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Espagne Mise A Jour Dec 2021 - lun06Dec

Placé le
14 Décembre 2021

 

 

Lundi 6 décembre 2021,  la Saint Nicolas…

Avant de me remettre à écrire le compte rendu des événements passés, je voudrais vous remercier tous, du fond du cœur pour tous les vœux de prompt rétablissement que j’ai reçus par le biais du FB de GINB. Ils m’ont fait le plus grand bien.

Comme mentionné à la fin de mon dernier update, cela aurait été trop beau de pouvoir retourner en Espagne après mon opération et toutes les épreuves vécues, en jet privé. Les choses se sont passées différemment, de façon plus réaliste donc… Le dimanche 7 novembre, Dirk et moi sommes partis, après un adieu pénible aux chiens, avec le premier vol d’Iberia pour la Belgique. Lundi, j’avais rendez-vous avec le dentiste, mardi, avec le coiffeur (« autant mourir bien coiffée » avais-je dit à Dirk qui trouvait ma remarque d’un très mauvais goût) et mercredi, le jour avant de mon admission, je devais me rendre chez le cardiologue qui se trouvait dans un nouveau département de Maria Middelares à Aalter. A ma grande frustration, nous avions une attente supplémentaire car le docteur avait eu une petite « urgence »… Du fait qu’on m’attendait à la clinique à 19h00, je commençais à m’énerver. Durant une période prolongée, j’avais essayé de reporter l’opération mais une fois ma décision prise, je voulais qu’à présent tout se passe le plus vite possible… A 17h00, le cardiologue en avait fini avec moi et à 19h30, je me trouvais dans ma chambre d’hôpital qui serait la mienne pour les prochains jours. Je pris congé de Dirk qui me contacterait encore pour voir si la ligne téléphonique  était en état de marche… 

Après son départ, l’infirmière de service contrôla encore une fois mon nom et ma date de naissance, me donna un somnifère et me dit que je partirais le lendemain matin à 8h00 pour le bloc opératoire. Après m’avoir souhaité le meilleur, elle me quitta et je décidai de me déshabiller. J’étais à moitié déshabillée, lorsque je me trouvais tout à coup nez à nez avec le neurochirurgien qui était rentré silencieusement et qui prononça tout à coup mon nom. Il ignorait totalement ma gêne, me demanda si j’étais prête pour l’intervention et m’assura qu’il ferait de son mieux et qu’il allait se servir le plus possible d’os provenant de la banque des os. Qu’il emploierait des vis nouvelles et plus grandes etc… et finit par dire que je devais bien me réaliser qu’il s’agissait là, de l’opération de la dernière chance. Me voilà partie pour une nuit agitée, alternée par des périodes de somnolences et de réveils, d’inquiétudes et de tourner et retourner dans un lit beaucoup trop étroit. Je ne m’inquiétais pas pour moi car cela ne valait pas l’énergie mais je m’inquiétais surtout pour la saison de chasse en Espagne et le surplus de galgos qui arriveraient à Las Nieves et nos chiens qui devaient vivre sans nous etc…etc… A 6h00, je fis un brin de causette avec l’infirmière de nuit qui me connaissait encore d’admissions antérieures et à 7h00, je fis ma toilette. Me voilà prête pour ce qui m’attendait mais j’étais tellement fatiguée que je me suis rendormie. 

 

A peine une demi-heure plus tard, on vint me chercher, couchée dans mon lit, pour me conduire à la salle préopératoire où j’étais la première à scruter les cimes des arbres sur les pavés lumineux du plafond. Le  patient suivant,  était un homme âgé qui disait souffrir d’un cancer de la prostate, le deuxième attendait pour un pontage et le troisième était un Néerlandais qui était là pour un examen général. Quoi qu’il en soit, je n’avais pas envie de commencer à déballer mes soucis de santé et je ne pouvais quand même pas commencer à parler de la problématique des galgos. Cela aurait été très inapproprié, pensais-je pendant que mes yeux se fermaient. Les trois messieurs étaient déjà partis lorsqu’on est venu me chercher et à ma grande surprise je pus rester dans mon lit en entrant dans la salle d’op. On plaça mon lit à côté de la table d’opération qui était bien un demi mètre plus élevée. Lorsque j’ai demandé à la jeune infirmière si on attendait de moi que je monte sur la table par mes propres moyens, elle m’a répondu que c’était mauvais pour mon dos et qu’ils allaient me coucher sur la table lorsque je serais endormie… Entre-temps, l’anesthésiste était en train de taper sur mes mains et mes bras afin de trouver des artères. Pour la énième fois, j’ai mentionné que j’avais, selon les médecins, des artères beaucoup trop fines et qu’il était donc fort difficile de placer une perfusion. Pour une fois, le docteur m’a répondu qu’il avait remarqué et qu’il allait essayer de me piquer à un endroit très douloureux du poignet car pour le restant, les artères ne valaient pas grand-chose. 

