Espagne
en direct
Espagne Update Juillet-Août 2010
Travail
de Sisyphe
Mardi 10 août 2010
Fidèle à ma promesse faite
sur le forum, je commence aujourd’hui à mon résumé
des semaines écoulées. Il est 14h30 et dehors quelques
gouttes de pluie se mettent à tomber tandis qu’au loin
dans les montagnes retentissent des coups de tonnerre. Pas plus tard
qu’il y a cinq minutes, Dirk et moi regardions pleins d’espérance
les quelques gouttes de pluie qui traçaient des petits ronds
dans l’eau de la piscine. Mais en vain, car depuis nos arrivées
respectives le 18 et le 19 juillet il n’a plu que quelques gouttes.
Cela s’annonçait, tout comme maintenant, de façon
prometteur mais je crains que cette fois encore ce sera peine perdue.
"Juste assez de gouttes pour rendre les voitures encore plus sales"
me dit Dirk et j’ajoute: "et juste assez pour traîner
tout le barda à l’intérieur" en pensant à
tous les essuies, coussins, paniers et couettes que nous avons déplacés
pour rien.
Depuis le 18 juillet déjà…
il me semble que c’était hier que Dirk me conduisait à
l’aéroport. Après cette dernière semaine
turbulente pendant laquelle Dirk devait photographier Betty BB (Big
Brother), Luc Steeno et Joke Van De Velde et pendant laquelle Claire
et Olivia sont venues travailler une dernière fois, ont gardé
nos chiens et pour conclure ont mangé en notre compagnie les
"frites du mardi" et pendant laquelle je devais encore me
rendre chez le médecin et l’opticien et faire des emplettes
avec "mamie" et apprêter toutes nos affaires pour le
grand départ… nous étions tous les deux exténués.
Heureusement que de notre "côté"
de l’autoroute il faisait assez calme. L’autre côté,
par contre, était bourré de touristes. En voyant cela,
mon époux était déjà énervé
en pensant à son retour à la maison et à son départ
pour l’Espagne qui était prévu pour 21h00 le même
soir.
A mon arrivée à l’aéroport,
tout le monde se bousculait… Tous ceux qui ne se trouvaient pas
sur l’autoroute, direction de la côte, semblaient vouloir
partir de Zaventem avec l’espoir de trouver des lieux plus enchanteurs.
Grâce au fait que j’avais fait, comme d’habitude et
contre mon goût, appel à une chaise roulante, j’ai
été épargnée après mes adieux à
Dirk, des longues files qui s’étaient formées pour
passer à la douane.
Une fois "fouillée",
on m’a "parquée" en attendant qu’une accompagnatrice
vienne me chercher. Dix minutes avant l’embarquement, ma "fouilleuse"
remarqua tout à coup que j’étais toujours là…
Après un petit coup de téléphone, mon "assistante"
potelée se présenta en courant et en s’étouffant
presque et après un slalom osé, elle me livra, sous le
regard désapprouvant des autres voyageurs, comme dernier passager
à l’hôtesse. Son sprint s’est avéré
inutile car ce n’est qu’après une bonne heure que
nous avons reçu la permission de décoller.
Trois heures plus tard je me trouvais,
à côté d’une Anabel affairée, en route
pour Casa Belgica. Je suis arrivée à destination dans
une chaleur torride vers 20 heures, une heure avant que Dirk et Raymond
ne partent pour l’Espagne avec nos 14 chiens.
Marie-Carmen qui passerait plus tard,
avait amené du poulet, de la salade et des tomates et avait ajouté
un petit papier sur lequel elle avait inscrit "bienvenue".
Après que tous les visiteurs aient quitté les lieux, j’ai
passé ma soirée en regardant la télé et
en mangeant...
Le lendemain j’ai été
occupée à téléphoner et à préparer
des spaghettis et cela malgré la chaleur, des spaghettis.
A 16 heures notre calvaire a pris fin.
Lorsque Dirk et Raymond ont ouvert les portes de la camionnette, ce
sont les portes du ciel qui se sont ouvertes pour moi et au lieu de
voir sortir du véhicule un groupe de galgos, je voyais des saints
qu’on aidait à en sortir… tellement j’étais
heureuse ! Nous étions tous très heureux ! Après
un trajet d’environ 20 heures, ils venaient d’arriver sains
et saufs… Dieu merci.
Raymond est reparti le mercredi et nous
avons entamé nos "vacances" en compagnie de nos 13
+ 1.
Nous nous sommes rendus au refuge où
nous avons pu constater nous-mêmes que Marie-Carmen n’exagérait
en rien lorsqu’elle se plaignait de la quantité de galgos
qui s’y trouvent.


"Plus que
d’habitude en cette période de l’année, plus
de 260" disait-elle et elle ajouta que les entrainements et les
sélections commencent de nouveau au mois d’août.
Moi je me suis dit que cela était une autre façon de dire
qu’un grand nombre d’entre eux seront de nouveau laissés
pour compte et mutilés.


Le jeudi, nous avons fait nos courses
après quoi nous n’avons plus quitté la maison durant
une semaine. Dirk a mis à jour sa comptabilité, quant
à moi j’ai lu tous les "Aspe et co" qui me sont
tombés sous la main. L’après-midi, nous avions l’habitude
de regarder le tour de France et le soir après la visite obligatoire
de… nous avons regardé les dvd que nous n’avions
pas encore eu l’occasion de faire passer la revue.

