j'ai reçu un coup de téléphone d'une dame autoritaire francophone qui s’était absolument mis dans la tête qu’elle voulait un jeune galgo à poil dur. Sur le site, elle n'en avait pas trouvé et elle me demandait si je pouvais lui envoyer quelques photos ? Non, je ne pouvais pas puisque ce n’est pas notre manière d’agir. Je lui ai gentiment dit que je ne pouvais pas répondre à sa demande... J'ai donc demandé à Marie-Carmen de m'envoyer toutes les photos et infos des chiens à poil dur qui étaient prêts à l’adoption et j'ai rappelé la dame pour lui dire qu'elle devait tenir à l’œil son ordinateur car on mettrait les « poils dur » sur le site ce week-end. Apparemment, elle avait peu de patience car autoritaire comme elle était, elle m'a rappelé 4 fois. Quand j'ai fait savoir à la dame, le lendemain, que les chiens étaient sur le site, je n'ai plus rien entendu… le lundi, un candidat a annulé son adoption après avoir reçu une visite à domicile et le lendemain j'ai reçu un message négatif, de la part de responsables régionales, également après une visite à domicile... Incroyable, qu’est-ce qui peut bien occuper les gens ? Ils s’imaginent faire du shopping ???... Désirent-ils à tout prix partager leur histoire imaginaire ??? Espèrent-ils se rendre intéressants ??  Ont-ils un manque de respect ??  Une chose est sûre, la mentalité a terriblement changé.

Vendredi 3 octobre 2025.

Il est à peine 7 h00, lorsque nous recevons des photos, de la part des responsables régionales Tasch et Kristien, prises à bord de l'avion. Endéans les trois heures, les dames, qui attendent toutes deux avec impatience leur visite au « hotspot » de GINB en Espagne, doivent être récupérées à l’aéroport. Donc après le petit-déjeuner, Dirk se met en route car à cette heure-là, il y a beaucoup de trafic pour l'aéroport. En attendant, je commence à préparer le déjeuner et le copieux « plat consistant » de ce soir, dont elles auront certainement besoin car cet après-midi elles iront déjà visiter le refuge.  

Une heure et demie plus tard, les dames sont submergées par des baisers et des câlins de la part de notre meute toujours aussi curieuse. Il s’agit de privilèges qui sont, au sens propre comme au figuré, à tomber à la renverse et que tous les visiteurs n'apprécient pas. Nos dames en question, quant à elles, se laissent faire car cela fait partie de l'incontournable procédure d'accueil. Après leur avoir montré leur chambre, ce qui a également suscité les inévitables exclamations pleines d’admiration, elles ont eu droit à la visite obligatoire de la clinique et ont pu admirer la nouvelle version de notre section de récupération, à moitié terminée. Elles ont également découvert les montagnes de travail qui avaient été accomplies depuis l'incendie. Le point culminant de tous les travaux est le « mur Belgica » de 100 mètres de long qui nous sépare à nouveau des voisins sur le côté gauche et assure notre intimité et surtout celle des chiens. Nous n'avons pas encore trouvé de solution permanente pour le côté droit car nous mettons notre espoir dans les modestes feuilles de lierre qui essayent prudemment de se frayer un chemin vers le haut. Un travail de longue haleine, car le nouveau voisin ne se soucie de rien. Il n'arrose ni ne désherbe les branches brûlées... Puisque nos moyens financiers sont presque épuisés et qu’il reste encore beaucoup à faire, je ne me vois pas mettre une clôture supplémentaire de 100 mètres. Quoi qu'il en soit, si nous pensons au fait que les voisins du haut, nous observent constamment et que nos chiens ne cessent d’aboyer, quelque chose pourrait être entrepris plus vite que prévu, manque d’argent ou pas. Après s'être familiarisées avec « notre vie telle qu'elle est en Espagne », Tasch et Kristien sont passées, avec enthousiasme, à table pour le déjeuner mais n’ont pas oublié l’heure car à 16h00, elles étaient attendues au refuge... « Moment fort » de leur visite !! Quand elles sont parties après l'agréable déjeuner, je les ai regardées et j'ai souhaité pouvoir entrer dans leur tête pendant les 2 prochaines heures. Malheureusement « l'IA » n'a pas encore progressé jusque-là... De toute façon, je ne penserais jamais à l'utiliser !! Je déteste ça ! Je suis tout sauf un robot, je pense encore par moi-même...

