Espagne mise à jour Janvier - Fevrier 2026

20 février 2026
Kiki

Lundi 5 janvier 2026.

A l’occasion de ma première mise à jour de 2026, je souhaite à chacun d'entre vous, ainsi qu’à tous vos proches, une année 2026 paisible, pleine d'amour et d'amitié...

Affectueusement,

Mireille, Dirk et tous les collaborateurs.

Le lancement explosif de 2026.

Je m’étais bien trompée en pensant que pendant le dernier mois de l’année, rien de bien important ne se passerait plus. La saison de chasse se déroulait comme d'habitude, c'est-à-dire dès l'aube jusqu’au coucher du soleil, et encore beaucoup plus tard, on entendait encore retentir des détonations et des coups de feu... En conséquence, de nombreuses victimes de ces massacres ont trouvé leur chemin vers le refuge. Certains y ont été abandonnés, d'autres ont été retrouvés blessés et affamés. Le lecteur se dira peut-être que je raconte toujours la même chose et, en effet, vous avez raison. Cela signifie que la situation ne s'améliore malheureusement pas, bien au contraire. Mon état ne s’améliorait pas non plus, ma condition ne changeait guère et les médecins étaient confrontés à un dilemme. Pour résoudre cela je dois, à présent et à contrecoeur, prendre des comprimés pour mon pancréas pendant un mois et attendre...  Quoi qu’il en soit, le 22 décembre, Marie-Carmen nous faisait savoir qu'une jeune femelle avait été abandonnée avec ou bien deux pattes avant fracturées ou bien des ligaments qui avaient été déchirés. De toute façon, elle ne pouvait plus courir et elle avait toutes les peines du monde à marcher. Elle était donc devenue un lest inutile pour son « propriétaire » et elle avait donc été abandonnée. Après cette triste nouvelle, j'ai envoyé un e-mail au docteur De Frutos qui a immédiatement répondu que nous étions attendus le 30 décembre à 9h00. Entre-temps nous avons, à notre grand regret, perdu le 23 décembre, notre bull terrier si doux et un peu fou Loulou-Babalou, à peine âgé de 4 ans et demi, de la même maladie dont Hercule était décédé. Il s’agit d’une maladie rénale qui ne se manifeste que lorsqu'il est déjà trop tard. Le vétérinaire ne pouvait rien y faire et nous non plus. Nous avons donc célébré Noël en mineur avec le reste de notre famille canine, à cause des adieux anticipés de LouLou Babalou. Comme d'habitude, sous de lourds « bombardements » de feux d'artifice assourdissants de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel... Pendant ce temps, à Calypo, résonnait le hurlement désespéré de tous les chiens effrayés se trouvant dehors, enchainés ou pas, sur une petite terrasse, ou dans un petit jardin clôturé à l'arrière de la maison, ... Des chiens qui ne voyaient et ne verraient jamais l'intérieur d'une maison mais cela n’intéressait personne...

Mardi 30 décembre 2025. 

Nous partons à 7h30, chez le docteur De Frutos avec Justine. Puisqu'elle est la dernière victime de 2025, je lui donne, tout comme les autres malheureux qui l'ont précédée durant l'année qui s’écoule et qui ont été opérés par le docteur De Frutos et qui ont passé leur revalidation avec nous, un nom commençant avec la lettre « J », facile à retenir pour moi qu'elle est arrivée en 2025. Après un examen sanguin approfondi, qui heureusement est négatif pour toutes les maladies tropicales et autres, les radiographies montrent que les deux pattes sont fracturées juste au-dessus et en dessous de l'articulation et qu'elle a besoin de deux opérations car elle souffre d'une douleur incalculable. Néanmoins, comme tous les galgos, elle est très forte et ne se plaint pas. La première opération est prévue pour le vendredi 9 janvier, donc d'ici là elle rentrera avec nous à Casa Belgica.

Le lendemain est le dernier jour de 2025 et nous « célébrons » bruyamment la transition d’une année à l’autre, de la même manière que Noël. Justine ne cligne pas des yeux et reste silencieusement dans son donut pendant les feux d'artifice intenses. Comme si elle savait que plus personne ne pouvait lui faire aucun mal, à présent.