Entretemps nous étions tenus
au courant de la quantité de galgos qui ne faisait que s’accroître
au refuge et on nous demandait si par hasard il n’y avait pas
de chiens qui pourraient venir en "congé de maladie".
Un petit mâle de 8 mois, maigre à l’extrême,
était en tête de liste à partir du moment où
nous serions de retour car le 28 juillet je devais retourner en Belgique
afin de subir un examen médical urgent. Partir le 28 juillet
pour être de retour le 29 juillet: touch and go. Rester coucher
pendant une nuit et rentrer le plus vite possible. Juan qui travaille
au refuge ainsi que nos voisins d’au-dessus et Marie-Carmen prendraient
soin de nos chiens.
Lorsque jeudi 29 juillet nous avons
atterri à Madrid à 21 heures grâce à un vol
plus tôt, nous avions passé une journée agitée.
Tout avait pourtant bien commencé car les filles des collaborateurs
qui avaient réglé le rendez-vous à la clinique,
étaient venues nous chercher à temps à Zaventem
et nous avaient conduits à l’hôtel où Dirk
avait réservé via internet.
Enfin hôtel… En montant
l’allée négligée du petit château style
"art nouveau", j’avais déjà mes doutes.
Au moment de rentrer dans le hall d’accueil, mal entretenu et
sale, par un homme âgé qui ne retrouvait plus nos réservations
parmi ses papiers dans son tout petit bureau dans lequel même
un chat ne retrouverait plus ses propres petits, nous aurions dû
faire demi-tour car j’avais la certitude que nous nous trouvions
dans un "hôtel de passe" ou des filles de joie offrent
leurs services à leurs clients.
Heureusement nous sommes allés
souper chez le Grec en compagnie de Dirk et de Sigillinde et après
nous avons été boire un verre dans un relais populaire
où nous avions rendez-vous avec Ron Cornet le lendemain. Vers
minuit nous sommes retournés dans notre triste chambre. Je n’ai
pu fermer l’œil de la nuit dans ce lit délabré;
en plus du fait qu’il y avait un orage et que les deux chiens
qui se trouvaient dehors dans un terrain vague n’ont cessé
d’aboyer et de hurler. L’Espagne Flamande…
Le lendemain matin, le petit déjeuner
était en-dessous de tout. Dans le comptoir frigo nous avions
le "choix" entre des croissants périmés depuis
belle lurette, des pistolets ratatinés et des fruits pourris.
Le café d’avant-hier était servi par notre hôte,
vêtu en short divulguant ses jambes ulcéreuses...
Lorsque Sigillinde est venue nous chercher,
nous nous sentions comme deux prisonniers que l’on délivre
d’une oubliette. Après une courte visite à son domicile,
ses filles et ses chiens et après une tasse de café délicieuse,
elle nous a conduit au relais, que nous avions quitté une dizaine
d’heures auparavant, où nous attendaient Ron et Wiske.
Comme de bien entendu, l’entretien a duré plus longtemps
que prévu et de ce fait je suis arrivée juste à
temps pour l’examen médical qui s’est également
prolongé puisque, comme de bien entendu, ils ne trouvaient pas
de veines pour injecter le produit de contraste. Mais après réflexion
cela fut, malgré quelques incommodités, une "fête"
en comparaison avec notre séjour au "Château Migraine"...
Comme prévu, nous étions
de retour à Casa Belgica vers 22 heures où Marie-Carmen
gardait nos chiens. Elle ne tarda pas à nous demander si tout
s’était bien passé. Ma main douloureusement enflée
et enveloppée à l’endroit ou l’on avait fait
l’injection, était la seule chose dont je me souvienne.
Pour le reste, je devais attendre. Avant son départ nous lui
avons encore montré le Primo avec le fameux article au sujet
de Francesca Vanthielen que Dirk avait encore vite acheté à
l’aéroport. Lorsque nous lui avons raconté que la
personne en question prétendait ne jamais avoir tenu ces propos,
elle nous a répondu que les politiciens dans son pays prétendaient
aussi sans cesse n’être au courant de rien… Avant
qu’elle n’ait passé la grille, je me suis encore
empressée de lui dire que Pirri pouvait venir le lendemain.

Et le lendemain Pirri est venu, amenant
avec lui Ligera qui en avait assez de résider au refuge. Comme
convenu, Rafa est venu le dimanche avec deux galgos âgés
qui avaient pris part, dans leur jeunesse, à des expositions.
Malgré leur renom et leurs arbres généalogiques
impressionnants ils étaient devenus indésirables à
cause de leur âge (le mâle 9 ans et la femelle 11 ans) et
vivaient depuis un certain temps sur une terrasse d’un loft à
Valence. Avec des ongles d’environ 5 centimètres ils étaient
pour ainsi dire estropiés et aucun des deux ne pouvait marcher
sans souffrir énormément. Il est triste de voir que les
gens son capables de telles choses et pire encore. Comment est-ce possible
de supporter cela? Le lendemain nous avons eu besoin de trois personnes
pour couper les ongles du mâle et Dirk, Marie-Carmen et Pilli
ont dû user de toutes leurs forces pour pouvoir le retenir.




Il souffrait tellement et il avait tellement
peur ! La petite femelle les a laissé faire, malgré la
douleur et la peur comme si elle savait que c’était pour
son bien. Etant une femme elle est bien plus forte pour ce genre de
chose. On dirait des humains...
Le mardi, Marie-Carmen et Pilli sont
venues avec le galgo le plus maigre qu’on ait jamais vu.



Kika n’était pas seulement
maigre mais avait également des escarres sur tout le corps et
des pattes arrière extrêmement enflées; tellement
enflées qu’on ne pouvait même plus voir ses orteils.
Ses petits pieds étaient comme des boulettes de viande avec des
ongles.


Elle refusait toute nourriture et avait
été amenée par une femme qui était supposée
la sortir pendant que sa maîtresse se trouvait à l’hôpital…
Et quoi encore.
Ni Dirk, ni moi ne voyaient tout cela d’un bon œil.


Au cours de cette même semaine
j’ai encore reçu quelques coups de téléphone
de la part de journalistes qui voulaient tous en savoir plus au sujet
des propos de Madame Vanthielen. Je ne pouvais que leur dire la vérité.
Il m’est également parvenu un mail d’une dame Belge
qui donnait, pendant ses vacances en Espagne, à manger à
un galgo maltraité et qui ne savait que faire de ce pauvre animal.
Après quelques courriels de part et d’autre, je ne pouvais
que lui offrir Las Nieves comme solution car je n’ai pas assez
de références en ce qui concerne Extramadura.
Entretemps notre "fameux couple",
à présent qu’ils n’avaient plus les pieds
douloureux, se mettait à me suivre partout. Le mâle, "Ukeleles
Kafka" selon son arbre généalogique et "Jarbas"
pour son propriétaire, "Kamiel" pour Dirk et moi, je
ne sais pas encore… m’accompagnait même dans la piscine.
Probablement cela lui faisait le plus grand bien aux pieds car elle,
"Smila" "Mila" pour nous, venait également
faire trempette de temps à autre.