Environ 2 heures après leur départ, ils sont rentrés « à la maison » avec beaucoup d'impressions émotionnelles... Le fait qu'un galguero ait abandonné, pendant leur visite, une très jeune femelle efflanquée avec une jambe déformée, avait été une confrontation avec la réalité. Elles savaient que c'était une réalité quotidienne pour nous, mais il y avait une grande différence entre le fait d’être au courant et de l’expérimenter soi-même. Au cours de l'apéritif apprécié, elles ont réfléchi afin de pouvoir donner une place à leurs impressions et j'ai remarqué que, comme beaucoup de visiteurs précédents, elles étaient moins bavardes qu'avant. Il n'est pas rare que l'image que vous aviez d'une situation soit convertie en réalité brute et que vous vous retrouviez face à face avec environ 200 galgos qui attendent tous un foyer. Je comprends très bien car après toutes ces années, je panique parfois encore lorsque je suis assise dans un enclos entre un grand tas d'âmes éprouvées, la gorge serrée et des larmes coulant sur mes joues. Ensuite, je suis toujours confrontée à cette immense responsabilité de trouver un bon foyer pour tous. Maintenant, Tasch et Kristien savent peut-être ce que je ressens. La semaine prochaine, le grand afflux recommencera, puis il y aura des dizaines et des dizaines de galgos rejetés et blessés parce que la saison de chasse commencera, donc... J’ai peur et je me demande parfois si on pourra continuer à financer tout ça car avec la baisse des adoptions, des adhésions et des participations à nos événements nous ignorons où cela s'arrêtera… Quoi qu'il en soit, il faut continuer à espérer, cela me perturbe souvent la nuit... Dans les conversations qui suivent, les dames récupèrent lentement et on entend qu'elles ne rendaient pas compte qu’il s’agissait d’un si grand projet et elles se mettent à décrire leurs rencontres. Qu’ils étaient tous si doux et si mignons et Roxy le petit mâle à poil dur qui était immédiatement amoureux de Kristien et vice versa et ce petit mâle noir très doux qui avait le béguin pour Tasch... Après l'apéritif, c'est l'heure des champignons dégustés avec des pâtes et les dames ne peuvent pas s'arrêter de parler jusque tard dans la soirée, malgré le fait qu'elles sont debout depuis 3h00. Après un dernier café, elles vont enfin se coucher car elles sont exténuées. Après nous être préparés pour le petit-déjeuner du lendemain, nous allons également nous coucher... Demain il y a encore des activités au programme. Activités qui se traduisent par la recherche de photos pour les projets à venir. Des photos analogues que l'on peut rechercher et trouver dans les nombreuses boîtes... Des masses et des masses, soupir, heureusement j'ai de l'aide !!

Samedi 4 et dimanche 5 octobre 2025.

Après un samedi productif et animé, plein d'histoires et de photos et encore plus de photos et d'histoires, entrecoupé d’un déjeuner et un dîner agréables, elles repartent le dimanche après le tout dernier déjeuner et une longue série de remerciements avec une grande connaissance de GINB et de nombreux projets pour l'avenir. J’espère que ce furent des journées productives et instructives pour toutes les parties impliquées.

Jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 octobre 2025.