Jeudi 8 et vendredi 9 janvier 2026

À partir de 8h00, l'excitation générale éclate parmi les chiens quand Dirk sort sa voiture... Quand il commence alors à charger les chaises longues dans la camionnette, il y a une inquiétude générale car ils savent ce que cela signifie, à savoir que c'est à leur tour de partir pour l'hôtel pour chiens !! Comme demain, ils recouvreront  les derniers vestiges du feu (plastique collant et caoutchouc) qui collent encore aux routes menant à la clinique, par une couche de béton, il n'y a pas d'autre option. Ce n'est pas qu'ils aillent contre leur gré, bien au contraire. Pendant les préparatifs, ils se bousculent avec excitation et se dépêchent de sauter dans la camionnette où tout le monde connaît sa place. Seule Justine reste avec moi parce que demain, vendredi, nous la conduirons à Talavera où elle a rendez-vous à 9h00, pour sa première opération. Heureusement, elle ignore ce qui l’attend et me regarde d'un air interrogateur depuis son panier parce qu'apparemment elle ne comprend pas où sont passés, soudainement, tous les autres colocataires... Pauvre chienne, si amicale et affectueuse, si discrète, si forte et propre car après les cages aux barreaux sombres, dans lesquelles elle a été hébergée  jusqu’à récemment, c'est bien la première fois qu'elle vit dans une maison. 

Le lendemain à 8h00, nous partons avec Justine pour Talavera. Pendant tout le trajet, elle reste allongée en silence, comme si elle savait que sa vie allait complètement changer à partir d'aujourd'hui. Une heure plus tard, nous sommes au rendez-vous. Le véto explique tout en détail et décide qu'il vaut mieux venir la chercher demain car, en plus de l'opération sérieuse de sa patte, elle sera aussi stérilisée. Cela fait beaucoup d'un coup pour un si gentil petit chien. Après avoir été pesée, elle accompagne le docteur De Frutos à la salle d’opération. Il nous tiendra informés de tout, dès que possible. Avant de rentrer et de braver les files, nous faisons d'abord nos courses à Xanadú où il y a foule. Ensuite, nous rentrons à  Casa Belgica, qui paraît étrangement silencieuse sans nos chiens... En début d'après-midi, le docteur De Frutos nous informe que tout s'est bien passé avec Justine !! Je ne m'attendais à rien d'autre...

Le soir, nous recevons d'autres bonnes nouvelles car Juliette, vous savez, qui a passé, après son opération, sa revalidation en Belgique chez notre collaborateur Kevin, a été adoptée par les adoptants de la première heure. Nous sommes très heureux d'autant plus que l'adoptant me fait savoir par une photo, avec Juliette sur ses genoux, que je dois faire savoir au docteur De Frutos qu'il est un véritable artiste. Quand nous allons chercher Justine le lendemain, je tiens ma promesse et dis au docteur qu'il a un vrai statut de héros en Belgique ….

Mardi 13 janvier 2026

Aujourd'hui, Justine a un autre rendez-vous chez De Frutos pour un examen de sa blessure. Nous repartons donc à 8h00 pour Talavera. Dès que nous arrivons à la clinique, une assistante vient lui faire une injection car l'examen de sa patte est fait sous anesthésie. Bref, quelques minutes plus tard, le véto vient nous chercher et nous emmenons une Justine chancelante, dont l'anesthésie commence à faire effet, dans son cabinet où le médecin lui retire le bandage avec l'aide de son assistante et regarde la blessure avec approbation et satisfaction. Après qu'il lui ait, à nouveau, « emballé » la patte, je lui demande si la deuxième intervention sera aussi lourde que celle qu'elle a subie maintenant. Il confirme et nous montre à nouveau les fractures à son autre patte. C’est à vous rendre malade au sens propre et figuré du terme. Incroyable qu'elle puisse endurer autant de douleur sans se plaindre. Il faudra au moins un à un mois et demi ,avant que la deuxième patte puisse être opérée, car l'opération ne peut pas être effectuée tant que sa patte n'est pas assez forte pour se soutenir et supporter son poids... De retour à la maison, la première rééducation d'un mois et demi peut commencer, une fois terminée, nous sommes en mars. Suivra ensuite la deuxième opération. En supposant que tout se passe bien, la deuxième revalidation se terminera au mois de mai. Cela signifie qu'elle restera avec nous environ 5 à 6 mois !! Cela est très dangereux, enfin si vous voyez ce que je veux dire...