Voilà une semaine qu’ils
sont arrivés chez nous et "Kamiel Kafka" a son propre
fauteuil avec parasol au bord de la piscine et il rentre plusieurs fois
par jour, jusqu’au cou dans l’eau.




Mila quant à elle, se couche
également au bord de la piscine et fait trempette mais du moment
que je m’apprête à "monter", ils m’accompagnent
tous les deux. Si un des deux dort et ne se réalise qu’après
que je n’y suis plus, nous sommes invités à un grand
concert… spécialement par Kamiel Kafka.


Je trouve cela très ennuyeux
car mon cœur souffre… Que vont-ils devenir ? Qui va les adopter
? Elle, Mila, peut éventuellement rester avec nous mais KK et
Adhémar qui se sent déjà délaissé…
je ne sais pas… Mon Dieu, comme c’est difficile. Nous verrons
bien.
Nous remarquons déjà les
résultats de notre programme de soins avancé chez Kika.
Hier il y avait tout juste une semaine qu’elle est venue chez
nous et elle a déjà pris 1,5 kg… Elle vide (sous
le regard envieux des autres) 4 à 5 fois par jour son petit bol
et elle dispose de son propre panier. Elle est éveillée
et très intelligente, ses blessures commencent à guérir,
ses pattes arrière ne sont plus enflées et elle a de nouveau
des petits pieds au lieu de boulettes de viande. Seule subsiste cette
foutue diarrhée… Mais cela aussi commence à s’améliorer.




La misère quant à elle,
ne s’améliore guère en Espagne. Hier, on nous a
amené 2 chiots abandonnés et également hier, mardi
10 août, on a publié dans le journal de "droite"
ABC, un article selon lequel à Seprona, non loin de Madrid, 24
galgos avaient été trouvés dans un état
effroyable. Les chiens n’avaient ni à boire ni à
manger… encore et toujours de la misère cuisante. Enfin,
toujours la même histoire qui selon certaines personnes ne serait
que pure imagination de notre part… J’ai envoyé l’article
à Raymond Buekenhout. Il saura quoi en faire devant la commission…
En attendant la venue de Marianne et
de John samedi prochain, Dirk a commencé, avec dans son sillage
son fidèle compagnon Pirri ou Ludwig (le nom que son nouveau
propriétaire lui donnera), au nettoyage de la clinique ou les
gens de Las Nieves avaient superposé des centa ines de manteaux
et d’autres choses. Maintenant que les petits "entrepôts"
sont prêts, Dirk trouve qu’il serait grand temps qu’ils
commencent à déménager leur "barda" et,
à la sueur de son front, il commence à monter tous ces
grands paquets et ces immenses sacs.


Comme ils le font depuis des semaines,
nos chiens et nos hôtes, 19 au total, prennent un bain de soleil
le matin tandis que l’après-midi ils essayent de s’abriter
de l’astre du jour… et ils vivent leur petite vie ne se
rendant pas compte que les chiens qui se trouvent au refuge souffrent
quotidiennement de la poussière, de la chaleur et du nombre…
un nombre qui s’accroît continuellement.






Samedi Marianne et John nous rejoindront.
KK, Milla et Pirri seront des premiers à être soignés.
Kika, qui n’est pas plus large qu’une carte postale…
ne sera pas encore prête à subir une stérilisation.
Si Marianne travaille comme d’habitude
c.à.d. comme un lapin Duracel… ils seront les premiers
d’une longue liste. Dirk, John et moi-même devrons nous
dépêcher.
Merci de votre attention et à samedi.
Points à l’agenda
Point final.
Depuis notre arrivée nous avons,
au moins une fois par semaine, un arrivage de chiens en provenance de
la station de la mort.




Le rituel est toujours le même:
la camionnette anonyme entre chez nous, les accompagnateurs ne veulent
pas être photographiés et attendent dehors jusqu’à
ce que les galgos, parfois à trois dans un box, soient déchargés.


Malgré la différence
de couleur, d’âge et de sexe ils ont tous ce même
désespoir en commun. Certains d’entre eux ont perdu le
goût de vivre et meurent la nuit suivante, ne sachant pas qu’ils
étaient arrivés au bout du tunnel. Un chagrin dont on
ne voit pas la fin.
Constructions.
On a fini par remplacer la vieille caravane
qui faisait , depuis des années, office d’entrepôt
pour toutes sortes de choses ( ce qui m’offusquait outre mesure),
par deux petits entrepôts et une petite cantine pour les personnes
qui travaillent au refuge. Les frais que ces nouvelles constructions
ont entrainés n’étant pas en proportion avec l’étendue
de ces petits bâtiments fonctionnels, il a fallu demander un gros
effort à nos portemonnaies ainsi qu’à ceux d’autres
personnes.



Je dois préciser que nous n’avons
pas peur de ce genre de choses car en ce moment on est en train d’enlever
les pavements des chenils de quarantaine à cause de leur perméabilité.
Il est à espérer que les travaux soient terminés
et que les chenils soient prêts pour samedi afin de pouvoir accueillir
les patients de Marianne.
Nourriture pour Las Nieves.
Grâce à l’enthousiasme
des membres du forum et grâce aussi à Nico et Sandra qui
ont demandé à leurs invités à l’occasion
de leur anniversaire de mariage de bien vouloir contribuer à
"nourriture pour Las Nieves", nous avons reçu une somme
de 1072,50€. J’espère qu’il s’agit ici
d’une nouvelle tradition. Nous avons également reçu
de la firme Hertel une donation de 1.500€.


