Espagne mise à jour 24 avril 2025

1 mai 2025
Casa Belgica april 2025

Jeudi 24 avril 2025

Après que l'ouragan Marianne et Compagnie se soit calmé après son passage à casa Belgica, nous nous sommes retrouvés avec 40 dames stérilisées qui devaient continuer de récupérer de l'opération drastique qui avait changé leur vie et qui les avaient sauvées de la mise au monde de chiots qui n’auraient aucune chance. L'une d'entre elles était gestante et avait avorté. Tout comme la petite femelle, toutes ses consœurs portaient les terribles traces des violences de la chasse sur leurs corps maigres et fatigués, mais plus pour très longtemps. L'amour, la dévotion, la paix, la sûreté, la sécurité et la bonne nourriture ont fait des merveilles. Mais tout d'abord... Une demi-heure après leur arrivée, Marianne et Dirk B, qui étaient en chemin depuis 5 heures ce matin et qui forment entre-temps une équipe bien huilée, se trouvaient déjà à la clinique afin de tout préparer pour les 10 premières dames qui étaient sur le point d’arriver avec Marie-Carmen. J'étais ravie de leur venue et j'étais bien préparée. Comme d'habitude, j'étais la cuisinière de service et je chouchoutais mes invités aussi bien ceux sur 2 pattes que ceux sur 4 pattes. Dirk s'occupait, comme toujours, de l'entretien, de la lessive et du nettoyage et se déplaçait armé de son« dispositif mobile anti-cacas ».  M-C arriva 10 minutes plus tard, avec les 10 premières dames et la première dame se trouvait déjà sur la table d'opération à 12h20. Je suis restée là, à regarder et à apprécier, puis je suis allée rassurer les dames qui attendaient. J’étais tellement heureuse que des dizaines de femelles allaient être stérilisées et à qui  Dirk B fournirait de belles dents et un tatouage dans l’oreille avec le S de « stérilisée » car après quelques semaines, il était impossible de voir la cicatrice sur leur ventre. L'incision, faite par Marianne pour la stérilisation totale, pendant laquelle les trompes de Fallope ainsi que l'utérus sont enlevés, est si petite et fine qu’elle s'estompe totalement. Au cours de l'après-midi, il a commencé à pleuvoir mais ni les chiens ni l'équipe médicale en étaient fortement affectés car ils étaient bien trop occupés. Quant à moi, j'étais  occupé avec les préparatifs du souper. J'allais faire des pâtes avec des champignons frits à l'oignon et à l'ail et accompagnés d’une bonne sauce... Pas une sinécure si vous ne savez pas quand vos invités passeront à table. Vers 18h30, ils sont montés, sont allés se rafraîchir, puis ils étaient prêts pour l'apéritif obligatoire et un papotage bien mérité, pour lequel il n'y avait pas encore eu de temps.  Au bout d'une demi-heure, je me suis précipitée à la cuisine pour préparer, à la grâce de Dieu, mon souper. Il s’est avéré, par après,  que le repas était un succès... Malgré le fait qu'ils étaient debout depuis 5h00 ce matin, ils sont allés se coucher qu’à 22h30 après un dernier contrôle de leurs patients. Nous avions tellement de choses à nous raconter....

