Behind the mission

1 avril 2026
Story 1

C’était écrit, comme diraient les Anglais…

Oui, c’était bel et bien le destin. Tout a commencé lorsque, à l’âge de quatre ans, j’ai rencontré un lévrier pour la première fois. Des amis de mes grands-parents avaient « acheté » spécialement pour moi un Greyhound dans les chenils Du Moyen Âge, car ni mes grands-parents ni mes parents n’étaient vraiment portés sur les animaux – encore moins sur les chiens – et moi, je rêvais désespérément d’en avoir un.

C’était un mâle noir que nous avions appelé, très justement, Blackie. Hélas, à peine un an plus tard, il fut renversé par une voiture alors que le fils de la famille venait me chercher à la maternelle. Mon chagrin fut immense et je n’ai jamais oublié mon ami. Des années plus tard, j’ai acheté mon premier lévrier, chez un fermier flamand qui élevait des Greyhounds comme activité complémentaire.

Ma passion pour cette race, et le souvenir de Blackie, ne m’avaient jamais quittée. Chaque semaine, je regardais à la télévision anglaise les courses de lévriers… Jusqu’au jour où, un après-midi pluvieux, un reportage allait changer ma vie. Les images, en partie filmées en caméra cachée, montraient l’envers du décor : le sort tragique des Greyhounds utilisés sur les pistes de course en Angleterre, en Irlande et dans des pays « exotiques » comme l’Espagne.

Moi qui avais toujours cru qu’ils étaient traités comme les athlètes qu’ils étaient, j’ai découvert l’horreur : enfermement, abandon, dopage, et pour ceux qui ne rapportaient plus d’argent, la vivisection… et bien pire encore. J’étais bouleversée, indignée. À la fin du reportage, j’ai appelé le numéro anglais qui s’affichait à l’écran. On m’a rappelée très vite, me donnant plus d’informations et me demandant si je savais ce qui se passait en Irlande et en Espagne.

Non, je ne le savais pas. Après plusieurs appels échangés avec l’Angleterre, j’ai pris une décision : je devais agir. Sur les conseils d’un collaborateur du reportage, je suis partie à Majorque, où la situation était particulièrement dramatique. Le cynodrome allait fermer et les Greyhounds irlandais et anglais y étaient abandonnés, dans des conditions misérables. Je suis partie… j’ai vu l’enfer sur terre — et même pire. Deux options s’offraient à moi : parler, raconter ce que j’avais vu, ou bien essayer de faire quelque chose. Je ne savais ni quoi ni comment, mais je devais tenter. J’ai choisi la deuxième voie. Je suis rentrée en Belgique, j’ai bouleversé ma vie, puis je suis repartie, dans une vieille camionnette conduite par un chauffeur gallois, à la recherche des Greyhounds abandonnés.

Je les ai tous recensés, puis j’ai trouvé un vétérinaire pour les vacciner avant leur départ. De retour en Belgique, j’ai fondé Greyhounds in Nood Belgium (GINB), j’ai fait enregistrer l’association officiellement, devenant ainsi la première organisation du continent à se consacrer aux lévriers : d’abord les Greyhounds irlandais et anglais rejetés à cause des lois de quarantaine britanniques, puis les Galgos espagnols, les plus oubliés de tous.

C’était en 1996 et je venais tout juste de fêter mes 50 ans.

Pour donner de la visibilité à ma cause, j’ai entrepris de peindre un portrait grandeur nature du Prince Laurent.

Entre-temps, l’émission Afrit 9 m’a consacré un reportage, le journal télévisé est venu filmer, plusieurs articles sont parus dans la presse et lorsque mon tableau fut terminé, le Prince m’a invitée à le lui remettre en personne !

Ma voix avait été entendue…

GINB était né.

Merci pour votre attention, et pour toutes ces années de soutien fidèle.

Mireille