Mercredi 14 janvier 2026

Une journée pleine de catastrophes, de morosité et de décisions douloureuses. En raison de problèmes de santé persistants qui, à ma grande frustration, ne se sont pas améliorés ces derniers mois, semaines et jours. Dirk dit et cela, malgré mes vives protestations, que mes réservations pour le voyage en Belgique et la promenade sur la plage sont annulées et que les réservations pour l'avion et l'hôtel sont passées à 1 personne au lieu de deux. Comme je perds mon équilibre deux fois le même jour, il n'ose plus me laisser seule et, en consultation avec les collaborateurs qui le soutiennent et pensent que ma santé passe avant tout, il annule, en extrémis, également ses propres réservations . Que cela me mette en colère ou me rende heureuse ne change rien à la situation. il reste fidèle à son point de vue. Raymond Beukenhout expliquera, pendant la promenade, aux gens, dans un petit discours, pourquoi Dirk et moi sommes absents. Je suis terriblement déçue car je m’étais imaginée tellement de belles choses. 30 ans de GINB, 25 ans de Coxyde (- 2 ans de Corona) et 80 ans de Mireille, tout cela célébré avec un verre de bienvenue. Malheureusement, j'ai le cœur brisé que cela ne puisse pas avoir lieu et que mon souhait ne se réalise pas !!

Quoi qu'il en soit, personne, à part moi, ne perdra le sommeil à cause de ça car personne ne remarquera notre absence, le service sera, comme d'habitude, d’une qualité supérieure. Le coordinateur Dirk B et tous les collaborateurs sont complices et feront tout leur possible pour offrir aux participants et à leurs chiens un après-midi merveilleux et  pour que la 23/25e promenade de Saint Pierre soit une véritable réussite . Il ne me reste plus qu'à m'excuser à nouveau pour mon absence et à espérer que vous comprendrez. Entretemps, je sais que tout s'est parfaitement passé et je peux arrêter de m'inquiéter.

Mercredi 21 janvier 2026

La semaine qui vient de s’écouler, Justine a eu de plus en plus de problèmes avec sa blessure. Elle souffre de démangéaisons et d’irritations et ainsi de suite, soupir... Bien qu'elle soit adorablement douce, affectueuse et tout ce qu'on peut souhaiter d'un galgo, elle ne pouvait tout simplement pas s’arrêter de lécher sa blessure et Dirk devait changer son bandage jusqu'à 4 fois par jour. Un problème qui a fait que nous avons été obligés de lui mettre une muselière qui devait l'empêcher d'arracher le bandage et de tripoter et de lécher sa blessure... Entretemps, il y avait aussi deux galgos en Belgique qui avaient des soucis, car hier, les deux femelles, l'une de 8 ans et l'autre de 5 ans, qui avaient été abandonnées pour cause de divorce, nous ont été amenées. Encore un problème et une raison de s'inquiéter, car qui adopterait ces pauvres chiens qui avaient toujours été ensemble ... 