Nous avons utilisé l’ensemble
des donations afin d’acheter de la "nourriture pour Las Nieves"
pour un montant de 2.500€. Nos nouveaux entrepôts ont ainsi
pu prouver leur utilité. Nous en profitons pour remercier encore
une fois les initiateurs et toutes les personnes qui ont participé
à cette action.
Samedi 14 août 2010
Hier soir, nous avons tous les deux
fort mal dormi. Un drame, car si nous ne parvenons pas à dormir,
nous nous mettons à écouter les aboiements nocturnes interminables
des innombrables âmes canines solitaires de Calypo. Comme si cela
n’était pas encore assez déprimant, nous sommes
régulièrement dérangés par les aboiements
hystériques de Bobby et de Coca, les chiens des voisins d’au-dessus
qui sont partis en Roumanie et par les "boys next door", lorsque
ceux-ci voient passer un rat solitaire ou un chat.
Enfin, à l’opposé
de hier nous avons dormi comme des loirs cette nuit. Je n’ai pensé
à rien, même pas à la petite femelle qui nous vient
de la station de la mort et qui a les oreilles coupées jusqu’à
la tête et qui ne se porte pas très bien et au sujet de
laquelle je me suis fort inquiétée la nuit d’avant.
Lorsque Dirk saute du lit avec le message
habituel "j’ai encore beaucoup à faire", je me
mets debout en lamentant à cause de "ce maudit dos".
Heureusement que Marianne m’apporte aujourd’hui un stock
de pilules de morphine car le substitut Espagnol que je prends depuis
quelques semaines à cause du fait que j’ai oublié
mon stock à la maison, ne représente qu’une fiche
de consolation. Il n’y a pas une heure qui passe sans que Dirk
me fasse remarquer qu’il ne comprend pas comment il est possible
d’oublier une telle chose et cela malgré une douleur constante
"dont il souffre également" ajoute-t-il à chaque
fois. L’amour… soupir…
Kika( qui a passé la nuit dans
le living !!), vient à ma rencontre dans le corridor en remuant
la queue. "Qu’allons-nous faire d’elle ?" dis-je
à Dirk. Depuis qu’elle s’est mise à remuer
la queue et à voyager un peu plus, enfin depuis qu’elle
s’est mise à me suivre partout… elle a décidé
hier soir, qu’elle viendrait dans le living auprès de moi.
Malgré notre intention de ne pas plier, nous avons finalement
succombé. Nous ne pouvions plus supporter de voir son regard
désespéré et la manière dont elle essayait
de m’entrevoir. Nous ne supportions plus d’entendre ses
jérémiades et de voir son petit corps tremblant.
Dirk, grande g…. et tout petit
cœur, a décidé alors de mettre un panier bien douillet
dans le living. C’est seulement alors qu’elle s’est
calmée. Lorsque je l’ai sortie après son dernier
repas, elle a pris doucement ma main et elle m’a invitée,
sur ses jambes tremblantes, à jouer. "Qu’allons-nous
bien pouvoir faire de toi?" pensais-je en refoulant mes larmes…
Nous manquons de place. Dirk observait silencieusement de loin le spectacle.
Lorsque nous sommes rentrés, il avait les yeux humides, hm…
curieux.
Pendant que je caresse la tête
maigrichonne de Kika, Mila m’observe de derrière la petite
barrière qui sépare la cuisine du living et semble se
demander "pourquoi elle et pas moi?" "Parfois tout cela
devient trop lourd à porter. Qu’adviendra-t-il d’eux
? Qui, qui… ??" dis-je à Dirk"



Le fait que Tallulah et Lionel , frère
et sœur, qui ont vécu à Casa Belgica il y a trois
ans et qui avaient conquis notre cœur d’une façon
tellement émouvante, aient été abandonnés
après quatre ans d’adoption avec comme seule excuse qu’ils
sont "tellement gentils", m’afflige outre mesure. Les
humains… certains ne méritent pas d’avoir un chien.
Après que Dirk ait fini toutes
ses "besognes" et après qu’il ait encore une
fois contrôlé si l’avion a bien décollé,
il se met en route pour l’aéroport afin d’aller chercher
notre "main-d’œuvre". Vers midi, je reçois
un coup de téléphone pour me dire qu’ils ont bien
atterri et qu’ils seront bientôt à la maison. Un
peu avant 13 heures, nos longues pattes attendent impatiemment pour
pouvoir accueillir Marianne et John.


"Tata Marianne",
la maman de "remplacement" de nos chiens est couverte de câlins,
parfois un peu bruts, de la part de ses enfants adoptifs.

Seule Kika qui depuis qu’elle
se sent mieux, aboie et montre les dents en voyant des étrangers,
n’est pas contente en voyant les intrus. Lorsque John l’approche
en ami, elle lui mord le doigt!!!
Avant de passer à table pour
un "quick", ils vont mettre leur bagage dans leur chambre.
Sur leur lit, ils trouvent un petit cadeau de la maison. Pour Marianne
une casquette et un t-shirt du FBI; pour John la même chose du
SWAT…


Une petite heure plus tard, Marie-Carmen
nous amène le premier "chargement" et les explications
nécessaires.


Avant de commencer aux premières
dix dames, il faut que Pirri, Mila, et Kafka chez qui John a dû
enlever plusieurs ongles, passent sur le billard. Après cela
c’est la course contre la montre en livrant sans cesse un travail
de précision...


En 3 jours de temps ils désirent
aider autant de chiens que possible.




A 17h00, Marie-Carmen doit amener encore
4 femelles. Pendant qu’ils travaillent sans arrêt dans la
"chaleur fraîche" de la clinique, je me mets à
écrire mon update pendant que je prépare ma sauce spaghettis.
Ils ont été prévenus, chaud ou froid, ils mangeront
des spaghettis.


Il est plus de 21h00 avant que le travail
de la première (demi) journée ouvrable ne soit accompli.
A la clinique, 14 femelles rêvent d’une meilleure vie. En
haut, Mila,KK et Pirri ont déjà repris leurs activités.


