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Espagne Mise a Jour sept 2020 - Mar22Sept

Placé le
27 Septembre 2020

 

 

Code rouge.

Mardi 22 septembre 2020.

Lundi passé, j’ai été contactée par mon amie Chris (la femme de Carry Goossens avec qui j’ai, depuis des années, l’habitude d’aller manger un petit bout quelques fois par an), me rappelant que normalement j’aurais été opérée le lendemain et qu’à cause du Corona et du code rouge, notre sortie allait devoir être remise à une date ultérieure, non spécifiée… Aujourd’hui, il y a une adoptante qui m’a également rappelé que sans le confinement, j’aurais dû passer sur le billard, aujourd’hui. J’étais étonnée que les gens y avaient pensé… Très franchement, je n’y avais pas prêté attention que nous étions le 22, tout comme je n’y avais pas prêté attention que le 18 septembre, nous étions mariés depuis 16 ans. C’est Roel qui nous l’a rappelé en nous réveillant à 7h00 du matin avec une vidéo dans laquelle il  nous déploya ses qualités de ballerine afin de nous transmettre leurs félicitations. Beaucoup d’autres allaient encore suivre… j’avais trop de soucis car il avait plu et il avait été orageux, jour et nuit, depuis le retour de Dirk. Cela signifiait que pendant la nuit,  nous étions soumis aux aboiements et aux pleurs de tous ceux qui résident dehors à Calypo ( y compris les nouveaux de la porte d’à côté). Comme si cela ne suffisait point et au grand mécontentement de nos enfants peureux (à l’exception de Léopold qui ne craint rien), des coups de fusil retentirent chaque matin avant l’aube, qu’il pleuve ou qu’il vente… Lorsque le vent soufflait dans le bon sens, nous entendions même au loin les aboiements des chiens alarmés du refuge…

  

Quelle vie de chien et nous n’étions qu’au début. Qui sait, peut-être que le code rouge interdirait la chasse. Alors, au moins nous pourrions parler d’un point positif. Entre-temps et pendant la journée, nos chiens étaient éparpillés à travers Casa Belgica, couchés en toute confiance dans des donuts, des fauteuils et des divans en somnolant et en baillant d’ennui. Voilà également une vie de chien… Aujourd’hui, nous avons notre première journée sans pluie et avec un petit soleil timide. Quoi qu’il en soit, il ne brillera pas pour tout le monde car jeudi, nous avons rendez-vous avec le docteur De Frutos pour une consultation d’une patte difforme à cause d’une vieille fracture… Avant cela, nous sortons les paniers des chiens, au cours de la matinée Dirk se met à tailler les palmiers et ensuite il continue de travailler à la revue et au site etc… Je commence un nouvel update et je me détends en regardant pour la énième fois, le « Jerusalema » exécuté par les collaborateurs après la journée d’adoptions… A chaque fois, je me mets à rire et je me sens heureuse. Je me sens également heureuse lorsque les gens laissent libre cours à leur créativité afin de compenser le manque suscité par les changements à la Warmste Week.  Je vous remercie du fond du cœur.   

 

Jeudi 24 septembre 2020.

Nous venons tout juste de rentrer « mouillés » de Talavera où nous avions rendez-vous, à 9h00, avec le docteur De Frutos pour « Cochita », une jeune femelle galgo, larguée que Dirk a été chercher au refuge, à 7h30 ce matin. Malgré  la douleur à sa petite patte arrière difforme qui  ne sert plus à rien, il semble que nous ayons à faire à un petit chien joyeux qui observa pendant tout le voyage, avec intérêt, le paysage et la pluie tombante. Heureusement que cette fois-ci, nous n’avons pas dû faire la file devant la clinique et à mon grand soulagement,  nous avons pu rentrer immédiatement. Puisqu’il m’est difficile de rester debout, pour le moment, j’étais quand même autorisée à m’asseoir dans une salle d’attente dépouillée de chaises. Un vrai luxe, de nos jours… Entre-temps, la patte fut soumise à un premier examen et le docteur De Frutos est directement venu à la conclusion que le tendon a été arraché. Du fait que nous ne connaissions pas ses antécédents et que nous ne savions même pas si elle avait une puce électronique, le véto est allé contrôler et il semblait donc qu’elle était encore au nom du galguéro qui l’avait laissée au refuge et qu’elle s’appelait Marinera, encore plus moche que Cochita donc…

 

