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Espagne Mise A jour juin - Lun16juin

Placé le
09 Juin 2022

 

 

Lundi 16 mai 2022.

Il est 10h30 et la semaine passée, à la même heure, nous venions de passer la frontière avec l’Espagne, après avoir passé une semaine en Belgique. Une semaine chargée pendant laquelle le mercredi,  Dirk me conduisit, fort contre mon goût, à l’aéroport afin de prendre part à la journée d’adoption du 7 mai. Je n’avais aucune pitié de lui et cela malgré le fait que ce jour-là, il devait se rendre deux fois à l’aéroport. Une fois pour m’y conduire et une fois pour accueillir Dirk « Buffalo ». J’avais donné mon accord pour effectuer le vol sans être accompagnée à condition qu’il me conduise lui-même à l’aéroport. Une fois arrivée à la douane, on prit, encore une fois,  mon corset pour une ceinture explosive. On a donc averti la police à la suite de quoi, je perdis 20 minutes et je risquais donc de manquer mon vol. Malgré cela, je ne regrette rien  car c’était merveilleux de revoir les collaborateurs, de pouvoir accueillir les nouveaux adoptants et de voir partir « nos » chiots et les autres en compagnie de leurs nouveaux maîtres.  J’étais tellement heureuse de pouvoir prendre, à la fin de la journée,  un verre en compagnie des collaborateurs,  à l’occasion des nombreux anniversaires qui devaient encore être fêtés et de chanter en chœur  « joyeux anniversaire » !!! Je n’avais pas encore perdu l’habitude et cela contrairement à l’équipe de GINB…

 

 

Deux jours plus tard, je passais sous le scanner et une heure plus tard, je me trouvais nez à nez avec le neurochirurgien qui nous montrait que l’os implanté et mon propre os, se rapprochaient tout doucement.  Mes douleurs n’en seraient pas moindres. Après les nombreuses opérations, mon dos était devenu un champ de bataille de nerfs coincés et de muscles contractés donc… « Peut-être à l’aide de médicaments ou de kiné » suggérait-il sans beaucoup de conviction et il ajouta qu’un deuxième passage sous le scanner était souhaitable. Sans attendre notre réponse, il fixa un rendez-vous pour le vendredi suivant et je l’entendais penser « vu votre âge… ». Il était assez poli pour ne pas formuler ses pensées. Je pris donc les devants en lui disant que, malgré mes 76 ans, je menais encore une vie active et animée et que j’espérais pouvoir tenir le coup encore longtemps. Je pris congé en disant qu’on se reverrait le vendredi suivant. Pendant le trajet du retour, Dirk et moi essayions de garder courage en nous fixant sur le fait que l’os était en train de se souder et nous évitions de penser à tout le reste. Comme toujours, je m’accrochais à chaque paille qu’on me tendait et j’envisageais l’avenir, ou ce qui en restait, pleine de confiance. Nous allions bien voir ce que dévoilerait la scintigraphie osseuse du vendredi. Nous avions encore plein de choses à faire pendant cette semaine. J’avais rendez-vous chez le dentiste, Dirk devait se rendre chez le médecin, nous avions encore d’autres rendez-vous et encore des tonnes d’emplettes à faire et malgré que nous disposions de quelques jours supplémentaires, nous n’avions guère le temps de philosopher.

 

Hélas, quelques jours plus tard, notre vieille camionnette, qui avait était promue au statut de cheval de trait et qui servait à transporter tout le nécessaire pour les journées d’adoption et les événements, nous avait fait défaut. Raymond de Claire l’avait conduite au garage où l’on avait conclu que le moteur et quelques autres attributs devaient être remplacés et que cette bagatelle allait nous coûter plus de 15.600 euros. Tout comme la camionnette, nous étions au bout du rouleau. Nous avions immédiatement de quoi philosopher et nous inquiéter. Non seulement, il y avaient les frais mais nous allions être obligés de louer une camionnette pour la promenade en Campine. Comment allions-nous pouvoir continuer à financer tout cela ? Dirk entra en action et contacta le distributeur principal où nous avions acheté la nouvelle camionnette. A la grande frustration du garagiste où elle avait été déposée, elle fut encore récupérée le jour même, à la suite de quoi, nous avons reçu un coup de téléphone du garagiste en question pour nous dire ce qui s’était passé et pour nous prier de bien vouloir payer immédiatement les frais liés au passage de notre véhicule dans son garage, sinon… Quoi qu’il en soit, entre-temps, elle a été réparée. On lui a donné un nouveau moteur et un « nouvel »  embrayage. Les deux opérations, nous ont coûté 12.325 euros. Donc 4.448 euros de moins que le prix qui nous avait été donné par le premier garagiste… Après que la scintigraphie osseuse de vendredi ait apporté peu ou pas de réconfort, à l’exception d’une prescription de médicaments puissants (solution non envisageable), nous sommes repartis pour l’Espagne en compagnie de Loulou, le dimanche 15 mai à 5 heures du matin.  