Bref, mardi, je devais aller à la clinique de Navalcarnero à 9h40, pour une prise de sang et comme nous ne savions pas combien de temps nous allions devoir attendre, nous avions organisé un « dog sitting » pour la tranquillité d'esprit de tout le monde, car j’avais trop peur que quelque chose puisse se passer. Nous étions bien à temps à la clinique où, à ma grande frayeur une dizaine de patients attendaient une seule infirmière ! « Espérons qu’ils n’attendent pas tous pour une prise de sang », me plaignis-je à Dirk. Après une bonne demi-heure dans la salle d'attente, c'était à mon tour... Quand j'ai dit à l'infirmière qu’il y avait toujours des difficultés lorsqu’il fallait me piquer, elle a marmonné (comme tous ses prédécesseurs) que ce n'était pas un problème... Eh bien, après quatre tentatives, changements d’aiguilles et la recherche d’une veine dans mon bras droit, elle a secoué la tête et dit « no possible » !! Comme je ne voulais pas revenir, j'ai réussi à la convaincre d'essayer à nouveau et j'ai offert mon bras gauche où, après 5 tentatives, elle a finalement trouvé une veine prête à donner une petite quantité de sang, heureusement juste assez. Quand je suis sortie, Dirk a soupiré et bien qu'il le savait, il m'a taquiné en me demandant pourquoi j'étais parti pendant une demi-heure !  De mauvaise humeur, j'ai répondu, « pourquoi penses-tu »... Quelques heures plus tard, nous avons reçu un appel des responsables régionaux nous disant qu'un bon ami à nous, avait perdu son dernier Galgo... Nous l'avons appelé immédiatement et lui avons raconté l'histoire des deux femelles abandonnées... Demain, il viendra les chercher tous les deux à Rosa Canina ! Plus rien ne pourra venir gâcher ma journée. De plus demain, Dirk ira également récupérer nos 9 chiens à l'hôtel pour chiens. Justine sera contente, nous aussi.

Jeudi 22 janvier 2026

Et moi, qui pensais que ma chance ne pouvait plus tourner, eh bien... Vers 17h00, Marie-Carmen appelle, paniquée, en disant qu'un galgo a été amené. Je ne comprends plus rien car elle n'arrive pas à sortir de ses mots. Elle hurle José Ramon (le vétérinaire local) et un galgo écrasé et beaucoup de sang, et si elle peut la ramener parce qu'elle doit avoir de la « chaleur »... J'arrête son flot de paroles et lui dis d'amener le chien au plus vite, Dirk préparera la salle de récupération en attendant. À 19h30, elle se tient devant la grille, sous la pluie battante avec un galgo blanc et Dirk suivi par Marie-Carmen, marche avec le pauvre animal dans ses bras jusqu'à la clinique où je les attends. Nous avons déjà vu beaucoup de choses mais apparemment pas tout, elle est cousue du cou au bas-ventre et partout il y a du sang coagulé et de la saleté sur l'animal déchiqueté.

Son histoire, un galguero a été la chercher chez un ancien collègue où elle vivait comme la plupart des galgos, dans des conditions épouvantables. Ensuite le lendemain, il l'a testée avec son galgo en plein champ, pour voir à quelle vitesse elle pouvait courir. Pourchassée, et à toute vitesse, elle s’est empaillée sur de vieilles vignes fraîchement taillées, dont les branches, qui l’ont transpercée, ressemblent à des poignards!! La peau de sa poitrine et de son ventre s'ouvrit de haut en bas, cela devait être terrible. Bref, le galguero qui largue parfois un galgo dans le refuge, appelle Marie-Carmen pour lui dire qu'il l'amènera chez elle, la met avec un pronostic vital engagé et en train de saigner abondamment, dans un bench sale pour conduire 300 km jusqu'à Calypo parce qu'il veut s'en débarrasser, car l'aide et le paiement d'un vétérinaire ne figurent pas dans son dictionnaire !! En chemin, il appelle M-C pour dire  qu'elle a pleuré mais qu’à présent, il ne l’entend plus et qu'elle pourrait bien être morte. Insupportable. Bref, ici le vétérinaire a été informé et est préparé à tout.

Quand nous voyons les photos horribles de l'impact, nous n'en croyons pas nos yeux, un grand trou béant dans lequel ses poumons et le reste de ses intestins sont exposés. Comment elle a pu survivre à cela reste un mystère pour nous. Elle devait avoir un ange gardien qui a finalement décidé qu'il fallait faire quelque chose à sa vie horrible et qui a estimé qu'elle méritait mieux. Maintenant qu'elle est venue à nous, nous ferons tout notre possible pour lui offrir tout ce qu'il faut  pour la rendre heureuse.

