Panier

Votre panier est vide.

Espagne Mise a Jour Aout 2021 - Mar19Auot

Placé le
26 Août 2021

 

 

Mardi 19 août 2021.

J’ai eu besoin d’une semaine, avant de pouvoir écrire mon update concernant la visite de Marianne et de Kris. Je pensais pourtant avoir trouvé une certaine force dans le fait que Kelly et Yolanda, les deux dames qui étaient venues garder les chiens, étaient bien rentrées après leur visite à Casa Belgica. Deux jours plus tard, Kelly avait même déjà écrit son compte rendu concernant son passage chez nous. En plus, il y avait eu le trajet vers Castets et les retrouvailles avec Roel et Buffalo en sachant qu’ils étaient bien arrivés avec leur « précieux » chargement. Entre-temps, la journée d’adoption, fortement réduite, de Roel et de sa petite équipe, s’était très bien passée. Les 4 chiots blancs et les 4 « grands », furent sans problèmes présentés à leur nouvelle famille. Tout cela aurait dû suffire à me donner du courage en vue de la visite de Marianne. J’étais encore toujours inquiète au sujet des retrouvailles avec notre véto. Jeudi passé, le jour de leur arrivée, j’étais très nerveuse et émotionnelle. Après le décès de Philippe, j’avais agrandi la photo prise de lui  dans notre clinique. Ensuite, je l’avais encadrée et pendue au mur  de la salle d’opération. Dirk ne trouvait pas cela une bonne idée mais je voulais, à tout prix, faire mon goût. Je le voulais en hommage à Philippe et à la fois qu’il était venu aider Marianne et qu’elle avait épuisé le pauvre homme. Un souvenir à chérir. Quoi qu’il en soit, il trouvait que je devais, au moins, l’avertir avant son arrivée à la clinique…

 

Comme d’habitude, mon époux suivait minutieusement leur vol et constatait que leur avion atterrirait à temps. Il partit donc en me laissant seule avec mes ruminations et les préparations du lunch. Une heure plus tard, il me faisait savoir que les deux dames étaient à bord et qu’ils seraient à la maison en une petite demi-heure. Cela ne me rassurait pas beaucoup car j’ appréhendais de revoir Marianne. J’avais peur de ne pas pouvoir retenir mes larmes car je suis une vraie fontaine de larmes. J’ai beau me dire « tu ne peux pas pleurer » que déjà mes yeux se remplissent de larmes. Je n’ai aucune emprise sur le phénomène. Au grand mécontentement de Dirk, je pleure partout et pour tout ce qui me touche et m’émeut. Il trouve cela très gênant. « Les gens vont penser que nous nous disputons et que je suis la cause de ton chagrin » me dit-il alors. Ah les hommes ! Tout cela parce que lui ne pleure jamais ou qu’il ne montre jamais ses émotions… Après leur arrivée, les dames reçurent comme d’habitude, un accueil enthousiaste de la part des chiens et je remarquai immédiatement que Marianne avait fort maigri. Après s’être faufilées à travers les chiens et que nous pouvions, après un an et demi, nous serrer dans les bras, je voyais bien qu’elle n’était plus que l’ombre de soi-même… Heureusement que ce n’était pas le cas pour Kris.Elle était encore bien costaude et elle me serra tellement fort que je me cassais  presque en deux…

 

Avant de passer à table, je leur ai montré leur nouvelle chambre à coucher qui se trouve sur le côté gauche, à présent. Par la force des choses, nous résidions bien plus en Espagne qu’en Belgique et entre-temps, nous avons été obligés d’aquérir la maison, c’est pourquoi nous avons interchangé les chambres. Nous avons pris la grande chambre sur le devant et, à présent,  nos hôtes résident dans notre chambre précédente. Quoi qu’il en soit, la nouvelle chambre plaisait bien et fut approuvée à l’unanimité. Nous sommes alors passés à table et nous avons parlé du Corona, des vaccinations, des chiens et des changements à la clinique et aux annexes. Comme d’habitude,  notre conversation fut interrompue par Marie-Carmen qui amena les dix premiers chiens et qui ensuite, présenta ses condoléances à Marianne. Nous fûmes, de nouveau, confrontés à la lourde réalité. Une fois que Marie-Carmen était repartie, les dames se sont apprêtées pour tout le travail qui les attendait. Dirk m’a rappelé que je devais encore mettre Marianne au courant au sujet de la photo. Terrifiée, je me suis rendue à la chambre et j’ai demandé à lui parler. Pendant que les larmes coulaient de mes joues, j’ai uniquement pu dire « après la mort de Philippe » et ensuite, elle m’est tombée dans les bras en pleurant et pour un court instant, elle laissa libre court à cet immense chagrin. A travers mes larmes, je lui ai assuré que j’enlèverais la photo si jamais elle lui ferait trop de peine sinon, Philippe y aurait sa place pour toujours. 