Hier, après avoir amené les chiens à la pension, nous sommes avec un retard inévitable, partis nous aussi, pour la Belgique. Au contrôle frontalier où la situation s'aggrave de plus en plus pour les personnes en fauteuil roulant, j’ai dû enlever mes chaussures ouvertes et j’ai été examinée de la tête aux pieds pour la possession de drogues !! À Zaventem, afin de pouvoir prendre possession de la voiture de location réservée et au grand mécontentement d'un Dirk de mauvaise humeur, nous devons faire la queue pendant une demi-heure, derrière une rangée de touristes qui discutent au sujet de permis de conduire valides ou pas. Le résultat est que nous tombons dans un embouteillage monstre. Alors que Dirk maudit tous les saints qu'il connaît, soupire, il faut plus de temps de Zaventem à De Pinte que de Madrid à Bruxelles, autre soupire ... Lorsque nous arrivons enfin à De Pinte, il est plus de 18h00, et nous devons encore faire quelques emplettes car les armoires sont plus que vides à l’appartement. Je suis tellement fatiguée de faire des allers-retours et surtout de ces coutumes idiotes à l’aéroport, mais il faut y passer, rien à faire. D’ailleurs, si je veux me rendre en Belgique, il n'y a pas d'autre option que de prendre l'avion et de tout subir le plus sereinement possible, ce qui fonctionne parfois mieux que d'autres fois....

Le lendemain, Dirk est occupé, pendant pratiquement toute la journée, à sa comptabilité et ne veut pas être dérangé dans sa bulle.... Je me résigne à cela parce que je tiens quand même encore à ma vie et tant qu'il est occupé avec les chiffres, je prépare des cadres pour la réunion de GINB de demain car tous les participants recevront dans leur dossier un numéro qui correspond à un prix. En attendant, je me demande comment vont les chiens, surtout Hyppolythe qui est en pension pour la première fois. Lorsque nous nous renseignons, les propriétaires nous renvoient une vidéo disant qu'il va bien. Il est juste un peu timide et submergé, mais se sent conforté par sa famille. Voilà qui est très rassurant. Nous sommes tous les deux occupés jusque tard dans l'après-midi, après quoi nous n'avons plus envie de faire grand-chose. Il nous suffit de manger et de regarder la télé avec un « demi-œil » pendant que je prépare tout pour demain, que j'inspecte à nouveau ma tenue et que je me couche en sachant que je me lèverai beaucoup trop tôt car j'ai beaucoup de travail. Surtout avec mes couleurs de guerre car depuis l’incendie je peux à peine me débarrasser des soucis et de la fatigue physique… j'aurai donc besoin de beaucoup de camouflage...

Une heure et demie plus tard, Raymond et sa femme nous accueillent dans le restaurant de Vilvorde où les premiers collaborateurs sont déjà arrivés. Comme toutes les années précédentes, ils se sont occupés des préparatifs de la réunion et du souper qui suivra. La réunion commence à 10h00 précises. Je salue tout le monde et commence par les sujets qui m'ont été présentés par les responsables régionaux et les collaborateurs. Une fois cela terminé, Tasch et Yannick peuvent présenter leurs idées concernant les médias sociaux. Ensuite, notre « cordon-bleu » Inge Mariman, qui est présente en cuisine depuis de nombreuses années, est vantée pour ses services. Sont également mis à l'honneur, Raymond Vandeput et sa femme Claire pour leurs années de dévouement, tout comme R Buekenhout. Après les cérémonies, c'est l'heure de l'apéritif, puis nous passons à table pour un bon repas et beaucoup de conversation.  Après la « cérémonie de remise des prix », tout le monde se dit au revoir et Dirk et moi retournons à Zaventem où nous passons la nuit car le lendemain, nous repartons en Espagne pour récupérer les chiens puisque les propriétaires de l'hôtel pour chiens partent en vacances. Voilà pour notre voyage en Belgique...

Demain, retour à la réalité, retour au bruit, aux ouvriers, à la poussière puisque les travaux ne sont pas encore complètement terminés. On doit encore poser un nouveau toit sur la « buanderie» et un autre toit sur le patio pour les chiens. Dirk doit encore, après avoir tout peint à l'extérieur, peindre également la clinique ... Beaucoup de travail... Encore beaucoup à faire d'ici à ce qu'Anne et Fred viennent stériliser du 27 au 30 novembre.

Mardi 14 octobre 2025.