Quand l'animal effrayé et déchiqueté, encore sous anesthésie, gémit silencieusement, frissonne et regarde autour d'elle, confus, à son réveil, je ne peux retenir mes larmes. Avant que Marie C ne parte, je dis que GINB s'occupera des frais du vétérinaire, qu'elle ne devrait pas s'inquiéter.  Ensuite, on revient rassurer le pauvre animal et la couvrir pour la nuit. Malgré la douleur atroce, elle endure tout en silence. Quand je lui donne doucement un câlin sur sa tête avant de partir, elle me regarde, émerveillée. Je lui murmure « Bientôt papa  Dirk »viendra jeter un coup d'œil à nouveau...

Vendredi 23 et samedi 24 janvier 2026

Lorsque le matin, nous allons voir la petite femelle blanche, elle est encore sous sa couverture dans la chaleur de la salle de récupération, où il fait constamment 25 degrés et remue même la queue. Bien que je réfléchisse à un prénom depuis une demi-nuit, je ne l'ai pas encore trouvé et donc elle n'a pas encore de nom. Au départ, je cherchais un prénom commençant par la lettre « J » jusqu'à ce que je me réalise que nous étions déjà en 2026 et que les chiens dont nous nous occupons cette année devaient désormais porter un nom commençant par la lettre « K ». Cependant, la lettre K n'est pas une lettre « favorable aux noms » car il n'y a pas beaucoup de noms avec K. Pour faire court, je vais l'appeler Juliana avec Queen devant, donc c'est comme ça que son nom commence par K... Ce n'est pas vraiment satisfaisant, n'est-ce pas... Donc au final, ça devient KiKi... Je pense que la petite femelle se moquera bien de son nom.  Du moment qu'elle aura chaud et qu’elle se trouvera dans un endroit sûr où personne ne la tyrannisera et où elle n'aura plus à avoir peur, elle sera plus que heureuse. 

Malgré ses blessures graves, elle se lève de manière hésitante pour nous accueillir avec gratitude et examine intriguée les friandises que j'ai apportées avant de les manger en trois fois. Après que Dirk se soit occupé d'elle, je lui ai mis un t-shirt pour protéger la blessure. Quand nous sommes remontés, elle a passé la tête à travers la trappe et nous a regardé d’un regard langoureux et en pleurant légèrement. Je la rassure en disant « on reviendra plus tard». Avant de se coucher vers minuit, elle reçoit encore 4 visites...

Le lendemain à 8h00, Dirk rend déjà visite aux malades. à 10h00, je vais leur rendre visite en compagnie de nos chiens curieux, qui savent très bien qu'il y a un nouvel invité en convalescence qu'ils attendent avec impatience. Apparemment, elle nous a entendus arriver parce que quand nous entrons, elle nous attend en remuant la queue... Pendant que Dirk va chercher des alaises propres elle enfouit son visage dans la paume de ma main en quête des friandises et tout comme hier, elle les mange en trois fois, comme si elle voulait savourer chaque morceau. Après les friandises, nous lui avons mis un nouveau t-shirt puis Dirk a retiré, avec peine, l'aiguille intraveineuse qui était encore coincée dans sa veine. Elle pleure de douleur parce que la patte n'est pas rasée et que la chose est coincée...  Avec mon dos douloureusement cambré, j'ai du mal à contrôler sa tête, qu'elle veut constamment poser pour pouvoir se débarrasser de cette chose douloureuse. Heureusement, le travail est terminé après 10 longues minutes. Juste à temps car du coup je commençais à me trouver mal...

Samedi 31 janvier, dimanche 1er février et mardi 3 février 2026.