Maintenant il est temps de savourer
le petit verre obligatoire de cava.


Ensuite nous mangeons les spaghettis
après quoi Dirk projette de prendre une photo en "uniforme".
Réussira-t-il...??




Points à l’agenda
Petits cadeaux
Je voudrais remercier Madame C. Delmotte
pour le colis de compresses et de tissus chirurgicaux qu’elle
avait conduit chez John avant que celui-ci ne parte pour l’Espagne.
Le vétérinaire De Leener a pris la peine de donner des
médicaments très coûteux au nom de Mi Amigo Galgo.
John s’est acquitté impeccablement de sa tâche et
a délivré consciencieusement les cadeaux et les salutations
dès son arrivée. Je tiens donc à remercier les
donateurs généreux.
Blessée
Malgré le fait que Marianne ait
une main enflée à cause d’une morsure de chat et
cela depuis plus d’un mois et que son état nécessite
une kiné quotidienne, cela ne lui empêche pas de…
travailler. Elle travaille (comme de bien entendu) comme un lapin Duracel
avec des batteries toutes neuves… et dire que Marie-Carmen pensait
qu’elle allait travailler plus calmement à cause de sa
main blessée…
Dimanche 15 août 2010
Comme prévu, ni John ni Marianne
n’avaient encore le courage de mettre leurs "uniformes"
après l’apéritif et un souper animé qui se
termina à 23h00. "Demain", disait Marianne lorsqu’
elle décida d’aller se coucher un peu avant minuit et une
demi-heure avant John. Pour une fois, nous avons suivi leur exemple
et dix minutes plus tard nous nous sommes couchés également.
Même mon époux, pour qui la lecture nocturne est sacrée,
s’est couché immédiatement.
Malgré le fait que Dirk lui avait
interdit de se lever avant 8h00, Marianne ,suivi quelques instants plus
tard par John, parcourt déjà activement le corridor à
7h30. Mon mari qui ne veut pas se laisser connaître, les suit
en pantoufles de plage Camper à la dernière mode et en
t-shirt SWAT… Quelques minutes plus tard, le jardin de Casa Belgica
et la clinique sont traités aux tuyaux d’arrosage divers
et les sols sont nettoyés à fond.
A 8h00, nous sommes tous reluisants
pour prendre le petit déjeuner. Pour un petit moment mes pensées
vont à ma grand-mère qui fête sa "Saint-Marie"
au ciel et je me demande si, de là haut, elle me voit assise
entre "mes" deux vétérinaires et mon (plus)jeune
mari et si elle est au courant du fait que la saison de chasse débute
en Espagne dès aujourd’hui...
Marie-Carmen sonne à la porte
au moment où Dirk verse le café et il ne reste plus (aux
hommes) qu’à tout laisser tomber et aller aider à
décharger les 10 premières femelles.
Lorsque Marianne et John préparent,
un quart d’heure plus tard, les premières dames, les 7
premiers mâles arrivent à leur tour. Ils ont été
castrés par le vétérinaire local mais celui-ci
dit ne pas avoir de matériel de détartrage… et quoi
encore…
Comme toujours Marianne est fort fâchée
à cause de l’anesthésie supplémentaire qu’elle
est obligée d’administrer. John doit user de toute sa diplomatie
afin de calmer sa "colère".
Pendant que Dirk se rend au marché
pour acheter 2 poulets rôtis, John demande que l’on téléphone
afin d’amener encore 10 femelles. Il n’est que midi …
Pendant qu’il a Marie-Carmen en ligne il "commande"
encore 6 femelles pour 17h00. Entretemps, quelques mâles sont
également les bienvenus. C’est bon à savoir...
Tout à l’heure, Belen et
Dimitri amèneront Salomé et Bimba, encore deux en plus...
Comme toujours "ceux de Salamanque"
arrivent vers 14h00 et comme toujours ils sont chargés de "saucissons
de Salamanque" et de "chorizo". La maman de Belen m’a
même acheté une tarte...
Comme d’habitude, ils restent
déjeuner. Heureusement qu’ils connaissent suffisamment
Marianne car elle est en grande forme… Elle me taquine tout le
temps. Elle change du tout au tout lorsque je lui demande ce qu’elle
dirait si je la "présentait" à Chris, notre
cuisinier… Elle me répond, tout comme hier: "plus
d’hommes pour moi"… John réplique en disant
"elle dit ça, mais vous auriez dû l’entendre
hier lorsque vous étiez partis, elle était plutôt
positive à l’idée…" Pendant qu’elle
devient toute rouge et qu’elle nous remercie avec des "petits
noms" que je ne répèterai pas, nous avons de la chance
de ne pas attraper une assiette à la figure.
Pendant le déjeuner plein d’hilarité,
les coups bas ne manquent pas leur but. A un certain moment je raconte
à Belen et à Dimitri comment Marianne s’était
déguisée à l’occasion du concert de José
Van Dam et comment une dame plus âgée mais très
chique avait presque perdu sa prothèse dentaire tellement elle
s’était saisie. Il s’est fallu de peu pour que je
fasse un infarctus et quand j’y pense, j’en rougi encore
de honte.
Lorsque Marianne et John retourne "en bas", elle me dit sans
se retourner "il faut quand même que quelqu’un fasse
le boulot...".



Pour finir, Belen et Dimitri nous font
le récit des derniers mois pendant lesquels, malgré tout
leur travail, ils ont passé des jours entiers à "capturer"
des galgos largués, affamés et timides qui errent dans
les rues.
Une d’entre elles, la timide Bimba,
qui sur la demande d’organisations Espagnoles qui l’ont
laissée pour compte, a été recueillie par GINB.
Elle est couchée à côté de ma chaise et ceci
pour la plus grande partie du déjeuner qui est quand même
fort animé. Belen et Dimitri sont soulagés en voyant le
spectacle car la petite chienne ne laisse approcher personne. Tout à
l’heure son amie Salomé viendra la rejoindre. Cette dernière
a été sauvée, à la dernière minute,
d’une "enclave" tzigane dans laquelle il y avait déjà
plusieurs galgos décédés.


