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Espagne Mise a Jour Juillet 2020 - Ven10Jui

Placé le
17 Juillet 2020
 
 
 

Vendredi 10 juillet 2020.

Pendant toute la journée de hier,  Dirk a remué ciel et terre afin d’assembler les armoires de chez Ikea (également une leçon de patience et d’endurance). Ce matin, il est à peine 9h00, lorsque nous installons Ophélia à bord de notre vieille Jeep. J’ai de la peine car nous étions d’avis qu’elle pourrait passer ses dernières années chez nous. Quoi qu’il en soit, elle connaîtra une vie de princesse à Benissa où elle aura 2 sœurs. Elle recevra également des cours de savoir-vivre et d’étiquette à savoir : toilette des petites pattes, un baiser obligatoire avant le repas, brossage des dents après le repas, toilette intégrale après les besoins et rebelote pour la toilette des petites pattes avant le coucher. Elles passent la nuit, sur un matelas confortable à côté des maîtres.

 

 

Pendant le trajet, j’essaie de retenir mes larmes. Après quelques kilomètres, Ophélia aboie plusieurs fois d’une voix rauque et en même temps, une odeur suspecte commence à se propager dans la voiture. Nous pensons qu’elle fait des gaz dus au stress, mais rien n’est moins vrai… Heureusement que Dirk a eu la bonne idée de prévoir plusieurs alaises, en-dessous d’elle, et qu’elle n’a pas marché dans le paquet respectable qu’elle vient de déposer… Ce n’est qu’à l’occasion de notre premier arrêt, à une station-service pour prendre notre petit-déjeuner, que nous pouvons enfin nous débarrasser du paquet malodorant. Après un repas précipité pendant lequel j’ai presque endommagé mes dents en voulant prendre une bouchée d’un « tostada » fabriqué à partir d’un pain français rassi, quel contraste avec le croissant que j’ai l’habitude de prendre,  nous achetons également un donut pour Ophélia qu’elle consomme avec beaucoup de plaisir après son petit pipi. J’ai comme une intuition qu’elle pourra cocher ce vœu de sa liste de choses à faire…

Lorsque nous reprenons la route, elle reste à nouveau debout pour une dizaine de minutes, afin d’observer le monde autour d’elle, un monde qu’elle ne connaissait guère en vivant dans son potager. Lorsqu’elle est lasse de regarder autour d’elle, elle se couche en soupirant afin de pouvoir réfléchir à toutes ses nouvelles impressions. Je me demande bien ce qui doit se passer dans cette petite tête. Une chose est sûre, en cette semaine qu’elle vient de passer chez nous, elle s’est attachée à nous et vice versa et tout comme nous, elle est secouée du fait de devoir laisser derrière elle Casa Belgica qu’elle considérait déjà comme son nouveau foyer. « Merde, merde » dis-je à Dirk « Je le supporte de plus en plus mal. Je sais bien qu’elle sera très bien chez Jacky et Alain mais je me sens coupable ». J’ai une boule dans la gorge dont j’essaie de me débarrasser. Cela me fait du bien d’entendre les paroles rassurantes de Dirk qui me répète qu’elle sera très heureuse avec eux mais cela ne change rien au fait que j’ai le sentiment que je la trahis. En ce court lapse de temps, elle a conquis mon cœur tout entier…

 

Pour une fois, nous arrivons en premiers à Honrubia. Lorsque Dirk contacte Alain, celui-ci dit qu’à cause du trafic du vendredi, ils en ont encore pour une demi-heure. Après avoir sorti Ophélia, nous nous installons sur la terrasse. Une vingtaine de minutes plus tard, ils arrivent au parking gigantesque. Comme d’habitude, ils doivent d’abord, sortir «  les filles » avant de venir nous rejoindre sur la terrasse. Nous n’avons pas beaucoup de temps car nous avons tous encore  beaucoup de kilomètres à faire. Donc, après une tasse de café, nous allons,  Jacky et d’Alain font la connaissance de notre chère « Hortelana, la prisonnière du potager » qui, dorénavant, porte fièrement le nom d’Ophelia. Nous sommes témoins de beaucoup d’effusions. Jacky et Alain sont tellement choqués de voir Ophélia car croyez-moi, entendre une histoire c’est une chose mais être confronté avec la réalité, en est une autre. Ils sont fort émus, tous les deux, en regardant la petite femelle mutilée et vidée et je les accompagne courageusement en laissant libre cours à mes larmes. Avant de la charger à bord, Alain dit d’un air décidé « nous la retaperons entièrement »… J’en suis convaincue.