Nous avons eu une semaine terrible, surtout la pauvre Kiki qui a été opérée trois fois en une semaine !! Oui, 3 fois !! Car mercredi dernier, à notre horreur, sa blessure s'est avérée avoir été déchirée pendant la nuit sous son bandage et nous avons regardé avec peur le grand trou sanglant dans son abdomen. Marie-Carmen a été informée et l'a ramenée chez le vétérinaire local. Après quelques heures et en fin d’après-midi, elle a été renvoyée , se trouvant encore sous anesthésie. Le lendemain, jeudi, la cicatrice fut, à notre horreur, de nouveau déchirée et le grand trou ensanglanté ainsi que ses intestins nous fixaient à nouveau. J'étais très en colère et j'ai immédiatement envoyé un courrier d'urgence au docteur De Frutos avec les explications nécessaires, des photos et une demande à l’aide. Vingt minutes plus tard, arriva sa réponse rédemptrice : on nous attendait le lendemain, vendredi à 9h00. Après avoir retiré le bandage temporaire que Dirk avait posé, il l'emmena avec lui, secoua la tête et dit : « Je m'occuperai d'elle et je vous tiendrai informée »

Le soir, nous avons reçu des photos d'une blessure parfaitement reconstruite. Toute la peau déchirée a été coupée et il y a une canule pour permettre au liquide de la plaie de s'écouler.

Aujourd'hui, elle vient de rentrer et elle est ravie de nous revoir. Les chiens sont pleins d'intérêt et la traitent comme une poupée fragile. Alors j’ai décidé de la garder près de nous parce qu'elle s’est fortement attachée à Dirk et selon moi, elle sera trop triste en salle de récupération. Et en plus, il pleut continuellement jour et nuit depuis des semaines. C’est à devenir fou et malade, et ils prévoient encore quelques semaines de pluie, pas seulement un peu. Il pleut des cordes, ce n'est pas facile de « marcher » jusqu'à la salle récupération, surtout pas pour moi, je trouve…

Le soir, elle mange sans problème avec nos chiens. Ensuite, elle s'allonge sur une couverture douce à côté de Dirk. Plus tard dans la soirée, elle découvre la commodité d'un donut. Quand on va dormir, Dirk reste dans le salon, moi je vais dormir comme d'habitude avec Lola et Maximus qui dorment chacun sur leur donut dans notre chambre. La nuit, elle dort le sommeil des innocents et le matin, elle nous accueille avec enthousiasme avec les chiens et la collègue patiente Justine.

Au cours de l'après-midi, nous devons renouveler son bandage, une tâche délicate à laquelle nous sommes heureusement habitués. Mardi, nous allons faire un contrôle chez le docteur De Frutos. Justine et Kiki sont toutes deux approuvées et nous aussi, nous recevons tous nos points pour les soins... Lorsque le jour de l'adoption, le 28 février, elle sera opérée de sa deuxième patte. La douce Kiki pourra être prise en charge par Yolanda. Mais cela est encore loin, aujourd'hui nous sommes le dimanche 1er février et dans la Belgique lointaine, les responsables de région Ann, Nancy et Kristien organisent le Dia del Galgo à Louvain !! Nous ne pouvons qu'espérer que le temps restera beau et qu'il y aura une forte affluence. Le soir, après avoir regardé avidement, pendant toute la journée, les vidéos de la manifestation, nous pouvons conclure que la journée fut réussie. C'était une bonne édition, il y avait beaucoup de participants et les éléments sont restés bienveillants à notre égard. Merci et un excellent travail mesdames.

Vendredi 6 février 2026

Aujourd'hui, je laisse le numéro 7 derrière moi et je commence au 8... En d'autres termes, aujourd'hui, il y a 80 ans, je suis né à Gand. Un fait qui, à ma grande surprise, est annoncé sur Facebook, avec beaucoup de cloches et de sifflets, dans une magnifique vidéo avec une musique poignante et des paroles qui me touchent énormément. En même temps, je suis surprise qu’à cette heure matinale, tant d'adoptants aient déjà répondu par des félicitations touchantes et des éloges que j'essaie de lire à travers mes larmes. Je suis vraiment touchée car je ne m'attendais pas à autant d'éloges et de reconnaissance lorsque j'ai fondé GINB, il y a trente ans !!

