Panier

Votre panier est vide.

Espagne Mise a jour Mars 2020 - Mar24mars

Placé le
29 Mars 2020

 

 

Les têtes couronnées…

Mardi 24 mars 2020.

Hier, lorsque nous avons appris, pendant le journal, que l’Espagne serait en « lock down » pour encore au moins un mois et que des images ahurissantes nous sont parvenues montrant des patients couchés dans les couloirs, dans les cliniques de Madrid qui nous sont familières, je fus prise de panique. Beaucoup étaient d’avis que tout cela resterait bénin. Mais à présent la réalité dépasse la fiction. Cela leur apprendra disais-je à Dirk, avec tous leurs films et séries à propos de cataclysmes et d’apparitions de virus. Maintenant, leur fantaisie devient réalité et celle-ci est beaucoup moins romantique qu’à l’écran. Qui aurait pu penser que notre petite vie luxueuse, que nous prenons tous pour acquise, serait perturbée par des forces armées de têtes couronnées. Lorsque nous regardons, pendant le souper, les actualités qui nous montrent l’Afrique et d’autres pays du tiers monde qui sont ravagés par l’Ebola, le Sida, des conflits, des seigneurs de guerre et la famine, nous n’y prêtons que peu d’attention car toutes ces choses sont tellement éloignées de notre univers quotidien… Eh bien maintenant, nous nous trouvons à l’épicentre et cela nous n’aurions jamais pu  l’imaginer. A présent, nous sommes les protagonistes  de ces événements dramatiques et impossible d’y échapper. Quoi qu’il en soit, ma seule consolation pendant cette période hallucinante est le fait que dame nature  s’en portera bien mieux, du moins pour  le temps que cela durera. Notre magnifique planète bleue que nous malmenons et exploitons à outrance, pourra reprendre son souffle. 

 

Entre-temps, me voici déjà de retour d’Espagne depuis le 26 février et Dirk un jour plus tard. Après la journée d’adoption, nous avons commencé à emballer toutes nos affaires en vue du déménagement imminent que j’appréhendais tellement car j’étais et je suis encore toujours attachée, corps et âme, à cette maison. Il faut dire que je n’ai encore jamais habité un appartement. Ce qui me peine particulièrement c’est que  les chiens y sont interdits. Quoi qu’il en soit, c’était à prendre ou à laisser lorsque Salva et Anabel nous avaient appris, voici quelques mois, qu’ils voulaient se séparer. Ou bien c’était la fin pour GINB, ou bien nous devions acquérir la maison en Espagne et quitter la villa à De Pinte. Le prix à payer impliquait que nous devions laisser derrière nous, la vieille maison spacieuse de la Florastraat, avec son large jardin, son fantôme résidant et ses frais d’entretien exorbitants pour la bonne raison que nous n’y habitions  pas plus de 6 mois par an. Au fur et à mesure que la maison se vidait, ma tête se remplissait de milles choses car j’avais essayé d’ignorer le déménagement mais il se rapprochait à grands pas. Pendant notre séjour en Espagne,  l’appartement entier avait reçu une nouvelle couche de peinture et était donc prêt à nous recevoir. Le 10 mars, nous avons déménagé avec l’aide de quelques collaborateurs, des déménageurs et de notre vieille camionnette qui n’a pas réussi à passer le contrôle technique et qui ne peut plus circuler après le 28 mars. Le déménagement s’est déroulé sous une pluie battante. Nous sommes donc partis en direction  de la Baron de Gieylaan n° 1 à De Pinte, situé à un demi kilomètre de notre ancienne adresse. Le lendemain, le 11 mars, nous avons  fêté en compagnie de nos déménageurs d’un jour, les soixante ans  de Dirk. Juste à temps, car deux jours plus tard, les « joyaux de la couronne » ont explosé. Dès lors, tout le monde devait rester à son domicile et nous étions dans l’impossibilité de retourner en Espagne où Maurice et nos 9 galgos attendaient notre retour…

 

 

Nous voilà dix jours plus tard et nous sommes encore toujours assignés à résidence. Pendant cette période, je m’employais à errer à travers ma nouvelle demeure en espérant  pouvoir en faire une réplique de la précédente… Cette période que Dirk employait pour descendre du grenier et remonter de la cave le stock de GINB, des centaines de kilos de sentiments, de peintures et de meubles et autres que je trimbale avec moi déjà toute ma vie… Le garage, la cabane et le jardin, tout devait être vidé. Une période pendant laquelle l’appartement pullulait de boîtes contenant toutes sortes de choses qui me tiennent particulièrement à cœur  et parmi lesquelles je devais faire un choix. Au grand désespoir de Dirk, je ne parvenais pas à m’en séparer. Une période pendant laquelle deux de nos événements furent annulés. Il s’agit de la Ceinture des Dunes de Yolanda située dans le Limbourg et notre Soirée Vins et Fromages qui aurait lieu pour la première fois en Flandre Occidentale. Il s’agit d’une vraie saignée pour l’organisation et qui sait ce qui nous attend encore. Une période pendant laquelle je me suis creusé la cervelle au sujet du refuge et de nos chiens qui sont restés en Espagne sous la surveillance de Vali qui se trouve en quarantaine comme le reste du pays. La période pendant laquelle Marianne et Kris auraient dû venir en Espagne pour procéder à des opérations. C’est un vrai drame car il y des masses de galgos qui attendent. Malheureusement, nous n’y pouvons rien car l’Espagne est en « lock down » total et cela au moins jusqu’au 23 avril.

  

Quoi qu’il en soit, rien n’y changera et je sais combien d’entre vous se demandent comment vont les choses à Las Nieves. Nous gardons, bien sûr,  le contact avec Marie-Carmen qui nous a raconté que malgré qu’elle connaisse très bien la maire et la police, elle a quand même besoin d’un permis pour pouvoir se rendre au refuge et pour pouvoir collecter ses ouvriers à l’arrêt du bus et les y reconduire. Elle disait également qu’à Calypo, où le Bon Dieu n’est pas encore passé, on ne peut pas pendre de passagers à bord de sa voiture. Il faut faire les courses tout seul et la police interpelle et renvoie tout le monde qui ose sortir. A Las Nieves et malgré les innombrables galgos, tout se passe encore normalement. La nourriture est livrée correctement, les fosses septiques sont vidées régulièrement et les ouvriers sont présents. Donc de ce côté-là, pas de problèmes. Encourageons  Marie-Carmen et Pili qui ont une grande responsabilité, en ces temps incertains et nous prions pour qu’elles restent en bonne santé. La même chose est valable pour vous tous et pour nos collaborateurs car beaucoup en dépend… 

 

Maintenant que les gens disposent de moins de liberté et de beaucoup plus de temps pour visiter notre site, certains d’entre eux viendront peut-être à la conclusion que l’amitié et la gratitude d’un animal sauvé, appartiennent  aux choses élémentaires de la vie et se sentiront peut-être appelés à adopter et à donner  une vie digne à un galgo , rendant ainsi leur propre vie meilleure… Espérons-le car il y a tant d’innocents qui attendent. Espérons aussi que nous pourrons bientôt repartir car ils nous attendent, ils vous attendent…

Restez en bonne santé et appréciez ceux qui vous sont chers.

Si nous survivons à tout ceci, je vous donne rendez-vous au prochain update.

Mireille.    

         

 
 
  • DDR fotostyling