Espagne mise à jour Mai 2025
Vendredi 2 mai 2025
Une semaine après avoir été officiellement adoptée, Clémentine était déjà une colocataire aguerrie ou plutôt trempée par la pluie et la meilleure amie de tous nos chiens. Dommage qu'après sa joyeuse journée d'adoption, il se soit mis à pleuvoir et qu’il ait continué à pleuvoir. Un drame aussi bien pour nous que pour les chiens car les dieux de la météo déversèrent, sur Calypo avec une férocité sans précédent, des quantités énormes de pluie, accompagnées de vent fort, d'éclairs, de coups de tonnerre et de grêlons de la taille d'un œuf. Je pensais continuellement à la chance que nous avions eu car il était resté plus ou moins sec pendant le séjour de Marianne et Cie. Je n’ose penser à ce qui aurait pu se passer... Où aurions-nous hébergé toutes ces dames galgo pendant un tel « temps de chien »... Quoi qu'il en soit, cela s'était bien terminé et le temps avait été clément avec nous.. Les dames qui résidaient encore chez nous, après le départ de l’équipe médicale, savaient faire la différence entre le beau et le mauvais temps... Leur routine quotidienne avait été bouleversée car, comme tous les galgos, la pluie n'était pas leur truc. Il se contentaient donc de regarder à l'extérieur pour voir s'il y avait encore de l'humidité, puis de revenir regagner leurs gamelles pleines et de se recoucher dans leur transat dans la véranda chaude. Jouer serait pour plus tard... Le temps n'était rien comparé à ce qui nous attendait encore. Le lundi 28 avril à 11h30, nous avons subitement eu une panne de courant !! Plus rien ne fonctionnait . Si nous pensions que cela ne durerait que quinze minutes, c’était bien faux. Quelques heures plus tard, tout le monde était dans la rue, ne sachant pas ce qui se passait parce qu'il n'y avait aucune communication. Pas de téléphone, pas de PC, pas d'électricité et de moins en moins de pression sur l'eau. Nous avons attendu anxieusement, mais quand le soir est venu et qu'il a fait nuit, nous ne savions toujours rien et avec les chiens, nous étions toujours dans l'obscurité et sans nouvelles en ce qui concerne l’évolution des choses. Très déroutant et effrayant d'être coupé du monde. La seule lumière que nous avions était celle des éclairs qui dessinaient nettement la silhouette des nuages sombres dans le ciel.
Dirk est allé à la clinique pour chercher les lampes frontales pour mettre afin de voir où nous marchions et a allumé toutes les bougies dont nous disposions. Entre-temps, il n'arrêtait pas de se plaindre au sujet de ce qui s'était passé et de faire des suppositions. Je pensais surtout au contenu des congélateurs pendant que des millions de personnes sont exposées involontairement et innocemment à la violence de la guerre et n’ont plus des soucis de cette ordre car pour eux le maintien de leur vie et de la vie des êtres qui leur sont chers comptent bien plus. Il a fallu attendre jusqu’à 3h00 du matin pour que toutes les lumières et tous les appareils se rallument soudainement comme par magie et que Casa Belgica soit baignée de lumière. Nous n'oublierons pas de sitôt ces longues heures dans l'obscurité sans savoir ce qui se passait. Des heures au cours desquelles les mots cyberattaque et guerre ont hanté nos esprits plus d'une fois. Les nouvelles de Belgique n'étaient pas roses non plus, Dirk B était malade et avait une grippe intestinale, Marianne travaillait de nouveau d’arrache-pied et prévoyait un week-end à Vienne avec des amis. Avec nos invités, nous ne pouvions rien prévoir, même faire les courses devenait difficile. Pour couronner le tout, Marie-Carmen est tombée en panne, devant notre portail, avec sa vieille camionnette, lorsqu'elle a voulu la mettre en marche arrière. Pas étonnant quand on voit la vitesse à laquelle elle a l’habitude de filer vers le refuge, avec sa petite voiture à travers les flaques profondes et les fosses pleines de boue. Dirk a appelé le mécanicien du village qui est venu dépanner la voiture mais qui ne savait pas quand et si le « refuge express » pouvait encore être réparé. Alors Dirk a ramenée M-C à la maison et s’est ensuite rendu avec la jeep jusqu'au refuge. Pour les jours suivants, elle avait heureusement encore la vieille Opel, qu'une vieille dame nous avait laissée et qui avait maintenant plus de 25 ans. A l'idée que Marie-C se précipiterait au refuge avec la vieille petite Opel, je retenais mon souffle car après ça il ne resterait plus de voitures... Il n'y avait plus rien sur 4 roues pour prendre la place de la vieille Opel ... Le 6 mai, elle est venue avec l'Opel pour nous apporter une très vieille femelle usée par la reproduction et vidée par son vécu et qui avait été abandonnée par un galguero. C'était ou bien le refuge ou bien la station de mise à mort. Elle a fini par atterrir à Casa Belgica et après un coup de téléphone à Marianne, son nouveau foyer pour le restant de ses jours, se trouvait en Belgique, plus précisément à Kain ...