Ou s’agit-il peut-être de
choses qui n’existent que dans notre imagination ??? Est-ce notre
fantaisie qui s’emballe ???... En voyant les "preuves"
à peine vivantes, j’ai quand même mes doutes. En
ce qui concerne certains "experts en la matière", qui
n’ont encore jamais mis les pieds en Espagne, j’ai également
mes doutes.
Belen et Dimitri repartent pour Salamanque
dix minutes avant l’arrivée de Marie-Carmen qui apporte
le dernier "chargement"… Il fait extrêmement chaud.




Lorsque tout est redevenu calme et que
les premiers mâles avec un sourire "ultra brite" sont
repartis, je me rends à la clinique. Tout comme hier, Kika me
suit partout et elle se tuerait pour être tout près de
moi. Rien ne l’effraie même pas la clinique et ses hôtes,
Belen et Dimitri en savent quelque chose. Dirk nous observe en hochant
la tête.

Après ma visite à mes
condamnés aux "travaux forcés", mon époux
décide, après sa énième "ronde caca",
de faire un plongeon bien mérité dans la piscine. Pendant
qu’il nage quelques longueurs, KK fait trempette pour la première
fois depuis son opération. Pendant que je l’observe, assise
sur le transat, Kika vient mettre sa petite tête maigre en dessous
de mon bras. Mila pleure car la petite barrière la sépare
toujours de nous et elle voudrait tellement que cela change. Soupir…
Lorsqu’ils prennent une petite
pause à 19h30, je leur promets de leur servir des frites et du
poulet. "Very Belge" dit John en se léchant les babines…
Pour l’instant ils continuent. "Encore au moins deux heures"
dit Marianne. "Après nous irons dans la piscine pour nous
détendre" ajoute-t-elle. Elle approuve clairement lorsque
nous lui proposons, comme dans un cinq étoiles, "ce soir
l’apéritif sera servi près de la piscine".
"Ce sera encore long ???..." demande Dirk.
Il est 21 heures, bien sonné,
avant que tout soit nettoyé et que les 27 femelles opérées
soient installées. Il est 21h30 avant de commencer à l’apéritif
et encore une demi-heure plus tard avant qu’ils n’aillent
nager. L’eau est refroidie et la trempette est donc de courte
durée. Malgré tout, Marianne est obligée de prendre
une douche pour se réchauffer.



Après la douche, elle avait pour
contenter Dirk, mis son petit costume du FBI. John a suivi son exemple
et a mis tout comme mon époux, sa tenue SWAT. Après avoir
fait la photo nous avons commencé à préparer les
frites et la salade après quoi nous sommes passés à
table vers 23h00...


Après avoir mangé sa glace,
Marianne s’est retirée et Dirk et John ont, comme de vrais
« Swat », bu une bière. Quant à moi, j’ai
écris et j’écris encore. Il est 23h45 et malgré
le fait que je n’ai pas stérilisé et détartré
34 chiens, je ne pense pas que je resterai encore longtemps debout.
Bien que… avant que Dirk n’ait fait la vaisselle et que
John ait été contrôlé les chiens, 15 minutes
se sont écoulées. Je dois encore un peu regarder la télé
pour décompresser. Voilà pourquoi je crains de ne pas
pouvoir aller me coucher endéans l’heure. Enfin, nous verrons
bien.
Lundi 16 août 2010
Après avoir décompressé
hier soir en compagnie de Kim Clijsters qui a donné une bonne
leçon à Sharapova, nous nous sommes couchés vers
1h00. Ensemble !! Enfin, nous n’avons pas beaucoup dormi car un
vent violent s’est mis à souffler. Toutes les portes de
la maison faisaient du bruit et cela rendait les chiens très
nerveux. Dirk a dû se lever à 3 reprises, avant que tout
ne redevienne calme. Deux fois pour expliquer aux chiens qu’il
fallait dormir et non jouer et une fois pour caler les portes pour qu’ils
cessent aussi de jouer...
Était-ce la fatigue, le vent,
les 2 bières que John et Dirk ont consommées??? Le fait
est que personne ne s’est réveillé à temps
ce matin. Y compris Marianne car elle ne s’est réalisé
qu’il était 8h00 que lorsque elle a entendu l’eau
circulant dans les tuyaux d’arrosage. Je l’entendais jurer
et "merder" en se levant… mais deux minutes après,
elle passait déjà la serpillière à la clinique.
John était obligé de prendre une douche "fraîche"
afin de retrouver ses esprits. Lorsque Marie-Carmen s’amène
et ceci à la grande frustration de Dirk et que les chiens commencent
à répandre la nouvelle que d’autres congénères
vont bientôt être là, nous sommes tous lavés
et repassés et prêts à prendre le petit déjeuner.
Quinze minutes plus tard la clinique a déjà repris sa
vitesse de croisière.





A cause de la quantité "d’hôtes
de cuisine" toujours croissante, les arbres commencent à
cacher la forêt ou serait-ce le contraire??? En tous cas pour
Dirk c’est une raison suffisante pour faire encore une fois une
sérieuse "crise de nettoyage". Il faut admettre qu’il
n’est pas évident de garder tout soigneusement propre avec
21 chiens à l’étage et je dois dire qu’il
fait vraiment propre. Cela signifie beaucoup de travail. "Lorsqu’on
a fait tout le tour, on peut recommencer du début", se plaint
Dirk et il a raison. C’est du vrai travail de Sisyphe. Jamais,
jamais, jamais fini.