Ce matin à 8h00, je rencontre pour la première fois la jeune femelle qui, lors de la visite au refuge du 3 octobre, de Dirk et des responsables régionales Tasch et Kristien, avait été déposée par son propriétaire. Le pauvre animal avait une patte déformée et avait été larguée, au grand désarroi de nos collaborateurs. Personne ne savait si la patte était fracturée ou pas. Comme nous sommes partis pour la Belgique, à cause de la réunion annuelle, j'ai envoyé un courriel au docteur De Frutos avec les explications nécessaires. Il a renvoyé une réponse disant que nous étions attendus le mardi 14 octobre à 9h00, aujourd'hui donc…

Après plusieurs heures d'attente, les résultats des analyses de sang et du scanner montrent que la jambe n'est pas fracturée mais déformée en raison d'une pénurie alimentaire extrême. Il fera donc fabriquer un os en 3D qui remplacera son os déformé et nous fera savoir la date à laquelle pourra avoir lieu l’opération. Pendant le trajet du retour, elle fait ses besoins dans la camionnette et pleure de manière bouleversante. Nous craignons le pire au moment de la rencontre avec nos chiens…... Inutile car aussi désespérée qu'elle était pendant le voyage, aussi ravie est-elle lorsqu’elle fait la connaissance de notre « peloton ». Immédiatement, elle sent qu'elle n'a rien à craindre ni d’eux et ni de nous. Quand on se penche pour la caresser, elle rampe, ventre à terre, et ses antécédents parle pour elle...

Entre-temps, elle aime rentrer et sortir et monte la garde à côté de ma chaise pendant que j'écris sa courte histoire qui je crains, pourrait devenir une longue histoire. D'ailleurs, je lui ai donné le nom de JULIETTE, maintenant il nous manque encore un Roméo mais Hyppolythe, notre compagnon à trois pattes, semble intéressé. Deux jours plus tard, nous recevons un message du docteur De Frutos. Après avoir analysé le scanner, ils ont vu qu'un os est fracturé, le second est encore flexible en raison de sa jeunesse, il n'est donc pas nécessaire de le casser et l'opération peut être faite plus rapidement. Nous pouvons l'emmener à la clinique mercredi prochain, le 22 octobre à 9h00 du matin. 

Mercredi 22 octobre 2025.

Comme convenu, nous partons à 8h00 du matin, avec Juliette pour Talavera. Nous demandons également au Docteur De Frutos s'il serait possible de la stériliser immédiatement et retournons à Casa Belgica.  Au cours de l'après-midi, nous recevons un message indiquant que tout s'est bien passé avec les deux opérations et que nous pouvons venir la chercher à 19h00. Avant que Dirk ne parte, nous recevons des radios de l'opération majeure de sa patte gauche qui, d'après ce que l'on peut observer est belle et droite. Spectaculaire lorsqu’on pense à l’état dans lequel se trouvait sa patte avant l’opération. Il est 21h00, quand Dirk est de retour à la maison avec notre malade et nous l'allongeons dans un donut, dans le salon. Le restant de la soirée, elle reste tranquillement allongée à se plaindre et à pleurer. On le ferait à moins. Mon cœur déborde de pitié, mais le pire est encore à venir. La rééducation commence à partir de demain, lorsque les analgésiques se seront dissipés... Alors que Juliette commence sa convalescence dans les jours qui suivent, parfois trop courageuse et de manière trop enthousiaste, nous recevons un message qu'un homme veut abandonner ses deux chiens de 8 ans dès que possible à cause d’un divorce. C’est une affaire difficile car il ne veut pas remplir ses obligations contractuelles et la femme dit qu'elle ne s'en soucie plus. Malgré tout, il les dépose à Rosa Canina où il est établi que ni le mâle ni la femelle n'ont vu de vétérinaire depuis leur adoption... Je suis en colère, déçue et tout le reste, mais cela ne sert à rien. Si les gens jettent leurs chiens dehors d'une manière aussi peu scrupuleuse sans adhérer au contrat signé, vous ne pouvez pas attendre grand-chose des personnes en question, si ce n’est que des difficultés. Quoi qu'il en soit, notre première préoccupation est les pauvres chiens. Puis c'est au tour des propriétaires... Nous prendrons les sanctions nécessaires et nous revendiquerons nos droits ainsi que ceux des chiens…

Vendredi 24 octobre à vendredi 31 octobre 2025.