Pendant que Billie Eilish chantait à la radio « no time to die »,  le docteur m’attrapa fermement le poignet et après quelque examen, il entra une aiguille très fine et aiguisée dans mon artère molestée. Quelques secondes plus tard, il dit triomphalement « Voilà, elle est à l’intérieur » !!! Avant que l’infirmière me mette le « masque à oxygène », j’ai remercié le docteur et je lui ai avoué que j’étais amoureuse de lui…L’infirmière répliqua « Vous entendez ça docteur, elle est amoureuse de vous » !!! En respirant bien fort le gaz, Billie Eilish continuait de chanter « no time to die » et c’est avec toutes mes facultés que je me suis endormie en entendant au loin des galgos me crier qu’ils m’attendaient. J’ai regardé une dernière fois l’infirmière qui avait la moitié de mon poids et qui allait devoir me hisser sur la table d’op. J’espérais qu’elle aurait de l’aide et je fermai les yeux… Des heures plus tard, je me suis réveillée aux soins intensifs avec un bras gauche de toutes les couleurs, avec l’articulation temporo-mandibulaire endolorie et un dos dont on aurait dit qu’il venait de passer sous le rouleau compresseur… Quoi qu’il en soit, malgré mes doutes de survie, j’étais réveillée et de retour parmi les vivants. Lorsque j’essayais de parler, une des infirmières qui passait me demandait si j’avais mal au cœur car sinon j’avais droit à une sucette de glace !!!  Maintes fois, je suis déjà passée par les soins intensifs mais c’était bien la première fois qu’on me présentait une sucette de glace… Je pensais rêver, mais non, j’en avais bel et bien reçu une !!! En voulant ouvrir ma bouche, ma mâchoire se bloqua et je pouvais à peine entrer la sucette dans la bouche… Dans ma tête encore embrumée, je me voyais tomber de la table d’op pendant que l’infirmière, l’anesthésiste et le chirurgien observaient effrayé la scène. En fin d’après-midi, je pouvais retourner dans ma chambre et le calvaire pouvait commencer… Chaque heure écoulée, je devais faire pipi et demander après le bassin. S’il y a bien une chose que je déteste c’est ça et  être lavée  au lit… La toilette serait pour demain, racontais-je à Dirk avec la langue engourdie, lorsqu’il vint me rendre visite.

Après une nuit blanche et en sueur pendant laquelle ma tension s’éleva à 17,8, l’infirmière vint chaque heure pour me demander si j’avais mal et pendant chaque contrôle, elle me grattait les jambes me tirait les orteils pour s’assurer que j’avais encore une sensation. A 7h30, le chirurgien se pointa pour me demander comment je me sentais et pour dire qu’il serait en congé jusqu’au lundi matin et que je serais suivie par son collaborateur que je connaissais très bien. Je me demandais pourquoi il partait en vacances ??? J’avais oublié qu’on était le 11 novembre mais je voyais directement  l’opportunité que pouvait m’apporter son absence au sujet d’un séjour écourté à la clinique… Après le passage de mon médecin, venait « l’équipe de la toilette » qui découvrit que je me trouvais dans une flaque de sang. Apparemment ma blessure continuait de saigner abondamment et cela était probablement la raison de ma tension élevée. Difficile à comprendre mais enfin. Après avoir consulté l’infirmière en chef, on expulsa le plus possible le sang de ma blessure en pressant fortement dessus. Ce fut une expérience très douloureuse et désagréable qui me procura un malaise et des nausées. Quoi qu’il en soit, lorsqu’ils sortirent de ma chambre, j’étais fraichement lavée et repassée et je me trouvais dans un lit propre qui m’était interdit de quitter aussi longtemps que ma tension ne serait pas revenue à la normale... J’espérais que cela ne durerait pas trop longtemps car j’avais décidé de sortir de ce lit, le plus vite possible. Au cours de l’après-midi, j’ai réussi à piéger une jeune stagiaire pour qu’elle m’aide à sortir du lit et pour qu’elle m’accompagne jusqu’à la salle de bain… Enfin !!!   