Comme nous nous y attendions, des radios devaient être prises, sous narcose, pour que le docteur De Frutos puisse se faire une idée de l’ampleur de la lésion et pour pouvoir donner un diagnostic. Un diagnostic que nous avons reçu une demi-heure plus tard et qui n’était pas des moindres. Avant qu’elle n’ait été larguée ont avait déjà tripoté (disons bricolé) à la patte mutilée. L’os montrait plusieurs trous et le muscle et le tendon étaient presque inexistants… Donc, aussi bien le tendon que le muscle doivent être reconstruits à l’aide d’un filet spécial après quoi la patte devra être stabilisée pour 6 semaines par un gabarit externe. Mon regard en disait long et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, le véto répliqua « I know, you hate external frames » et il ajouta qu’il s’agissait de la seule option possible pour une intervention dont il ne connaissait pas l’issue puisque nous ne savions pas s’il s’agissait d’une lésion ancienne ou pas. Il y avait une deuxième possibilité par laquelle la patte devrait être totalement immobilisée mais les chances de succès seraient encore plus faibles…

 

J’ai décidé de l’appeler Coco, cela a plus de classe… Pendant qu’elle était encore sous narcose, je devais décider de son sort. J’ai donc dit au véto qu’il devait vraiment faire le maximum pour l’aider car sinon son avenir n’était pas rose au niveau de mobilité, de souffrances et d’adoption et elle était encore si jeune. Il décida de procéder à l’opération, demain. Le docteur nous tiendrait au courant et sans avis contraire, nous pourrions aller la chercher samedi à 11h30.Nous retournâmes donc à Calypo sans elle et dans la pluie. En cours de route, nous nous rendions bien compte que nous allions devoir retourner notre porte-monnaie et même le presser comme une orange afin  de pouvoir payer cette opération. Les chiens passent avant tout, donc. Coco sera probablement la première parmi beaucoup d’autres car la saison de chasse doit encore commencer. «  Ah, si nous pouvions quand même gagner ce foutu Loto », disais-je pour la énième fois à Dirk… Après notre retour à la maison, mon mari commença à charger le reste de la nourriture de la donation dans la Jeep. A la grande frustration de nos chiens qui venaient à peine de se remettre de leur cérémonie d’accueil, nous repartîmes pour le refuge. Avant de monter en voiture, je leur ai promis que nous serions directement de retour…   

 

Samedi 26 septembre 2020.

A 9h30, nous partons pour Talavera avec à bord Pistorius. Nous allons chercher Coco et nous en profiterons pour soumettre notre grincheux à un examen afin de connaître la raison de ses 100 pas et de ses jérémiades nocturnes qui ne sont ni une bénédiction pour le repos , ni un ravissement pour l’oreille. A notre arrivée à la clinique, Coco frétillant gaiement de la queue,  fait une sortie en compagnie d’une assistante sous l’œil vigilant du docteur De Frutos. La « Tour Eiffel » construite autour de sa patte opérée, ne semble pas la gêner outre mesure et le médecin est visiblement satisfait. Nous sommes étonnés de la voir déjà aussi mobile… En nous voyant, le véto nous montre un pouce en l’air et nous invite à rentrer. Malgré le fait que Coco ne nous ait vu qu’une journée, elle est très enthousiaste et montre bruyamment son désaccord lorsqu’elle doit déménager vers l’arrière du bâtiment pour recevoir ses soins et pour faire place à Pistorius.

 

Pour être tout à fait sûr, nous passons une muselière à notre grincheux maussade car malgré le fait qu’il réside depuis plusieurs années avec nous, il a ses antécédents et son long calvaire l’empêche encore toujours d’accorder sa  confiance. Voilà pourquoi il réagit déjà lorsqu’on ne fait que pointer dans la direction de la patte qui a été prise dans un piège voici des années. Jadis, il s’était délivré lui-même en s’arrachant du piège après quoi, il avait erré pendant des mois en trimbalant le pied arraché, derrière lui. Après qu’il ait été «  capturé » par un couple dont il avait mordu l’homme à la main tellement il avait mal et peur, il fut amené chez nous après qu’on lui ait placé un bandage provisoire. Anne qui était justement chez nous en Espagne, l’a opéré et a reconstruit son moignon aussi « confortablement » que possible. Puisqu’il n’était pas d’avis de nous quitter, il est resté et je l’ai nommé Pistorius. Oui, ce Pistorius là…

 

Après avoir effectué un examen, le docteur De Frutos a conclu qu’il n’y avait pas trop d’options.  Pour subir une opération avancée par laquelle une broche est placée dans l’os pour ensuite y attacher une prothèse, on l’estime trop vieux et trop fragile. La seule possibilité qui reste est une amputation ou un traitement aux anti-douleurs, solution pour laquelle nous avons opté. Après avoir tout bien considéré et expliqué, le véto nous dit que selon lui, il vaudrait mieux laisser les choses tel quel. En cas de dégradation, nous pourrons encore toujours décider de la meilleure opération ou d’un traitement adéquat. Après que Coco ait reçu ses soins, Pistorius sautille soulagé, en compagnie du docteur, en direction de « sa » fidèle camionnette et rejoint gaiement son box. Coco est déjà installée et se couche à son aise comme s’il s’agissait de son énième voyage. Il est clair qu’il s’agit d’une femme du monde. C’est bien naturel avec un tel nom…