Le lendemain, samedi 19 avril, nous étions encore en train de prendre notre petit déjeuner lorsque M-C s’est pointée à 8h30 avec 10 nouvelles patientes. Au cours de l’après-midi, elle viendrait avec les 5 autres dames car sa camionnette était trop petite pour 15 à la fois. Dirk et Dirk B se sont précipités dehors pour guider les femelles entre notre curieux groupe d'irréguliers vers la clinique. Après une petite causette, M-C est repartie pour le refuge et Marianne pour la clinique. Après que Dirk soit revenu  pour manger le reste de son petit-déjeuner et pour finir son café refroidi, il est retourné dehors. Je l’ai suivi à mon propre rythme, car pour moi c'était toute une entreprise pour réussir à descendre  indemne, entourée de nos chiens excités avec à la main, des mandarines et autres friandises. Après une demi-heure à la clinique, je suis retournée à « ma » cuisine et j'ai commencé à préparer mon déjeuner sain et copieux ainsi que les salades composées qui l'accompagnaient. Parce qu'il se passait tellement de choses et que je devais faire de tout, j'ai noté entre-temps ce que je ne devais pas oublier d'écrire dans mes mises à jour. Vers 13h00, ils sont montés et, comme d’habitude, le repas a été interrompu par l'arrivée des 5 autres dames. Ils sont donc retournés à la clinique moins d'une heure plus tard et ont repris le travail. En fin d'après-midi, Dirk et moi sommes allés convaincre les 5 dernières dames, qui passaient un bon moment dans la « salle d'attente » du jardin, de rentrer afin de se faire opérer. Après avoir joué à un jeu de va-et-vient, elles marchèrent docilement jusqu'à la véranda où elles devaient attendre leur tour. Je suis remontée à l'étage et j'ai commencé à préparer mon souper teinté de grec. Lorsqu'ils ont arrêté le travail à 18h00, il y avait 25 dames de stérilisées qui rêvaient d'une nouvelle vie à l’eau de rose en Belgique. Je l'espère, mais à l'époque où nous vivons, les gens deviennent de plus en plus indifférents à la souffrance animale. Il y a moins d'adoptions et plus d’abandons et d'annulations que nous n'en avons jamais connus. Cependant, la souffrance que les animaux doivent endurer reste aussi horrible, si ce n'est pire. Quoi qu'il en soit, nous n'abandonnons pas. Marianne, qui vient stériliser depuis vingt ans, n'abandonne pas non plus, ni son assistant actuel, ni les collaborateurs, ni tous les gens qui font de GINB ce qu'elle est, et Dirk et moi nous n'abandonnons certainement pas...... Le soir, après l'appel téléphonique obligatoire de Dirk B à Martine et lors de mon dîner grec dégusté, il y a eu beaucoup de débats et de rires lors du repas fort apprécié car malgré tout, il doit y avoir des rires.. Quand nous sommes allés nous coucher, les 25 dames à la clinique et dans la véranda où il faisait calme et chaud, j’étais sûre qu’elles rêvaient d'un avenir radieux...

Le lendemain, dimanche de Pâques, ils ont autant travaillé qu’un jour ordinaire. Comme d’habitude, vers 7h00 du matin, la vie s'animait dans la chambre à coucher de l’équipe médicale et quinze minutes plus tard, après leur toilette, Marianne et Dirk B sortaient immédiatement suivis de Dirk. L’équipe médicale en direction de la clinique et Dirk armé de son « dispositif mobile anti-cacas » et le tuyau d'arrosage à portée de main, en direction du jardin. J'étais responsable pour « dresser la table » et pour le petit déjeuner. Aujourd'hui, c’était au tour des 15 dernières dames et quelques cas particuliers. Comme d'habitude, les premières sont arrivées lors de notre petit-déjeuner « Pâques » sans œufs de Pâques ni œufs de poule car personne n'avait envie d'œufs. Voilà un fait que je n'ai pas regretté. Quoi qu'il en soit, à 9 h 00, il y avait déjà beaucoup d'activité dans la clinique, il faisait beau et les dames qui avaient été opérées le vendredi, se promenaient dans le jardin après leur petit-déjeuner. Au cours de l’après-midi, c'était le tour aux dames qui avaient été traitées hier. Après avoir aidé Dirk pour leur repas, j'ai eu l'occasion de les regarder toutes de près et je suis de nouveau arrivée à la conclusion que la plupart d'entre elles avaient des blessures à la hauteur des côtes qui n'avaient pas encore guéries complètement  et cela plus d'un mois après que la saison de chasse soit terminée. Pauvres, pauvres malheureuses bêtes maltraitées et brutalisées. Heureusement que maintenant elles étaient en sécurité et bien soignées. Parce que Tito était le seul galgo restant après la mort d'Hyppolythe, nous avons décidé de le surprendre avec une petite amie galga. Seulement, j'ai paniqué à l'idée de devoir en « choisir » une, je n'avais jamais choisi auparavant. Ils étaient toujours restés. Aveugles, estropiés, défavorisés, vieux etc… etc… !! C'était différent, maintenant je devais choisir plutôt que l'inverse. Mais qui devais-je choisir, elles avaient tous besoin d'un foyer accueillant. À qui devrais-je offrir ma sécurité et à qui ne devrais-je ne pas le faire alors qu’elles en avaient toutes tant besoin ??? Je ne savais pas et je n'arrêtais pas de le remettre à plus tard et je me sentais terriblement coupable. Même l'aide de Marianne pour prendre la décision n'a pas aidé, je n'ai pas pu me résoudre à en choisir une. Le fait que Dirk allait, ce soir-là, préparer des frites congelées avec du poulet qui s'est avéré être de la dinde farcie, m'a donné encore plus de temps pour me creuser la tête. Quoi qu'il en soit, quand ils ont fini ce soir-là, il y avait à nouveau 15 dames stérilisées qui récupéraient. Cela nous faisait un total de 40 femelles qui sont restées à la clinique, et oui, elles rêvaient toutes d'une nouvelle vie. C'était une dernière soirée de détente ensemble, nous étions tous fatigués mais heureux et satisfaits de ce qui avait été accompli. Le lendemain, ils se sont levés très tôt car ils devaient être tôt à l'aéroport. Ils sont donc partis, après le petit déjeuner, mais pas sans se dire au revoir et sans avoir posé pour la photo obligatoire devant le camionnette...