 

 

Le soir, nous sommes allés dîner au restaurant « La Tchanka », à côté de l’hôtel et après une nuit quasi blanche dans des lits trop petits et un petit déjeuner très court,  nous sommes repartis  en direction de la frontière espagnole. Le 16 mai, après 700 km, nous arrivâmes en fin d’après-midi, , dans une maison vide car après l’offre de Marie-Carmen, nos chiens avaient résidé pour la toute première fois, au refuge, dans un logement vacant, avec parcours extérieur. Pendant que je culpabilisais et que j’étais d’avis que nos chiens allaient penser que nous les abandonnions, Dirk et Marie-Carmen avaient transporté nos compagnons et leurs attributs vers leur nouvelle résidence de « vacances ». Après leur départ, je me sentais toute drôle. A son retour, je demandai à Dirk comment ils avaient réagi. Il répondit que tout allait bien et que Léopold se comportait en roi.

 

Je n’étais convaincue qu’à moitié. Le lendemain, je partis pour la Belgique avec le cœur battant et furieuse contre le monde entier. Après avoir regardé les vidéos de Marie-Carmen qui montraient des chiens contents et relax, je trouvais enfin un peu de paix. Mais à présent, j’étais impatiente de les retrouver. « Tu te comportes comme une enfant » me disait Dirk « mais tu devras attendre car il fait déjà nuit donc ce n’est plus possible ». J’ai encore un peu insisté mais mon cœur et ma raison me disaient qu’il avait raison. Il ne fallait surtout pas déranger  les centaines de chiens dans le refuge, lorsqu’il faisait noir. On se reverrait après une bonne nuit de sommeil…     

Mardi 17 mai 2022.

Le lendemain, j’accompagnai Dirk pour aller chercher les chiens qui, une fois qu’ils avaient reconnu la voiture, se mirent à donner un concert. Les retrouvailles furent passionnées et je ne vous cacherai pas que des larmes de bonheur furent versées… Quelques jours plus tard, le 20 mai, nous sommes retournés au refuge mais cette fois-ci, pour prendre des photos des chiens qui étaient «  prêts » pour être mis sur notre site. Malgré le fait que Dirk avait insisté pour que je reste à la maison, je l’accompagnai quand même et comme prévu, je me sentais misérable en me trouvant nez à nez avec les centaines de galgas  qui se bousculaient  pour obtenir nos faveurs. J’étais prise de panique car comment est-ce que j’allais pouvoir trouver assez d’adoptants ? Lorsque nous passions par les chenils des femelles pour regagner la cathédrale où les mâles nous attendaient, nous sommes allés rendre une petite visite aux 7 chiots qui viendraient chez nous quelques jours plus tard, à Casa Belgica. Ensuite, nous nous sommes rendus chez les mâles qui étaient alignés pour être photographiés. En les voyant aussi sages et patients, mon cœur se brisa presque. Pauvres messieurs car pour dix femelles, on ne choisissait parfois qu’un mâle. Pour eux, la période d’attente était donc imprévisible et une chance réelle subsistait qu’après de nombreuses années d’attente à espérer un foyer accueillant,  une mort les attendrait finalement au refuge.  Parmi les 15 mâles que Dirk devait prendre en photo, il y en avait un avec une grande excroissance à la poitrine et un qui s’accrochait à moi  et qui ne voulait pas me laisser m’en aller. Terrible, j’en étais dévastée. En retournant à la maison et pendant que j’avais grande peine à dissimuler mes larmes, Dirk m’a dit « je t’avais prévenue ». Arrivée à la maison, j’ai contacté le docteur De Frutos au sujet du mâle avec l’excroissance et Dirk lui envoya une photo.   

 

 

Vendredi 24 et samedi 25 mai 2022.