Il nettoie quotidiennement au moins
4 heures sans compter ses interminables "rondes caca". Aujourd’hui
l’histoire se répète. Il nettoie sans arrêt
de 8h15 à 13h30. Il passe l’aspirateur (même sur
la terrasse) et tout est fait au tuyau d’arrosage jusqu’à
3 fois par jour. Pendant ce temps, c’est la même histoire
à la clinique. Boulot, boulot, boulot. Dieu nous le rendra….un
jour peut-être…




Les chiens prennent tout ça plutôt
à la légère. Ils ignorent les deux "nouveaux"
et semblent se résigner au fait qu’ils doivent encore une
fois s’habituer à des étrangers. Pendant un petit
moment leur curiosité est éveillée par Bimba lorsque
celle-ci montre le chemin à son compagnon de voyage "Salomé
de Salamanque" mais ils se désintéressent totalement
du fait que Bimba fait de son mieux pour tranquilliser son amie. Ils
sont, au contraire de moi, pas du tout émus en voyant tant de
préoccupation. Néanmoins ils sont d’accord pour
qu’elles se couchent sur la grande couette, même Adhémar
se montre généreux.




Kika, mon ombre en porcelaine, quant
à elle, ne se montre jamais généreuse. Au fur et
à mesure qu’elle se rétablit, elle devient de plus
en plus désagréable envers les étrangers. Enfin
étrangers… John et Marianne ne sont quand même pas
des étrangers. Elle ne fait confiance à aucun des deux.
Lorsque John a monté l’escalier hier avec un sac de détritus
elle a directement pensé "à l’attaque"
et ceci par 3 fois. En dehors de Dirk et de moi, elle ne fait confiance
à personne. Lorsque je pense dans quel état elle est rentrée
chez nous, je la comprends, mais… ah quelle misère, je
n’ose pas y penser.


C’est terrible et déchirant
à la fois. On peut raisonner et penser aussi logiquement et d’une
manière réaliste que possible et on peut se dire un million
de fois "maintenant c’est fini, il est impossible qu’on
prenne encore un chien en plus", on est jamais préparé
à ce que la vie peut nous apporter. L’année passée,
princesse Loulou a conquis notre cœur, maintenant il y a KK aux
pieds douloureux et son compagnon Mila et bien sûr notre petite
nana déchainée. Je voudrais tellement gagner au loto ou
trouver de bons adoptants pour ce trio et… pour tant d’autres.
Où est-ce que tout cela va nous mener ? Mon cœur s’est
déjà brisé des milliers de fois. Quelle va être
la suite...?




Nous sommes encore à déguster
le café "après le déjeuner", lorsque
Marisa vient nous rendre visite afin de souhaiter la bienvenue à
Marianne et à John. Elle a une requête. Elle a deux épagneuls
Bretons qui n’ont pas encore été stérilisés
et elle a oublié de leur donner leur injection "anti-rut",
et, et, … si Marianne…??? Bah, pourquoi pas, si on peut
lui rendre service, n’est-ce pas. Une demi-heure plus tard Marisa
s’en retourne heureuse et sous le charme de John et de sa connaissance
de la langue Espagnole et autres.
L’après-midi, je dois non
seulement continuer à mon update mais à partir d’aujourd’hui
je dois aussi contacter tous les FC (Flamands connus) qui posent pour
le calendrier et qui ont tous reçu un "rappel" afin
de fixer le rendez-vous ultime pour les prises de vue. Dans un mois
nous devons commencer, donc le temps presse. Un tas de tracas avant
que tout soit fin prêt.
Pendant que je commence à mon
calvaire, tout le monde fait de son mieux et pendant que les petites
femelles opérées commencent à se rendre compte
d’un monde meilleur à la clinique, au boudoir et dans la
véranda, nous continuons à nous tuer à la tâche.
Nul ne sait à quelle heure le souper sera servi: des pommes de
terre en chemise avec du beurre à l’ail de Chris et du
bifteck accompagné de la salade obligatoire et de tomates. Nous
verrons bien.
Il n’est même pas 20h30
lorsqu’ils sont prêts avec la 34ème femelle!!! Une
demi-heure plus tard la clinique est tout à fait nettoyée
et nous prenons déjà l’apéritif. Enfin eux,
car moi, je me bats avec mes "pommes de terre en chemise",
mes steaks, ma salade, mes tomates et mes pepino’s. Merde, tout
doit être prêt en même temps et je ne vois rien car
mes yeux piquent à cause des oignons que j’ai dû
couper pour les tomates et co. Bah, j’ai horreur de cela.
Juste au moment de commencer au "friscos",
nos chiens sont alarmés par la sonnette de la porte d’entrée.
Dirk se fâche mais sa colère se dissipe immédiatement
lorsqu’il voit Anabelle qui vient dire "hello and goodbye"
à Marianne et à John.
Une demi-heure plus tard elle nous quitte
et John est heureux de pouvoir enfin téléphoner à
sa Wanda. Le pauvre, elle lui manque tellement et il ne fait que parler
d’elle. Rien d’étonnant car Wanda à les apparences
d’un modèle à longues jambes et, en plus, elle est
vétérinaire et l’amour de sa vie… Donc on
aurait le mal d’amour pour moins que ça…
Enfin, pendant qu’il déclare
son amour et qu’il s’occupe après cela, tout comme
hier, de sa comptabilité, le reste de la compagnie s’amuse
à utiliser le skype afin de parler à Anne Coling.



J’espère que nous pourrons
aller nous coucher avant minuit… 54 galgos et princesse Loulou
du pays des galgos nous ont précédés.
Mardi 17 août 2010
Les voilà partis… Pendant
que je les vois s’éloigner, je suis prise de nostalgie
et je me réalise qu’un nouveau chapitre vient de se clore;
un chapitre qui fera la différence pour 108 galgos. Que ferions-nous
sans Marianne et Anne et leurs compagnons respectifs ? Ils font partie
de la famille à présent. Je dirais même plus, nous
sommes devenus des partenaires, des conjurés. Nous brimons la
mort et parfois nous la chassons même, tout comme Sisyphe et tout
comme lui nous sommes punis et notre tâche ne sera jamais accomplie.