Dimanche 11 mai 2025
Pendant la semaine qui vient de s’achever, le temps est resté capricieux et pour le moment on nous sert encore régulièrement des averses entrecoupées d’un faible soleil assombri par des nuages menaçants qui entraînent de nouvelles averses, tandis qu'en Belgique on parle déjà d'inondations ... Autant de plaintes qui tombent dans l'insignifiance par rapport à ce qu'endurent les victimes de despotes trop âgés et sans scrupules qui , selon moi, marchent à côté de leurs chaussures. Entre-temps, la camionnette de Marie-C n'a toujours pas été réparée, alors le jeudi matin, on nous a demandé si Dirk pouvait passer par le refuge afin d’aller chercher 4 pauvres mâles mutilés et affamés et de les emmener chez le vétérinaire local pour qu’ils soient castrés. Il s’agit de victimes de la saison de chasse passée . A son retour, il m’a dit que les pauvres bêtes étaient efflanqués et blessés de partout et que c’était terrible de les voir ainsi. Au cours de l'après-midi, il a dû aller les rechercher chez le vétérinaire et les emmener au refuge. Quand il est revenu, il était encore plus impressionné par l'état des pauvres chiens et a répété plusieurs fois à quel point ils étaient des victimes, mais il m'a épargnée, provisoirement, les détails dont il savait que j'insisterais pour les connaître de toute façon. Quoi qu'il en soit, je ne pouvais que me sentir profondément désolée pour les pauvres mâles et me demander s’ils seraient un jour prêts à être mis à l’adoption sur le site. Avant j'avais l'habitude de penser au nombre de chiens que nous avions déjà sauvés et maintenant je ne peux penser qu'à ceux que nous n'avons pas pu sauver. Un lourd fardeau à porter qui devient de plus en plus lourd. Surtout maintenant que la mentalité des gens a tellement changé et qu'il y a peu de place pour la souffrance animale et la compassion. Mais je dois aller de l’avant, nous devons tous avancer ensemble, même si c'est parfois difficile à expliquer aux galgos qui ont été dans le refuge pendant la moitié de leur vie et qui n’ont jamais été choisis et il n’est pas simple d’expliquer à tous ces outsiders je-sais-tout qui pensent que notre travail ne signifie rien. Quoi qu'il en soit, pour le moment, je dois me concentrer sur la visite de Sabine et Nensie, les responsables de région de la Flandre orientale, qui viendront la semaine prochaine, car j'insiste pour que toutes les responsables voient à quoi elles s'engagent. Nul doute qu'elles tireront de grands yeux lorsqu'elles seront confrontées à la dure réalité, tout comme les responsables qui les ont précédées…
Mardi 20 mai 2025
La semaine dernière, nous avons finalement été épargnés par les éléments capricieux qui ont fait place aux fées printanières qui, ces derniers jours, ont fait monter la température jusqu’à 35 degrés au soleil. C'était un ajustement pour tout le monde, surtout pour les chiens et encore plus pour les Barzoïs qui ne pouvaient pas enlever leurs manteaux de fourrure et qui cherchaient à se rafraîchir à l'ombre. Quoi qu'il en soit, la visite des responsables régionales Sabine et Nensie qui, avec les galgos Patty et Albus, ont fait le voyage dans la direction opposée à celle que leurs galgos ont fait autrefois avec la camionnette GINB, se rapprochait doucement. Parce que nous étions curieux de savoir comment elles vivaient le voyage avec leur « mobil-home », elles nous ont tenus informés de leur voyage « touristique » à travers la France et l'Espagne en direction de Casa Belgica, afin que nous sachions exactement quand les attendre. Néanmoins, leur arrivée le jeudi 22 mai a été mémorable car lorsque Dirk, sous l'œil omniscient de Nensie, a guidé son amie Sabine dans l'entrée en pente de Casa Belgica pour se garer le plus près possible derrière la camionnette, il s'est avéré que le portail ne pouvait pas être fermé... Sabine a donc dû reculer, remonter la pente. Pas de sinécure car à chaque fois qu'elle démarrait, elle avait très peur de se cogner contre notre camionnette et tirait très fort sur le frein à main. Si fort qu'il finit par se bloquer et qu'elle ne pouvait plus ni reculer ni avancer !! Nous étions là au grand désarroi de tous... « Quelle arrivée », a dit Dirk, et tout cela sous les aboiements excités et rugissants de nos chiens qui brûlaient de curiosité à propos des nouveaux invités. Il a été décidé de contacter Touring Assistance car le mécanicien local faisait toujours sa sieste et Marie-Carmen qui avait été contactée n'arrivait pas à le joindre etc.