 

Comme vous le savez tous, Les journées et les nuits à la clinique sont interminables car ils ne connaissent pas de fin. Les nuits étaient pénibles et les journées l’étaient encore plus mais je me traînait déjà hors du lit et je n’avais plus besoin d’aide. Le fait de ne plus avoir à déranger le personnel soignant me rendait déjà très heureuse. Les sermons des kinés et du médecin qui me demandaient expressément d’être prudente et de me tenir tranquille, n’étaient qu’un tout petit inconvénient. Dirk me rendait tous les jours visite et atténuait la durée de la rédemption ou plutôt de la délivrance, à l’aide de petites vidéos des chiens que Vali lui envoyait… Quoi qu’il en soit, le weekend suivant,  Dirk devait se rendre  à Glabbeek  pour la journée « Respect the Galgo » et j’en profitai pour dire au médecin que je voulais rentrer à la maison, le lundi et… il consentit… Avec une telle perspective et grâce aux vidéos des collaborateurs et des visiteurs que Dirk m’envoya avec son GSM, le weekend fut supportable. Le lundi, mon chirurgien était de retour et vint me rendre visite à 7h30 et en grande tenue. Il me demanda si j’allais effectivement pouvoir retourner à la maison. Vous vous imaginez bien qu’à cette question j’ai répondu positivement et avec conviction. Je devais rester jusqu’au courant de l’après-midi à cause de toutes les formalités. Avant de se rendre au bloc opératoire, il me rappela encore une fois, tout ce qu’il avait fait pendant l’intervention et me demanda de rester raisonnable et prudente… Le rendez-vous pour passer un contrôle me serait communiqué par mail. Il demanda également si j’étais prête à revenir d’Espagne pour son auscultation… évidemment que je l’étais.

 

  

   

Un peu avant l’arrivée de Dirk, je reçus la visite d’une assistante qui me disait qu’elle connaissait mon vécu médical par mes admissions précédentes et qu’on lui avait demandé de venir m’expliquer ce qu’on attendait de moi. Pas beaucoup en fait. Je ne pouvais absolument rien faire, disait-elle en ignorant ma petite blague et continua en disant «pas d’exercices, défense de soulever quoi que ce soit, interdiction de vous pencher etc…etc… Rien du tout donc. « Vous pouvez uniquement vous déplacer de votre lit à votre fauteuil et vice versa » disait-elle sans broncher et ajouta encore « car votre dos doit guérir et cela ne pourra se faire que de cette façon et je vous conseillerais de bien suivre nos conseils cette fois et de songer à l’avenir ». Voilà, elle en avait fini avec moi et pendant qu’elle sortit de la chambre, j’étais tellement impressionnée que, cette fois-ci,  je me suis faite la promesse d’écouter mon corps. Lorsque Dirk vint me chercher, une heure plus tard, j’étais toujours sous le coup du sermon et avant que je pouvais terminer mon compte rendu, il me dit « et cette fois-ci, tu écouteras. Ton fauteuil t’attend déjà »… lorsque je lui ai demandé  « comment on fera pour cuisiner. » il répondit  « c’est moi qui m’en chargerai »…Et il en a été ainsi… Je lui ai appris à faire du potage et pour le reste nous avons mangé des repas prêts à l’emploi qu’il « préparait » et qu’il nous servait. Quant à moi, je restais couchée dans mon fauteuil et de là je me rendais au lit. Cela n’aurait pas été possible autrement car tout à coup, je n’avais plus les tonnes d’antalgiques qu’on m’administrait à l’hôpital. Je devais supporter la douleur ce qui n’était pas toujours aussi évident… Et puis il y avait aussi mon articulation temporo-mandibulaire et mon bras multicolore qui m’agaçaient outre mesure, soupir…

   