Après que Dirk ait rempli les plus grandes cavités entre les pavés en pierre naturelle du jardin, nous étions prêts à accueillir les 7 chiots. Marie-Carmen ne perdit pas de temps et arriva vendredi matin à 8h00 avec les 6 sœurs et l’unique petit frère. Après avoir exploré leur nouvelle résidence, ils se mirent à jouer et à s’amuser avec les nombreux jouets. Ce fut une grande révélation car ils n’avaient encore jamais vu une chose pareille. Pour le reste, ils mangeaient, buvaient et dormaient à volonté pour ensuite recommencer le cycle entier. Samedi matin, après une nuit relativement calme, nous les avons placés devant l’objectif de Dirk. Ce fut une besogne assez fatigante qui mit notre patience à l’épreuve et cela malgré que nous soyons des « spécialistes » en la matière. A l’issue des prises de vue, je pouvais encore à peine bouger les bras car j’avais du garder en place le « décor » pendant toute la durée de la séance photo. Quoi qu’il en soit, nous aurions encore quelques semaines et weekends en perspective avec du bruit, des jappements, des cacas, des pipis et des jeux sauvages  qui mettraient à l’épreuve notre patience à tous les deux. Nous le savions en nous basant sur notre longue expérience dans la prise en charge de chiots. Dimanche, la première demande d’adoption pour une des petites sœurs nous est parvenue. Nous voilà partis… Les responsables de régions et moi-même devions nous préparer aux visites à domicile et aux nombreux appels et autant de longues conversations. Une chose est sûre, à cause du contre-temps avec notre camionnette et l’arrivée des chiots, notre passage en Belgique et la promenade en Campine étaient, à notre grand regret, tombés à l’eau .  Littéralement et au sens figuré semblait-il lorsque nous avons vu la vidéo que Roel nous a envoyée. Pendant que je regardais attentivement sa photo des participants de la promenade qui me regardaient droit dans les yeux, j’ai contacté le premier candidat à l’adoption pour un chiot.        

 

 

Mercredi 1er juin 2022.

Pendant qu’on sonna à la porte, le mercredi après-midi, j’étais en ligne avec la énième candidate à l’adoption pour un chiot qui ne voulait pas comprendre que lorsqu’on est célibataire et tous les jours absente pendant 8 heures, c’est une très mauvaise idée de vouloir adopter un chiot. Heureusement, Dirk m’annonça  que Marie-Carmen venait d’arriver avec un petit galgo qui souffrait d’une fracture à la patte. Il m’était donc facile de m’excuser et de spécifier encore une fois que sa candidature n’était pas admissible. En sortant je me réalisais combien les gens peuvent être désinvoltes. Vouloir adopter un chiot alors qu’on n’est jamais à  la maison… incroyable. Dehors, Marie-Carmen m’attendais avec une petite femelle ayant une patte de devant difforme et qui  pendait, dans ses bras,  comme une loque. La victime était une petite fille noire à poil dur d’à peine 8 ou 9 mois qui errait quelque part dans un village. A un endroit convenu, un galguéro l’a remise à Marie-Carmen. Sa laisse était dégoutante. Un galguéro qui prend la peine de transporter un galgo abandonné avec une patte fracturée…Quelle blague… Nous avions notre petite idée  et nous l’avons portée vers la clinique où Dirk lui a mis une attelle et un pansement. Pendant les soins, elle pleurait tout doucement mais elle subit sagement le traitement. Lorsque je l’ai caressée à rebrousse poils, j’ai vu des centaines de puces qui faisaient la course sur son petits corps. Nous avons, immédiatement, pris  les mesures nécessaires contre les assaillants de toutes sortes. Ensuite, nous l’avons mise dans un chenil et nous lui avons donné à manger et à boire. Elle accepta tout avec beaucoup de reconnaissance. Puisqu’elle allait rester chez nous, je lui ai  donné un nom commençant par G et j’ai décidé de l’appeler Gaga, Lady Gaga. Lorsque je lui ai demandé si son nom lui plaisait, elle a  agité la queue pour la première fois. «  Cela n’est pas un hasard », disais-je à Dirk et à M-C car lorsque je l’ai appellée par son nom, elle a  remué la queue pour la deuxième fois de façon enthousiaste. Après le départ de M-C, j’ai contacté le docteur De Frutos. Pour le mâle avec son excroissance, j’avais déjà un rendez-vous pour le vendredi matin. J’ai donc demandé si je pouvais également amener une femelle avec une patte fracturée qui devait également être stérilisée et subir un test pour la leishmaniose  et autres maladies tropicales. Une dizaines de minutes plus tard, le docteur De Frutos m’a répondu qu’il nous attendait vendredi matin à 9h00. Le soir, lorsque nous avons  sorti Lady Gaga sur le patio pour un arrêt sanitaire, sa couette était couverte de puces mortes, des centaines…

 

Vendredi 3 juin 2022.