 

 

Que puis-je vous raconter de plus, si ce n’est que Marianne a fait l’immense sacrifice de venir en Espagne malgré sa grande peine afin de venir stériliser les femelles qui l’attendaient depuis tellement longtemps, qu’elle est venue en compagnie de Kris qui,comme d’habitude, s’est occupée des dents et de la prémédication, qu’elles ont fait tout cela au milieu d’une canicule de plus de 41 degrés à l’ombre et un manque d’oxygène dans l’air, que Marianne avait beaucoup de chagrin parce qu’elle écoutait des chansons françaises mélancoliques qu’elle avait l’habitude d’écouter en compagnie de Philippe et qu’elle pleurait beaucoup et qu’elle était parfois absente et absorbée par ses pensées. Parfois, nous avions l’impression de revoir la Marianne d’antan qui pendant les repas taquinait tout le monde et dont résonnait le rire à travers la maison. Nous voulions tous qu’elle se sente bien et nous faisions de notre mieux  afin de la soutenir. Kris était un des piliers dans ce processus car elle passait le plus clair de son temps avec elle et en plus,  les dames partagent quelque chose de précieux. Kris est sa collègue, son amie qui ressent ses besoins et qui la soutient avec un sourire et une larme, car elles ont beaucoup pleuré mais elles ont également beaucoup ri. Pour moi, ce fut un grand réconfort de pouvoir laisser Marianne aux soins de Kris sans que je ne doive m’inquiéter.

 

Voilà une période que nous n’oublierons pas de si tôt, une période qui vous colle à la peau. Une période de dur labeur,  de deuil et d’amour respectif pour tout le monde. Une période pendant laquelle 50 femelles furent stérilisées et pendant laquelle Marianne a eu tellement de chagrin, un certain après-midi, qu’elle n’a pu stérilisé « que » cinq femelles, ce qui était un drame à ses yeux. Un drame qui a été attenué lorsque  nous sommes tous aller « nager » un soir après le souper. C’est alors qu’elle a pu convaincre Léopold par deux fois,  de rentrer dans l’eau avec elle… Ce fut un moment magique qui nous étonna tous les trois. Un moment unique et émouvant pendant lequel, en compagnie de Léopold et sous le ciel étoilé de Calypo, elle a oublié, pendant un court moment, sa misère, un moment pendant lequel Philippe nous a observé d’un œil approbateur, d’entre les innombrables étoiles. J’en étais certaine. Je le sentais et Léopold sentait aussi l’importance du moment, de là son hardiesse…

 

Comme convenu, les dames sont parties dimanche passé et après la photo obligatoire, je restais seule avec 18 femelles qui restaient encore deux jours avant de retourner au refuge. Parmi elles trois femelles pour Marianne qui resteront à Casa Belgica jusqu’à leur départ pour la Belgique… une vieille femelle boîtante qui a fait office de machine à reproduction, durant toute sa vie, une dont le nez a été coupé et une blanche qui a souffert d’une hémorragie…Je suis sûre que Philippe pensera « comme d’habitude »…

 

Après que Marianne et Kris aient pris le chemin du retour et malgré qu’on était dimanche, j’ai envoyé un mail au docteur De Frutos afin de prendre rendez-vous pour Fausto ainsi que pour Nerva, une des stérilisées dont le pelage noir avait un aspect grisâtre à cause des nombreuses pellicules et qui montrait diverses zones chauves sur le dos. Il valait mieux prendre nos précautions… Avant même que Dirk ne soit de retour de l’aéroport, j’avais déjà une réponse du véto disant que j’étais attendue mercredi, au cabinet avec les deux chiens. Fausto passerait un scan pour son épaule et Nerva passerait des tests plus approfondis. Mercredi, nous sommes donc partis avec les deux chiens, en direction de Talavera. Là, il s’est avéré que la croissance d’une partie de l’épaule de Fausto, Toto pour les intimes,  s’était arrêtée à cause d’un impact de plus sérieux. Le docteur m’a montré les radios et la différence entre sa bonne et sa « mauvaise » épaule, était nettement visible même pour une profane comme moi. L’unique solution était des analgésiques et une opération afin de fixer l’épaule. Cela devrait se faire vers l’âge de 10 mois !!! Je pensais avoir mal entendu car Toto n’avait que 4 mois.Cela voulait dire qu’il devrait attendre au moins 5 mois. Et dire qu’il était quasiment adopté…

 

Pendant que nous attendions les résultats des analyses sanguines ainsi que des tests cutanés de Nerva, les clients ne cessaient d’arriver. Il y avait de plus en plus de monde et il devenait de plus en plus chaud dans la salle d’attente. Après deux heures, nous pouvions retourner à la maison avec d’assez bonnes nouvelles puisque les analyses de sang ne montraient aucune anomalie chez Nerva. Elle était seulement un peu anémique et elle souffrait de malnutrition etc… Nous pouvions aisément y remédier avec une bonne nourriture et trois bains par semaine. Ce qui voulait dire que Nerva resterait encore un bout de temps à Casa Belgica… Une fois arrivée à la maison, j’ai contacté le candidat à l’adoption pour Fausto et je lui ai expliqué ce que le véto avait dit concernant une opération possible lorsqu’il aurait 10 mois, en précisant bien que l’intervention serait entièrement financée par GINB. Après la conversation, il semblait que Fausto allait encore demeurer un certain temps chez nous. Nous avions encore un espoir car lorsque Marianne avait ausculté Toto, elle avait dit qu’elle nous enverrait un supplément (médicament), qui pouvait aider de jeunes chiens, dans le même cas et qui pourrait éviter une opération…

Qui sait, nous attendons donc avec impatience le colis…