Enfin, je ne sais pas ce que nous ferions
sans eux. Aujourd’hui, j’en ai parlé à Marie-Carmen.
Supposons que Marianne ou Anne ou toutes les deux ne pourraient plus,
pour une raison quelconque, continuer leur "apostolat", que
ferions-nous??? Fermer Casa Belgica??? Commencer avec d’autres
vétos??? Impossible. Je ne pourrais pas, je ne voudrais pas!
Que dit le proverbe? Personne n’est indispensable… Eh bien,
ils se trompent complètement car nous ne pourrons jamais nous
passer de ces deux là et il est impossible de les remplacer.
Ce sont des oiseaux rares et d’une race en voie de disparition.

Lorsque je retourne vers la maison,
de nombreux chiens me regardent avec des yeux qui en disent long. Je
crois que nous sommes fous. C’est n’est pas croyable, 20
galgos et princesse Loulou du pays des galgos résident à
Casa Belgica et ceci jusqu’au 2 septembre. Ah les vacances…





Je vais rendre visite aux derniers femelles
et mâles qui ont été traités aujourd’hui.
En guise de cadeau d’adieu, le dernier mâle avait caché
un de ses testicules à un endroit presque introuvable dans son
abdomen.




Pendant que Marianne se met à
sa recherche en proférant les "merdes" nécessaires,
elle reproche à John de s’être arrangé pour
lui laisser ce "mec".


Aujourd’hui, ils ont opéré
de 8h30 à 16h00. Après ils ont mis de l’ordre et
les derniers "langes" ont été mis dans la machine
à laver. Heureusement que grâce aux efforts de quelques
adoptants nous en avions suffisamment et qu’ils aient, tout comme
nous, tenu le coup jusqu’à la fin.



Après que tout soit terminé,
Marianne est allée embrasser son dernier coup de foudre car à
la dernière minute elle a succombé aux charmes d’une
petite femelle âgée dont les mamelles ont l’aspect
de raisins mûres à la suite d’innombrables maternités...




John a pris un plongeon dans la piscine
et Marianne a pris un apéritif avant l’heure après
quoi Dirk les a accompagnés au refuge.




A mon grand soulagement cette visite
est restée sans conséquences car avec Marianne on ne sait
jamais…




Après qu’ils aient dégusté
leur dernier souper (tôt), une baguette accompagnée d’une
salade de thon maison et une baguette avec du fromage, du jambon et
de la salade avec beaucoup de mayonnaise maison, il était tout
à coup temps de partir.
Comme toujours, les adieux sont difficiles
car je ne sais comment les remercier. Que puis-je dire??? Merci…,
merci Marianne pour les 53 femelles stérilisées et les
3 mâles castrés, merci John pour les 25 femelles stérilisées
et les 5 mâles castrés et les 23 détartrages en
plus… Dans de telles circonstances les paroles sont superflues,
c’est pourquoi nous faisons disparaître la peine qu’entraîne
chaque adieu, par un sourire.
Il ne restait pas beaucoup de temps
pour philosopher après leur départ car une demi-heure
plus tard Marie-Carmen et Luis, le véto, venaient pour faire
une prise de sang à Kamiel, Mila et Kika qui à ma grande
surprise se laissait faire par Luis sans faire d’histoires.


Pendant que nous parlions du calendrier
et des actions de charité, Dirk est rentré de l’aéroport
et il a commencé à rêver, en compagnie de Luis,
qui s’avère être un fada retraité du vélo,
d’un tour Belgique-Espagne au profit des lévriers…
Demain, Dirk part en Belgique jusque
jeudi afin de faire un reportage photos. Je reste donc pendant un jour
et une nuit seule avec "mes" 20+1 chiens… euh pardon:
21+1… car j’avais presque oublié le dernier coup
de cœur de Marianne!
Après nous serons à deux
jusqu’au 2 septembre. A ce moment là le Grand Dirk, qui
viendra le jour précédent, et mon Dirk partent pour la
Belgique avec le premier "chargement" d’adoptés.
Je suis obligée de rester ici auprès de nos chiens pour
qui il n’y a pas de place dans la camionnette.
Il y a adoption le samedi 4 septembre.
Dimanche 5 septembre, Dirk repart en compagnie de Raymond pour l’Espagne
où je les attends le lundi 6 septembre. Le jeudi 9 septembre
nous repartons pour la Belgique avec le deuxième "chargement"
d’adoptés et nos 14 ou 15…
Le samedi 11 septembre nous avons de
nouveau un jour d’adoption. Il y a aussi la salle de Rumes qui
doit être apprêtée. Le dimanche 12 septembre nous
avons la promenade de Rumes. Le mardi 14 et le mercredi 15 septembre
nous avons les prises de vue pour le calendrier. Après nous continuerons
à travailler à la revue.
Et alors… Alors nous organiserons
notre TOUTE PREMIERE PROMENADE DE LA FLANDRE ORIENTALE!!!! et ceci grâce
à notre responsable régionale Olivia De Koster et Co qui
ont cherché avec beaucoup d’enthousiasme le bon endroit.
"Enfin" diront les habitants de la Flandre Orientale et pour
cause… Prenez note et inscrivez la date dans vos agendas.
Je reprendrai contact lorsque les 2
Dirk partiront avec le premier "chargement" d’heureux
pour la Belgique. Merci de votre attention et merci pour vos mails et
vos marques de sympathie.
Mireille
Point à l’agenda
Atrocité
Dans un petit village isolé,
quelques hommes habitent ensemble dans une maison sans fenêtres
ni portes. Il y a quelques semaines ils ont gagné une chèvre.
Ils l’ont maquillée comme une femme: rouge à lèvres,
rimmel… et ils se sont mis à abuser d’elle chacun
à leur tour. Tout le village est au courant. Récemment,
on a remarqué la présence d’un galgo-mix sur leur
terrain, une petite femelle… Une femme a volé le petit
chien et l’a envoyé à l’aide d’un messager
chez nous. Nous l’avons appelé Tigrita.

J’ai hésité pendant
des jours avant de publier cette histoire choquante. En fin de compte
je suis arrivée à la conclusion que vous avez le droit
et l’obligation d’être mis au courant.