Quand ils sont partis, je suis restée avec 40 femelles qui se prélassaient dans le jardin et sous le porche. Une image attachante et invitante, alors je me suis mise au milieu d’elles à réfléchir jusqu'à ce que Dirk soit de retour de l'aéroport... Dès que je me suis assise sur les marches de pierre, la petite femelle bringée brune, qui me suivait constamment dès que j'allais rendre visite aux dames, se serrait contre moi, pleine d'amour. Elle a posé sa tête dans mon cou et m'a embrassé doucement. La pauvre bête était arrivée avant-hier et avait les brûlures typiques sur les flancs, l'arrière-train et l'oreille qui étaient le résultat de cigarettes qui avaient été écrasées sur son corps. Incroyable, pensez-vous, n'est-ce pas... Lorsque, 3 jours plus tard, la plupart des chiens étaient repartis pour le refuge, Dirk a envoyé une photo à Marianne des 6 chiens que j'avais gardés car ils étaient encore trop maigres, trop timides ou trop faibles et ils resteraient à  casa Belgica jusqu'à notre départ pour la Belgique en juin. Elle m'a renvoyé un mail en indiquant les deux chiens que je devais choisir... Elle prendrait alors celle qui avait vomi après l'opération. Elle avait presque suffoqué mais grâce aux bons soins de Marianne, elle s’était rétablie et se promenait allègrement au jardin... Malgré le fait qu'elle avait annoncé à plusieurs reprises qu'elle ne pouvait pas adopter cette fois-ci en raison de circonstances, elle avait déjà cédé à nouveau... Elle ne le désapprendra jamais. C’est pourquoi j'ai appelé sa nouvelle « acquisition » Marianne... En ce qui me concerne je n'ai toujours pas choisi, maintenant qu'il n'y en a plus que 5, c'est encore plus difficile. Je vais donc laisser Tito choisir lui-même. Après tout, ce sera sa petite amie. Parce que quelques jours plus tard, il n’avait pas le courage de rendre visite à ces dames pour choisir une éventuelle fiancée et que je n'arrêtais pas de me plaindre que je ne pouvais pas choisir, le vendredi 25 avril, Dirk a pris le taureau par les cornes afin de se débarrasser de mes pleurnicheries. Lorsque je me suis assise dehors, il a laissé la bringée sombre, avec les brûlures, sur la terrasse. Elle a marché aussi vite qu'elle le pouvait afin de se jeter dans mes bras, a mis sa tête sur mes genoux et m'a embrassé les mains. Alors que je ravalais des larmes d'émotion, Dirk m'a dit « voilà, elle t'a choisie, tu vois bien combien elle t'aime donc tu dois la garder auprès de toi ». Pour renforcer ses paroles, il a ajouté qu'il devait en être ainsi. C'est ainsi que Clémentine a rejoint notre famille et un peu plus tard, elle a été accueillie avec enthousiasme par nos, chiens curieux. Tito, quant à lui, a regardé de loin... Le soir, elle a mangé son premier souper chaud avec les chiens, puis est venue jeter un coup d'œil dans le salon, a regardé très étonnée la télévision puis s'est allongée dans un donut, comme si elle se rappelait tout d'une vie antérieure ... Le lendemain, elle se tenait à la porte de la chambre à coucher avec ses « nouveaux » frères et sœurs pour nous souhaiter le bonjour et j'étais sûre que les autres lui avaient certainement montré comment passer par la trappe, pendant la nuit, car elle était sortie sagement pour faire ses besoins. Incroyable, elle savait ce qu'on attendait d'elle, il était inévitable qu'elle soit une vieille âme. Quoi qu'il en soit, le plus important était que nous nous étions trouvés pour la vie et que je ne renierais jamais son amour. Après tout ce qu'elle avait enduré, elle était à jamais en sécurité.

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