Aujourd'hui, nous partons à 8h00, avec Juliette pour Talavera où elle a rendez-vous avec le docteur De Frutos. Un peu plus d'une heure plus tard, nous arrivons à la clinique et le véto nous emmène, en premiers, dans son bureau où il retire le bandage de Juliette avec l'aide d'une assistante. Elle n'est pas vraiment satisfaite et se comporte en vraie diva. Quoi qu'il en soit, le médecin est très satisfait du résultat, alors il la renvoie chez elle avec un pansement léger et insiste pour qu'elle porte un « abat-jour » afin de ne pas pouvoir lécher la plaie. Si tout se passe bien, elle devra revenir pour une consultation dans quelques semaines.

Aujourd'hui nous sommes une semaine plus tard et nous avons vécu l’enfer avec Juliette. Elle ne supportait pas le collier. La seule chose qu'elle voulait était de mordre la plaie hystériquement, de gratter, de lécher et tout ce que vous voulez, une misère ! Après avoir tout essayé, nous lui avons finalement mis une muselière. Quoi qu'il en soit, la cicatrice guérissait et démangeait continuellement.  Voilà pourquoi elle ne supportait même pas une muselière. À notre grand désarroi, un fil s'est détaché à cause de son frottement et la plaie a commencé à suinter car malgré sa muselière, elle s'est débarrassée du bandage plus vite que Dirk ne pouvait l'appliquer !! La muselière a donc également été équipée d’un bandage et attaché à son collier pour l'empêcher de l'enlever. 

Malgré le fait qu'elle ne pouvait plus l'enlever, elle n'arrêtait pas de se frotter violemment partout, surtout contre moi.  Comme un bélier elle essayait de me faire tomber. Cela était extrêmement frustrant et fatigant pour toutes les parties impliquées. Lorsqu'elle est sortie avec les autres chiens pour faire pipi, Clothilde s'était fait un point d'honneur de libérer son amie de la chose agaçante et avait tiré dessus afin d’y parvenir. Puisque Dirk était en train de peindre la nouvelle salle de récupération à l'arrière, je me retrouvais seule. Très fatigant car je ne peux pas me pencher sans tomber, je n'ai aucune force et je tiens à peine sur mes jambes car mon équilibre n'est pas ce qu'il devrait être, pour le reste tout va bien... Quoi qu'il en soit, nous ne savons pas comment elle se comportera dans la semaine à venir, espérons qu'elle se sera résignée à ce moment-là. Elle a une forte volonté, dont elle peut être fière... Au moment où j'écris ces lignes, elle dort sur le canapé à côté de moi comme un ange mais avec un œil ouvert pour me surveiller... Dès que je me lève, elle marche derrière moi et cogne comme une championne de boxe à part entière, avec sa muselière dans le pli de mes genoux, contre mes jambes, contre les sièges, contre les portes, bref, contre tout. Un signe pour me rappeler qu'elle n'apprécie pas ce qu'on lui fait subir, soupir... Qu'est-ce que cela va être la semaine prochaine... Pendant ce temps, Dirk applique un nouveau pansement 3 fois par jour et à part le trou qui ne cesse de rétrécir, la plaie a l’air en très bon état.

Samedi 1er novembre 2025.

Parce que j'avais des plaintes persistantes après l'incendie et que je restais épuisée, j'ai pris la décision après une longue période d'hésitation et d'insistance de la part de Dirk, de prendre rendez-vous dans une nouvelle clinique à Navalcarnero où ils disposent de toutes les installations telles que scanner, RX, échographie, etc. Ils ont également fait des analyses de sang et consulté divers médecins dans diverses spécialités. La communication ne s'est pas très bien passée car les deux secrétaires au bureau ne parlaient que l'espagnol. À ma grande surprise, l'une des secrétaires m'a demandé si je parlais le français. Quand j'ai confirmé, elle a dit qu'elle avait un collègue qui parlait la langue et qu'elle me rappellerait !! En effet, après seulement quelques minutes, la demoiselle en question a rappelé, demandé quel était le problème et a dit qu'elle était très heureuse de pouvoir parler le français. Après une conversation animée, elle m'a dit qu'elle allait tout arranger le plus rapidement possible et m'a rappelée un peu plus tard pour dire que j’étais attendue le lundi 3 novembre à 10h20 chez un généraliste qui déciderait de ce qu'il faudrait faire.