Les jours suivants, je reçois également un colis à Casa Belgica contenant d'innombrables cartes d'anniversaire, que les adoptants ont envoyées à De Pinte et qui ont été envoyées en Espagne par Claire et Raymond. Une surprise de taille, tant d'enveloppes ! C'est presque un travail à plein temps pour les ouvrir et les lire toutes. Merci à tous les auteurs, je suis très heureuse que vous ayez pensé à moi !!

Lorsque j'exprime, sur Facebook, ma gratitude à toutes ces personnes pour ces belles attentions, une nouvelle série de vœux s’en suit. Alors, encore une fois, du fond du cœur, merci pour tous vos vœux. Ils ont non seulement réchauffé mon cœur mais m'ont aussi convaincue que je devais continuer avec GINB car qu'après tout, « 80 n'est qu'un chiffre » comme l’écrivait quelqu’un sur Facebook...

Après ce formidable hommage j’ai décidé, comme cadeau d’anniversaire, de choisir trois galgos qui ont, à peu près, mon âge en années de chien et qui pourront faire le voyage vers la Belgique en tant que passagers « supplémentaires ». Il s’agit de deux mâles âgés et d’une femelle également plus âgée. Tous trois sont dans le refuge depuis quelques années et n’ont, malheureusement, jamais été choisis. C’est pourquoi j'espère sincèrement, que ma décision mettra toutes les chances de leur côté et que cette fois, ils seront attendus impatiemment par leur nouveaux maîtres qui leur réservera l’accueil chaleureux qu'ils espèrent depuis si longtemps...  

Mercredi 18 février 2026.

Hier a été un jour mémorable, un jour qui restera à jamais gravé dans nos mémoires et dans les annales de GINB, car hier matin à 4h30, à l’aube, notre fidèle et souriante Ellen Borro est décédée. Un événement terrible dont Yolanda, qui était la plus proche d'elle, nous a informé car, à part quelques amis proches, Ellen n'avait pratiquement plus de famille. Pour elle, GINB était sa famille. Malgré le fait que nous étions préparés, ce fut tout de même un coup très dur qui nous a tous laissés orphelins et en larmes. 

Tout avait commencé en février 2025, lorsqu'elle ne se sentait pas bien et qu'elle est allée chez le médecin, qui l'a orientée vers un spécialiste qui, après de nombreux examens, lui a dit qu'elle avait un cancer du pancréas et a suggéré une chirurgie majeure pour retirer le cancer.

En mars 2025, une opération très invasive a été réalisée dans l'espoir que le cancer puisse être éliminé ce qui lui permettrait de se sentir mieux. Mais le résultat escompté n’a pas été obtenu...

En juin 2025, elle a célébré son 65e anniversaire au centre de rééducation, puis elle a été autorisée à rentrer chez elle après une longue période à l'hôpital. Yolanda ramena Merle à sa maîtresse, avec comme résultat une heureuse réunion ! 

Malheureusement, pas pour longtemps.

Décembre 2025/2026, Ellen a de nouveau été admise à l'hôpital car des métastases avaient été trouvées et elle a appris qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour elle. Elle a été transférée dans un service de soins palliatifs d'où elle m'a appelé en Espagne pour me convaincre de prendre mon médicament, qui était le même que le sien, car entre-temps mon pancréas ne fonctionnait pas correctement non plus. Je lui ai donc fait la promesse solennelle de prendre mes médicaments avec minutie en pensant à elle. Le seul signe de vie que j'ai reçu d'Ellen après ça, ce sont des vœux d'anniversaire, car dans toute sa misère, elle n'avait pas oublié mon anniversaire. Tout au long de la période en soins palliatifs, Yolanda continua de lui rendre visite et de lui apporter des nouvelles de sa Merle bien-aimée.

Maintenant qu'Ellen est décédée, Merle restera avec Yolanda pour toujours et pourra continuer sa vie là-bas jusqu'à ce qu'elle décide qu'il est temps de rejoindre sa chère « maman humaine » au paradis.

Je tiens à remercier tous ceux qui montrent leur sympathie pour notre chère Ellen sur Facebook et autres.

 Affectueusement,

 Mireille