Espagne mise à jour 10 Juillet 2025
Jeudi 10 Juillet 2025
Comme promis, je viens vous tenir au courant des événements.
Hier, nous sommes allés à Talavera avec les deux galgos noirs dont la jeune femelle à la patte « fracturée » errait affamée à travers Calypo et le petit mâle terrifié, d'âge inconnu, qui avait un pied écrasé avec lequel il pouvait à peine marcher. C’était horrible à voir. Tous deux s'étaient retrouvés dans le refuge après l'enfer vécu. Elle avait été trouvée et lui avait été abandonné par un propriétaire pire qu’un animal car il n'y a pas d'animaux plus mauvais que les humains. Quoi qu'il en soit, nous avions un rendez-vous chez le docteur De Frutos, à 9h00, et nous sommes donc partis pour Talavera à 8h00. La petite femelle que j'ai commencé à appeler Joséphine (2025 est l’année du « J » à Casa Belgica car sinon je n'arrive plus à me rappeler qui est venu quand..) était attentive et curieuse. Le mâle, tyrannisé, s'était caché dans le coin le plus éloigné du box de voyage et n'osait plus bouger. Pauvre, pauvre petit gars, ai-je dit à Dirk « comme ce pauvre animal doit avoir souffert ». Il était exactement 9h00, lorsque nous sommes arrivés à Talavera et deux minutes plus tard, Dirk était déjà garé à 100 mètres de la clinique. Un coup de chance pour les chiens.. Je me suis dirigée, en première, vers la clinique. Dirk a suivi avec Joséphine que j'ai prise en charge pendant qu'il allait chercher le mâle. Entre-temps, les formulaires d'inscription ont été rédigés et, comme toujours, j'ai dû mentionner les noms et l'âge supposé des chiens. C'est toujours une situation délicate vu qu'en Espagne, ils ne connaissent que des noms espagnols, soupir... Donc, pour faciliter les choses, je les note toujours moi-même sur les documents ou sur un aide-mémoire. Pour la sortir de l'anonymat, je l'ai appelée Joséphine et pour sortir le pauvre gars de sa misère, je lui ai donné le prénom très chic de John-Jack. Qui sait, peut-être qu'un jour, il finira en un deuxième Jack Sparrow... Dès que nous étions dans le bureau du docteur De Frutos, Joséphine fut examinée et ensuite, on l’emmena au RX. Quand ce fut au tour de notre petit noir, nous avons eu grand mal à faire sortir John-Jack, terrifié, de sous le bureau. Il y a une bonne raison à sa frayeur. Après un examen approfondi, il apparaît que les nerfs de sa jambe mutilée ont été touchés, l'os plus haut dans sa patte est très faible et ne convient pas à une prothèse, donc une prothèse est hors de question.
Après une longue conversation sur les possibilités de lui venir en aide, De Frutos me demande mon avis. Il s’avère que nos avis correspondent. La seule façon de le sauver et de lui épargner d'éternelles douleurs sévères est l'amputation totale. Dirk partage entièrement notre avis. Nous décidons donc de l’amener mardi pour l'intervention... Entre-
temps, Joséphine est de retour et il s'avère que sa jambe n'est pas fracturée mais qu'elle ne s’est pas bien développée à cause de la malnutrition. Il y a place à l'amélioration avec une bonne nutrition et du repos, mais sa patte ne se redressera plus jamais complètement. Voilà l’état des choses... Pour le reste, les tests sanguins des deux sont bons. Sur le chemin du retour, j'ai la tête pleine d'inquiétudes. Inquiète, je me dit : amputation totale pour l'un, amélioration d'une patte qui ne sera plus jamais complètement droite pour l'autre. Je dis tout haut à Dirk, « ces deux-là ne trouveront jamais de foyer, ils ne sont pas tous comme les « parents » d’ Hannibal souffrant de cécité, mais qui vit une vie pleine et heureuse grâce à l'amour et à la patience de ses propriétaires. » Je continue amèrement « il n'y aura pas beaucoup d'« amateurs » pour ces deux-là ». Pendant les prochaines minutes, avec une boule dans la gorge, je maudis le galguero qui a tellement mutilé et battu le petit mâle. Il ne l'a pas nourri et l'a utilisé pour engendrer des chiots. Je maudis également cette couvée de vipères qui ont largué la petite femelle affamée dans les rues de Calypo. Heureusement, elle se trouvait à proximité, de manière à ce qu’elle se retrouve finalement avec nous. Lorsque nous arrivons à Casa Belgica, la petite femelle noire est reniflée et contrôlée sous toutes les coutures par nos chiens et après une demi-heure, elle entre et sort par la chatière sans aucun problème... Pour John-Jack, nous avons préparé de la nourriture, des boissons et un panier des plus doux, dans la véranda et le jardin intérieur, en face de la clinique. Quand nous enlevons son collier, nous voyons dans quel état piteux il se trouve. Lorsque nous nous approchons de lui et que nous voulons le toucher, il rampe dans la haie, s'éloigne de nous aussi loin qu'il le peut et détourne la tête pour éviter tout contact visuel. Il n'ose ni manger ni boire. Ce doit être atroce ce qu'ils ont fait à cet animal. Les brutes, les psychopathes et les personnes assoiffées de pouvoir qui l'ont mutilé, battu, affamé et qui lui ont fait tellement plus dont nous ne savons rien mais que nous pouvons lire dans le misérable petit tas qu'ils ont laissé derrière eux, devraient tous brûler en enfer. La vie de ce pauvre animal a dû être une abomination. Le prix qu'il doit payer pour cela est l'amputation de sa patte avant. Après son opération, il viendra chez nous et nous essaierons de compenser tout le mal qui lui a été fait. Nous prendrons soin de lui avec amour, nous lui apprendrons à marcher sur 3 pattes et ferons tout ce que nous pourrons pour lui redonner confiance. Si nous y parvenons, il pourrait peut-être redevenir le beau galgo qu'il était autrefois. Nous vous tiendrons informés.
Merci d'avoir lu ceci.
Affectueusement,
Mireille.