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Espagne Mise a Jour Nov 2019 - Mer13Nov

Placé le
22 Novembre 2019

 

 

 

Mercredi 13 novembre 2019.

Après une semaine trépidante et une première édition de la nouvelle promenade d’Halloween à Betekom qui fut exténuante mais fort réussie, je ne parvenais pas, même malgré la fatigue ,à me calmer. Nous avions eu quelques rendez-vous dont certains avaient été reportés, nous avions dû faire des courses pour la promenade et le samedi la salle devait être préparée à cette occasion. Pendant mon sommeil agité, tous les détails passaient la revue tandis que Dirk était clairement mécontent. La journée qui avait été pleine de promesses et de succès avait été éclipsée par l’annonce du décès, le matin même,  de notre collaboratrice Françoise Stoops. Cette nouvelle m’a fort marquée car la semaine d’avant, elle avait encore reçu la visite d’une délégation de GINB. La nouvelle occasionna un grand choc parmi les collaborateurs et certains adoptants.

 

 

Quoi qu’il en soit, j’essayais de changer mes idées en pensant à la belle décoration de la salle, aux nombreux participants, à la chance que nous avions eu d’avoir du beau temps, au fait que Françoise, du ciel,  nous avait probablement tenu à l’œil de manière bienveillante etc…etc… Puisque rien ne parvenait à m’endormir, j’essayais de me souvenir de la très jeune assistante de Louis qui l’avait accompagné à notre clinique, lors des détartrages des mâles et juste avant l’arrivée de Dirk Buffalo. Je ne réussissais plus à me l’imaginer, était-elle grande, petite, corpulente, svelte … Je ne savais plus mais chaque distraction était la bienvenue. Dirk fit plusieurs fois la remarque que dans quelques heures, il faudrait que je me lève mais malgré tous mes efforts, je continuais à m’inquiéter. A 4h00, après quelques rêves courts et agités, je me suis levée et grelotant de froid, j’ai commencé à appliquer mes couleurs de guerre.

 

Une heure plus tard, nous fermions la porte de « Casa De Pinte » derrière nous avec un chargement de nourriture, collecté par Yolanda et en compagnie de Léopold III, Tito et une Kika de mauvaise humeur. Dirk avait su me convaincre que puisque lundi était un jour férié, il y aurait moins de trafic et surtout moins de poids lourds. En nous approchant de l’autoroute, je devenais de plus en plus nerveuse mais je dois admettre qu’il faisait calme sur «le highway to hell ». Après notre petit déjeuner à l’aire St. Léger et en nous rapprochant de Paris, il y avait un peu plus de trafic et quelques camionneurs, venant des pays de l’est, se foutaient royalement du code de la route mais dans l’ensemble, c’était faisable. A 9h00, nous quittions la périphérie Parisienne et une demi-heure plus tard, nous regagnions le « direct » pour Bordeaux. Mon soulagement fut de bien courte durée car il commença à pleuvoir. Je vous parle ici de pluies diluviennes pendant des centaines de kilomètres… un peu avant Bordeaux, le pire était passé.

 

En montant sur le parking de l’hôtel, une demi-heure plus tard, des gouttes tombaient de nouveau. Il nous restait encore juste une demi-heure pour sortir les chiens sur le parking privé et pour les nourrir avant qu’il ne se remette à pleuvoir des cordes. Et c’est avec l’aide d’un parapluie de GINB que nous avons regagné l’hôtel avec nos bagages. A 19h00, lorsque nous nous sommes rendus à l’Hyppopotamus pour souper, il tombait toujours autant. Pendant toute la nuit, il ne s’est pas arrêté de pleuvoir. A la grande frustration de Dirk, je passais ma deuxième nuit blanche. Je m’inquiétais au sujet de « l’appel en urgence » de Marie-Carmen qui racontait que 50 galgos venaient de rentrer pendant le weekend dont un mâle avec la patte fracturée, 1 ou 2 chiots de 3 mois. Elle attendait la venue de 4 chiots de 6 mois. Il y avait également un petit mâle noir de 7 ans avec une fracture ancienne et une patte déformée ainsi qu’un chien à moitié aveugle… Il ne s’agissait donc pas de renseignements favorables à un repos salutaire. En outre, j’entendais le bruit croissant des moteurs des poids lourds qui regagnaient en toute vitesse la frontière espagnole… Je retenais mon souffle pour le lendemain.