Quoi qu’il en soit, 13 jours après mon opération, le samedi 23 novembre à 18h00, un service de navette vint nous chercher afin de nous conduire à l’aéroport et c’est ainsi que je suis partie emmaillottée dans mon corset de soutien, comme une momie en direction de l’hôtel de l’aéroport afin d’y passer la nuit. Selon Dirk  c’était un moyen de répartir les efforts car ainsi nous avions quand même déjà effectué une partie du trajet… Le lendemain, on vint me chercher à l’hôtel en chaise roulante et une heure plus tard, des hôtesses d’Iberia m’accompagnèrent jusque dans l’appareil. Pendant le vol, mon dos se mettait à rouspéter mais j’essayais d’ignorer les élancements et je me concentrais sur mes retrouvailles avec les chiens et sur le fait que je serais présente pour Anne et Fred qui arriveraient le lendemain afin de stériliser et de détartrer autant de femelles que possible. Pour le reste, je ne devais pas m’inquiéter au sujet de ma santé puisque Fred est quand même un médecin. En ce qui concernait les repas, je ne devais pas me tracasser non plus puisque Dirk s’occuperait de la cuisine… Il était spécialiste dans la préparation des petits-déjeuners et les menus des soupers étaient également planifiés. Le premier jour on aurait des spaghettis accompagnés d’une sauce sortant d’un bocal et sans viande, le deuxième jour, on servirait des frites avec du poulet cuit et emballé sous vide et le troisième jour ce serait le tour aux pizzas. En ce qui concernait le lunch, à midi, du potage frais et pour Anne des tonnes de salade, de tomates et des peppinos  et pour Fred des charcuteries bien grasses et des baguettes avec des tonnes de beurre. Ensuite, il y aura du café et du chocolat pour rehausser l’énergie et pour finir quelques cigarettes pour Fred.

Après l’atterrissage à Madrid, je tenais à peine sur mes jambes mais l’équipage a réuni ses forces afin de me délivrer de mon siège. Ensuite, je devais monter dans un bus équipé d’un  monte-charge spécial et que le pilote avait spécialement demandé. Je hais tout cela mais il n’y avait pas d’autre solution. Après les contrôles Covid, nous étions tous les deux soulagés de pouvoir monter dans un taxi dont le chauffeur était très attentionné et en outre il était originaire de Casarrubios… Très vite, il demanda pourquoi nous habitions là et malgré la douleur et l’inconfort, je l’ai immédiatement interpellé au sujet du comment et du pourquoi de GINB.  Il m’a répondu qu’il aimait les chiens et qu’il en avait lui-même et il a admis que Casarrubios, Calypo et les environs sont infestés de galguéros. Après que notre conversation ait pris fin,  j’ai demandé à Dirk « est-ce que nous venons de la maison ou est-ce que nous rentrons à la maison ? » il m’a répondu « notre foyer est là où se trouvent nos chiens ». J’en avais les larmes aux yeux, cette phrase exprimait tout à fait mes pensées. Sur l’Avenida de Madrid, j’avais la  permission de me pendre au cou du chauffeur afin de pouvoir sortir de la voiture. Entre-temps, Dirk s’occupait des bagages pendant que les chiens, qui avaient entendu la commotion, étaient fous de joie. Couvrir la distance du portail à la grille, relevait du miracle sans parler de la distance une fois passé la grille… Malgré toutes les tentatives de Dirk et de Vali, ils ne voulaient pas se calmer. Ils braillaient pour tout le quartier et sautillaient à ne plus finir. Quoi qu’il en soit, malgré le fait que Dirk devait me sauver par deux fois de leur enthousiasme et d’une attaque dans le dos de la part de Léopold, j’ai quand même fini par arriver dans le living. J’ai immédiatement ôté mon corset et je me suis affalée comme un pudding. Mais j’étais heureuse, j’avais atteint mon but… Pendant que je me suis réfugiée dans le fauteuil, Dirk est parti avec une longue liste d’emplettes pour les jours à venir…

 