Finalement, j'ai insisté pour rentrer avant que les chiens ne deviennent fous et nous n'avons fermé la grille qu'à moitié au grand mécontentement de Dirk. Après quelques tentatives, Nensie avait « Touring Assist » en ligne et il a été convenu qu'un concessionnaire local viendrait, dès que possible, pour vérifier la situation. En silence, je pensais « dès que possible » à l’espagnol sans doute. Mais je gardais mes pensées pour moi. Pour rendre le temps supportable, nous avons commencé le « tour » de Casa Belgica. Nous avons commencé par la clinique et bien sûr, les invitées se sont ensuite « attardées» chez les galgos qui étaient encore en « convalescence », dans le jardin, après le passage de Marianne et continueraient cette, soi-disant, récupération en Belgique parce que ni Dirk ni moi ne pouvions nous résoudre à les renvoyer. Tandis que Sabine, Nensie et les galgos se perdaient dans les caresses mutuelles, Dirk avait disparu. Je pouvais deviner où il se trouvait. Mes soupçons ont été confirmés quand, quinze minutes plus tard, il a crié triomphalement aux dames qu'il avait réparé leur mobil-home. Très probablement, on a pu entendre notre soupir de soulagement commun bien au-delà de Casa Belgica... Après cette heureuse nouvelle, ils sont immédiatement passés à l’acte. Dirk a conduit leur véhicule jusque dans la rue, a mis notre camionnette également dans la rue pour ensuite rentrer leur mobil-home. Alors Albus et Patti, qui avaient stoïquement tout supporté, ont pu se dégourdir les jambes et faire connaissance avec notre bande d’exubérants qui les ont presque renversés tellement leur enthousiasme était grand. Entre-temps, nous nous sommes assis avec nos invités pour un verre de champagne bien mérité afin de nous remettre des émotions et du bon dénouement de cette pénible aventure ( un grand merci à Dirk..)
Le lendemain, le vendredi 23 mai, était également une journée mémorable car après une nuit tranquille dans le mobil-home, une promenade avec les chiens, un agréable petit-déjeuner et à midi, un déjeuner « vigoureux », il était temps pour Sabine et Nensie de faire la visite tant attendue du refuge et de ses nombreux habitants. Ils sont partis vers 15h00 et je savais qu'ils auraient besoin du déjeuner vigoureux lors de leur visite. Tout comme je savais qu'après avoir rendu visite aux centaines et aux centaines de victimes innocentes de la cruauté et de l'exploitation humaines indicibles, leur monde ne serait plus jamais le même. Nombreux étaient ceux qui les avaient précédés qui en avaient fait l'expérience et ne pourraient jamais l'oublier. Deux heures plus tard, elles étaient de retour, choquées par ce qu'elles avaient vu et émues par l'amour qu'ils avaient ressenti de la part de tous ces galgos indulgents. Fait dont l'homme peut s'inspirer. Le soir, après le souper teinté de grec, leur visite au refuge a été l'un des sujets récurrents, cela et le fait que la mentalité de nombreuses personnes avait changé envers la souffrance des galgos et la souffrance animale en général. Comme toujours, des histoires du passé ont aussi été racontées et on en a ri parce qu'il fallait aussi que cela ait une place, quitte à se ressourcer et à faire le plein d'énergie. Dieu savait que nous en avions besoin pour persévérer. Si cela dépendra des nombreux adeptes de la « culture galgo » espagnole, de la chasse et des galgueros, nous devrons tenir longtemps puisque dans ce cas, il y aura des masses de galgos à sauver. Donc...
Après une courte nuit, le dernier petit-déjeuner collectif, la préparation de leur mobil-home, des heures de câlins avec les chiens à la clinique et un dernier lunch, nos hôtes sont partis pour la France, le samedi 24 mai, après de nombreux remerciements et avec beaucoup de matière à réflexion. C'était bien qu'elles l'aient vu. Le mois prochain, ce sera au tour des responsables du Brabant, de la Flandre Orientale et de la Campine. Mais d'abord le jour de l'adoption qui est imminent et la « Promenade du pajottenland ». Entre-temps, des chiens sont abandonnés pour toutes sortes de raisons, divorces, grossesses, etc. Tous les drapeaux sont bons pour couvrir le contenu exceptée la vérité. Les vacances sont en vue, n'est-ce pas...