Quelques heures plus tard, nous nous sommes joints, dans une pluie battante, à la double file qui roulait en direction de l’Espagne. Une heure plus tard, nous avons passé la frontière sans que nous nous soyons arrêtés à l’aire du Bidart… Dirk n’en croyait pas ses oreilles lorsque je lui ai dit que je ne tenais pas à m’arrêter. Il était impensable d’abandonner une tradition aussi ancienne !!! La seule raison pour laquelle je ne tenais pas à m’arrêter était parce que je craignais de devoir nous faufiler de nouveau entre les nombreux poids lourds qui dévalaient la pente vers la frontière. Voilà pourquoi j’ai passé, à regret, le Bidart… Il pleuvait également au Pays Basque. Il y pleut presque toujours… Lorsque nous avons regagné la province de Castilla Y Leon, le robinet s’est fermé tout à coup et la température s’est mise à monter. Encore 400 km et nous serions « à la maison ». Il me fallait encore tenir le coup pendant 5 heures avec comme unique interruption un sandwich au « Far-West », une station-service située au pied des montagnes où nous avons  l’habitude de nous arrêter afin de consommer, dans la camionnette, nos tartines pré-emballées et humides. Mais les temps avaient changé car depuis peu, il nous était possible de manger un sandwich « frais » dans la cafétéria. Un vrai luxe car Dirk, les arrêts et les cafétérias…

 

Après nous être faufilés entre les files sur la périphérie de Madrid nous sommes rentrés à 16h00 à « notre » Casa Belgica et nous fûmes accueillis par un concert de joie de la part de nos chiens ainsi que par les chiots  qui donnèrent un concert assourdissant au jardin. Calypo aura bien remarqué que les « Belges » étaient de retour..  Vali nous donna un récit des 10 jours écoulés, tout aussi assourdissant. Le calme était à peine revenu lorsque Marie-Carmen nous contacta pour demander si nous étions rentrés. Je me suis empressée de dire que nous venions tout juste d’arriver. Malgré cette information, elle demanda si elle pouvait apporter un chiot. Une petite femelle de 3 mois qui avait été trouvée dans les champs. Le soir, il s’est remis à pleuvoir et j’ai raconté à Marie-Carmen que nous devions nous rendre à Talavera. Le lendemain, elle viendrait à 8h00, afin de nous apporter 2 mâles noirs, l’un avec une patte fracturée et l’autre avec une patte déformée…

Voilà pourquoi, aujourd’hui, nous nous trouvons chez le docteur Frutos avec Nana que Marie-Carmen a été chercher à Talavera pendant notre absence et qui doit subir un contrôle aujourd’hui ainsi qu’avec les deux messieurs handicapés. Puisque le chien à la patte fracturée portait le collier de notre regretté Maurice, nous l’avons baptisé du même nom, lors de son inscription. Puisque le chien à la patte déformée  ne fait usage que de ses trois pattes, il a reçu le nom du grand-père de Dirk et se nommera désormais Triphon. Des radios sont prises de la patte de Maurice et le véto décide de l’opérer en cours d’après-midi. Triphon doit également passer sous les RX mais tout à coup nous entendons des cris douloureux venant de la salle d’op et un bruit de métal qui tombe. Il semblerait que le véto ait été mordu par un Rottweiler à moitié endormi et qu’il soit nécessaire qu’il se rende à la clinique. L’opération de Maurice est donc reportée à demain. Après le départ du docteur Frutos et dès que les radios de Triphon sont faites, nous repartons pour Calypo.

 

Pendant le trajet, je téléphone à Marie-Carmen afin de lui faire le récit moi-même. Ensuite, elle me raconte le calvaire de Triphon. Il y a des années de cela, Triphon a été largué avec sa patte déformée, par un galguéro. Il a fini par atterrir dans un petit refuge. Plusieurs mois plus tard, ce même galguéro l’a repris et l’a remis au travail. Après services rendus, il l’a largué une seconde fois et bien des semaines plus tard, une dame l’a trouve dans les champs. Puisque la dame en question connaît le galguéro (qui entre-temps a également apporté un galgo à Las Nieves), elle connaît également l’histoire de Triphon qui se trouve à Las Nieves depuis le mois de juillet et peut donc renseigner Marie-Carmen. Voilà une exception car généralement, nous ne connaissons pas les antécédents des galgos. La seule chose que nous savons avec certitude c’est qu’ils ont beaucoup souffert.

Pendant le trajet, je me mets à philosopher au sujet du fait que selon certains nous dépensons trop d’argent pour des opérations de pattes fracturées. Cela commence à se savoir car de plus en plus de chiens rentrent à Las Nieves souffrant de fractures. Quoi qu’il en soit malgré le fait que mon update ne reçoive pas beaucoup de commentaires, je voudrais demander aux lecteurs de faire une exception et de bien vouloir donner leur avis concernant les frais élevés des opérations des pattes fracturées. Devons-nous, comme certains le suggèrent, refuser les chiens, les euthanasier et penser à nos finances ou devons-nous, au contraire, les aider afin de recevoir une nouvelle vie heureuse et sans douleurs ? En ce qui me concerne je continuerai mon combat et cela malgré les critiques car je me dois de rester fidèle à ma propre prise de position. L’existence même de GINB consiste à aider les chiens sans réserve qu’ils aient ou non, 2 ou 3 pattes fracturées qui absorbent une grande partie de notre budget. Qu’en pensez-vous ???? 

Au cours de la soirée, le docteur Frutos nous envoie un mail pour nous dire que tout va bien avec sa main et que Maurice pourra être opéré comme prévu. Il nous tiendra au courant et vendredi, il nous attend à Talavera à 13h00, afin de se consulter car il n’a pas de très bonnes nouvelles concernant Triphon…