Mercredi 5 novembre 2025. 

Il était exactement 10h25, lorsque le généraliste m'a appelée dans son cabinet. Ma première question était de savoir s'il parlait l’anglais. « Un peu » m’a-t-il répondu, alors j'ai sorti mon meilleur espagnol et j'ai essayé de lui expliquer quel était mon problème. Pas facile, mais cela a fonctionné parce que c'était un jeune médecin sympathique nommé Angel, alors que demander de plus. Lorsque, avec l'aide de Dirk, qui m’assistait activement, j'eus exprimé de mon mieux mes problèmes négligeables, je reçus trois ordonnances pour trois jours différents... Une pour l'analyse de sang et d'urine, une pour les photos de l'abdomen et de la colonne vertébrale et une pour une échographie. Je me suis plainte à Dirk qu’il nous faudrait une « nounou» pendant 3 jours pour Juliette.  De retour à la maison, 3 heures plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone de la « Française » qui avait tout arrangé en une journée !! Après-demain, mercredi, j'étais attendue à 8h55, pour la prise de sang et d'urine, une demi-heure plus tard pour l'échographie et encore une demi-heure plus tard pour les radios !!

Quand tout était fini, et à l'heure ! J'ai obtenu un rendez-vous pour le Dr Angel qui me recevra mercredi prochain à …. Fantastique, tout serait réglé rapidement, tout au moins je le pensais.

Quand nous sommes rentrés à la maison, la « nounou » vénézuélienne a dit que Tito s’était senti mal pendant un instant. Il avait vomi un peu mais seulement de l'eau. Pendant son récit, il faisait de plus en plus sombre et des nuages violet-gris faisaient rage au-dessus de Casa Belgica.  Pendant son rapport, Tito a recommencé à avoir des nausées et avait du mal à respirer. Nous étions tellement choqués que nous ne voulions pas attendre. Dirk l'a emmené directement chez le vétérinaire local. Peu de temps après, le vent a commencé à souffler et les éclairs et les premiers tonnerres ont retenti. Une demi-heure plus tard, Dirk était de retour sans Tito, et des radios de ses poumons montraient qu’il n’allait pas bien du tout. Nous étions tous les deux ébahis. Tito n'avait jamais été malade depuis 9 ans, qu'il était avec nous, pas même hier !! J'ai immédiatement pensé à Léopold 2 et à Amadeus, tous deux décédés sans avoir jamais été malades, après les mêmes symptômes, et j'ai partagé mes pensées avec Dirk. Une heure plus tard, nous avons reçu un appel téléphonique du vétérinaire indiquant qu'il n'était plus conscient, déjà complètement bleu et qu'il ne s'en sortirait pas. Il demandait s'il pouvait le laisser partir.

Dirk y est allé tout seul, je n'ai pas pu. Je n'arrivais pas à comprendre le fait que je ne le reverrais plus jamais et que je ne pourrais plus jamais lui donner un biscuit. TITO nous avait soudainement quittés comme un coup de tonnerre et était parti pour le ciel. Mes larmes amères n'aideraient pas. Le soir, Léopold 3 s'est allongé pensivement dans le donut de Tito, comme s'il voulait encore le sentir et le renifler. Il lui manquait clairement. A nous aussi, il nous manque. Le dernier des anciens Mohicans est parti pour les terrains de chasse éternels. Maintenant, l'aînée s'appelle Loulou et elle n'a que 5 ans alors que les autres ont deux, trois et quatre ans. Je pense parfois, qu’ils me survivront.