Le jeudi 25 novembre et environ 24 heures après notre arrivée à Casa Belgica, Dirk est allé chercher Anne et Fred à l’aéroport. Nous ne nous étions plus revus depuis notre petite soirée chez Anne et Carole qui nous avaient invités en compagnie de Marianne, de Philippe, de Fred et de Laurent et cela faisait environ deux ans. Ce furent des retrouvailles chaleureuses et pendant le lunch, nous avons inévitablement parlé du décès de Philippe et du chagrin de Marianne. Tout le monde est devenu silencieux et comme d’habitude j’étais la seule à ne pouvoir contenir mes larmes. A 14h00, nous étions encore en train de déguster le café lorsque Marie-Carmen amena déjà les 10 premières femelles. Anne et Fred pouvaient donc commencer à leur marathon dans une clinique entièrement renouvelée. Ils ont continué à travailler pendant toute l’après-midi et pendant que je devais, à ma grande frustration, rester couchée dans mon fauteuil, Dirk se rendait à la clinique afin de faire des photos et des vidéos. Lorsqu’ils remontèrent, cinq heures plus tard, les 10 premières femelles avaient été stérilisées et dans la foulée elles  avaient également été détartrées, elles avaient subi un contrôle des oreilles et une session complète de manicure et pédicure. Pendant que les dames récupéraient couchées sous les lampes, nous avons entamé notre apéritif suivi par mes spaghettis nouvelle version mais pas moins appréciés (une bonne sauce provenant d’un bocal…)… Après des conversations animées et après avoir rattrapé le temps perdu, Ann et Fred allèrent contrôler, une dernière fois, leurs patients et décidèrent d’aller se coucher car ce sont des lève-tôt… Les 10 premières femelles étaient réellement stérilisées et j’en étais très heureuse… 

 

 

C’étaient les 10 premières d’une longue liste car le lendemain ils en firent 22 et malgré la pluie et fort contre le goût de Dirk, je tenais absolument à aller voir les chiens. Equipée de mon corset et le restant du costume, j’avais l’air d’un tonneau monté sur une «  construction » instable et j’ai mis environ 10 minutes à couvrir les 30 mètres qui séparent la clinique de la maison. A la main de Dirk, il m’était possible de conquérir le monde… J’étais bien déterminée à visiter l’équipe médicale et « mes » protégés… Cette nuit-là, 42 lévriers y compris nos chiens, passaient la nuit à Casa Belgica… Le lendemain, Anne et Fred traitèrent à nouveau 22 femelles parmi lesquelles plusieurs avaient une matrice pourrie  et une d’entre elles a même fait une hémorragie. Il avait cessé de pleuvoir et après cette nouvelle, je voulais donc retourner à la clinique. Dirk ne prenait même plus la peine de m’en dissuader. Pendant que je descendais à la main de mon époux, des coups de fusil retentissaient dans les champs. Pendant que dans notre clinique on se battait pour sauver des vies, on s’exerçait, un peu plus loin, à tuer et à torturer… Durant l’après-midi  tout le monde regrettait et se sentait coupable de devoir renvoyer les dix premières dames à Las Nieves et en quarantaine. Malgré cela, 54 lévriers passaient la nuit sous notre toit.

 

Le dimanche 28 novembre, était la dernière journée pour Anne et Fred. Ils se levèrent à 6h30 et opérèrent les 10 dernières femelles. Au total, Anne avait stérilisé 64 dames qui avaient reçu en prime une dentition resplendissante, un tatouage et un traitement de beauté. Lorsqu’ils s’en allèrent après le lunch pour l’aéroport en compagnie de Dirk, on chassait toujours dans les champs et les chasseurs s’en donnèrent encore toujours à cœur joie. Heureusement que les 54 animaux qui résidaient dans notre clinique et dans nos annexes, étaient en sécurité à tout jamais. Tard dans la soirée, Anne nous appela pour dire qu’ils étaient arrivés, sains et saufs,  en terre natale et que l’avion était plein de chasseur qui avaient passé leur weekend en chassant en Espagne et qui regardaient pleins de fierté leurs photos. Voilà un fait qui l’amena à avoir de mauvaises pensées, de très mauvaises pensées…

 

Après le départ d’Anne et de Fred, les chiens ont regagné tout doucement le refuge. A la fin de la semaine passée, 12 femelles nous ont quittés et en ce moment, il y en a encore 7 qui feront le voyage vers la Belgique. La semaine prochaine, Dirk B. viendra nous rejoindre comme copilote. Normalement, Katrien l’aurait accompagné afin de m’escorter vers la Belgique mais la date de ma visite de contrôle a été remise au 17 janvier. Je resterai donc en Espagne  et je ne reviendrai qu’au mois de janvier et ainsi je pourrai combiner le nouveau rendez-vous avec la promenade de Saint Pierre. En supposant, bien sûr, qu’elle pourra avoir lieu. Je l’espère de tout cœur car nous avons tous beaucoup à fêter. Quoi qu’il en soit, après la journée d’adoption, Dirk reviendra déjà le dimanche en compagnie de Luc d’Artagnan car il n’a aucune confiance en moi…       

Mireille