Comme prévu et après que M-C ait amené le mâle avec son excroissance,  que j’ai appelé Gandalf, nous sommes partis à Talavera où nous sommes arrivés à 8h55 en même temps que le docteur, sa dame et leur nouveau compagnon Lima, une petite boule de laine noire, futée, qu’on avait trouvé dans un conteneur. Puisque nous étions les premiers, le docteur De Frutos, emmena immédiatement lady Gaga pour faire des radios de sa patte. Ensuite, il examina l’excroissance d’un Gandalf efflanqué. Malgré les clients qui affluaient, les deux ont pu rester à la clinique à cause de leur état de santé. L’os de la patte de devant de lady Gaga était carrément en deux et depuis le trajet en direction de Talavera, elle était en chaleur. Elle serait stérilisée de toute façon donc ce n’était pas dramatique.  L’excroissance de Gandalf, n’avantagerait pas sa chance d’être adopté. Le véto le comprenait très bien et il libéra du temps afin de traiter le petit mâle car il connaissait très bien la cause de son état. Une longue séquestration sur un sol en béton dans un endroit beaucoup trop étroit et probablement attaché à une chaîne. C’est incroyable comme Gaga et Gandalf étaient déjà devenu affectueux et reconnaissants. Ils venaient se blottir contre nous comme s’ils savaient déjà qu’ils étaient en sécurité auprès de nous. Quoi qu’il en soit, le plus dur était passé. Ils étaient hors de danger et il est certain que nous les protègerions envers et contre tout. Lorsque nous sommes partis, ils ont été pris de panique. Après quelques mots doux et la promesse que Dirk viendrait les chercher le soir, je dis à mon époux « ils nous prennent pour leurs maîtres »  et nous sommes partis de chez le véto avec un sentiment de culpabilité. Le véto nous ferait savoir vers quelle heure Dirk pourrait aller les chercher.

 

A 15h30, nous avons reçu la nouvelle que les deux opérations s’étaient très bien déroulées et que Dirk pouvait aller les récupérer à 18h00. Avec les 4 fois 75 km Calypo-Talavera, Dirk avait encore une fois 300 km au compteur. A 19h30, il était de retour avec les deux patients. La petite patte de Lady Gaga avait l’air beaucoup plus stable maintenant qu’elle était soutenue par la broche en métal et Gandalf était redevenu le beau chien qu’il avait toujours été grâce au docteur De Frutos qui lui avait enlevé son excroissance. Le voilà prêt à être adopté. Les interventions valaient bien le coût de 1800 euros. Pour Gaga, le grand chiot, nous avions de bonnes nouvelles car elle irait en revalidation chez Yolanda et Luc puisque la patte fracturé de Gérard était complètement guérie et nous allions donc le mettre sur le site. Lady Gaga prendrait donc sa place afin de récupérer de son opération et elle y resterait jusqu’au moment où sa petite patte serait assez forte. Il est à espérer que le gentil et paisible Gandalf ait la même chance, maintenant qu’il avait l’air d’un « top model » canin.  Quoi qu’on puisse en douter sérieusement…C’est un mâle de 5 ans, bringé avec une belle tache blanche sur la tête et une queue très longue et il est très affectueux et très gentil mais détail important, il s’agit d’un mâle et les mâles ne sont pas très populaires. 

 

Dieu seul sait pourquoi. En outre, il y aura bientôt les vacances et je crois savoir qu’aucune de nos responsables de région ne dispose de la place et du temps nécessaire pour s’en occuper et pour surveiller la blessure à sa poitrine. Ce serait pourtant la solution idéale puisque parmi elles se trouvent trois infirmières ou plus. Le cas échéant, il devra aller en quarantaine et revenir chez nous après notre retour à Casa Belgica car nous avons une journée d’adoption le 18 juin ainsi qu’une promenade à Lommel afin de revoir les adoptants après tout ce temps. J’aurais beaucoup de peine à devoir laisser Gandalf car il est émouvant de voir combien il exprime sa gratitude et combien il profite de l’espace et de la possibilité de découvrir les choses. Il se sent super heureux parmi les chiens car il court déjà librement avec eux.  depuis ce matin, nous l’avons mis avec eux car ils ne s’arrêtaient pas d’aboyer à la grille lorsqu’ils l’ont aperçu pendant son arrêt sanitaire. On aurait dit qu’ils nous demandaient de le laisser  avec eux. Nous avons donné notre accord, bien sûr… Ah, mon pauvre cœur, combien de temps vais-je encore pouvoir supporter cette vallée de larmes terrestre. Durant tout le weekend, Gandalf m’a suivie partout. Il léchait mes mains et mon visage lorsqu’il en avait la possibilité. SOUPIR…