     

Après ce voyage, nous nous sommes, à nouveau, tapés 420 kilomètres dans une chaleur torride car l’air conditionné de notre vieille Jeep  (elle a 18 ans), nous a laissés en plan et a commencé à souffler de l’air chaud au lieu de nous rafraîchir. A Casa Belgica, règne le silence. Après le départ d’Ophélia, il ne nous reste plus que 2 invités supplémentaires, en plus de nos dix chiens. Il s’agit de deux parias, Soraya, la petite femelle au collier incarné et Bonito le « bleu coquillé » ou le mâle gris souris qui dépérissait chez un galguéro et qui nous est arrivé de Badajoz, une semaine avant notre retour. Entre-temps, il a été adopté par Martine et Dirk Buffalo… Lorsque nous rendons visite aux chiots, ils sont tous les deux en train de dormir sur le « trône » de Kika. En effet… l’héritage de Kika m’est pourtant sacré… Quoi que, la persuasion de Dirk aidant, j’ai mis le canapé de Kika à la disposition d’Eustache et d’Eulalie qui ont également été adoptés tous les deux. Eustache  par notre collaboratrice Annie Duquesne et Eulalie par une adoptante qui possède une ferme bio et qui a déjà 4 galgos de GINB.

 

Lorsque je les vois profiter de la vie, couchés sur leur divan, sous le ventilateur, je ne regrette aucunement de leur avoir permis de se trémousser sur le « trône » de Kika. Ce que Kika en pense depuis le paradis c’est une autre question car elle n’a jamais aimé partager quoi que ce soit de sa vie… Peut-être que le fait d’être un ange, à présent, aura beaucoup changé… Lorsque nous regagnons la cuisine, nos douze garnements ont également leur coup de pompe. Dehors, la chaleur et les mouches sont insupportables. Après avoir démoli cinq tue-mouches et après avoir proféré, jour et nuit,  mes frustrations et mon mécontentement, Dirk s’est décidé à commander deux appareils électriques à lumière ultra violette par laquelle les mouches sont attirées irrésistiblement pour être électrocutées, ensuite. Ce sont des appareils employés dans les cuisines professionnelles et par les paysans dans leurs étables. On ne peut pas appeler cela une belle pièce d’intérieur mais l’efficacité en est bel et bien prouvée !!! Le seul inconvénient est que les chiens sont effrayés par chaque électrocution. Si j’avais à choisir entre être effrayée de temps en temps ou vivre sous la terreur des mouches, je saurais bien quoi choisir. Les chiens auront très vite compris, eux aussi…

 

 

Pendant que nous avons nos occupations ici, on s’occupe en Belgique  d’adopter et  d’abandonner, sans relâche. Les responsables de région et Rosa Canina, savent quoi faire… Un chien doit retourner d’où il est venu parce que l’adoptant a commandé un chaton de race… Deux femelles doivent retourner parce que les frais sont trop élevés… Une autre est larguée après à peine deux semaines d’adoption car elle ne s’est pas retenue en étant, pour la première fois, seule dans la maison. Elle a également sauté sur l’îlot de cuisine et elle a abîmé les rideaux etc… Le maître trouvait qu’il avait payé sa maison bien trop chère pour tolérer une telle conduite. Il était d’avis que cela devait s’arrêter et qu’il en avait assez de nettoyer les saletés etc… etc… Manque de patience, comme on dit. Sans parler du manque d’amour et de compréhension pour ces pauvres animaux…

 

Serait-il profitable s’ils voyaient l’état dans lequel  ces chiens arrivent chez nous, la manière dont ils ont été terrorisés et maltraités ??? Serait-il profitable que ceux qui, en voyant les photos d’adoption,  se plaignent au sujet d’une petite blessure supposée ou une oreille qui est de travers, voient les chiens du tout début ??? Serait-il profitable s’ils voyaient les squelettes émaciés dont nous nous demandons comment les approcher et les traiter ??? Serait-il profitable s’ils voyaient les blessures, de parfois 20 cm de diamètre, qui grouillent d’asticots et qu’ils puissent sentir l’odeur que ces plaies libèrent ??? Serait-il profitable s’ils voyaient les pattes à fractures ouvertes ??? Serait-il profitable s’ils voyaient la souffrance, le chagrin, la misère âpre ??? Serait-il profitable s’ils apprenaient  la provenance des chiens, tout ce qu’ils ont dû vaincre, combien de courage ils ont eu, quel  a été leur combat pour survivre ??? Je ne sais pas si cela serait profitable et cela me fait mal. Non seulement à moi mais également à mes collaborateurs car ces animaux nobles qui ont été tellement éprouvés et exploités méritent le meilleur qu’un humain puisse leur donner. Hélas, il y a toujours des individus qui ont un autre point de vue…       

 
 
 
 
 
 
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