Espagne
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Espagne Update Janvier 2012
Ne
jamais perdre courage ni patience
Dimanche 22 janvier 2012
Le 9 décembre 2011, j’ai
subi une opération à la hanche, à la suite de quoi
j’ai passé environ 6 semaines sur mon divan. Ce matin à
7h00 je me suis levée avec un léger doute et soutenue
par mes deux béquilles dont j’ai horreur, je me suis rendue
"à quatre pattes" à la salle de bain afin de
m’apprêter pour la onzième promenade de Coxyde. Je
m’inquiète un peu car depuis l’opération,
ce n’est que la troisième fois que je m’habille:
une fois pour me rendre chez le chirurgien et une fois pour me rendre
chez le coiffeur. Pour le reste, je n’ai pas quitté la
maison.
Cela aurait été impossible
car la revalidation se passe lentement, trop lentement selon moi. Le
kinésiste et l’infirmier qui sont venus quotidiennement
jusque vendredi trouvent que malgré ma prothèse et le
fait d’avoir revalidé à domicile, j’ai fait
des progrès considérables. Il semble qu’ils soient
plus satisfaits que moi. Ils ne sont d’ailleurs pas très
enchantés du fait que je projette d’assister à une
"festivité" pour ensuite me rendre immédiatement
après en Espagne et de ce fait d’arrêter brusquement
ma revalidation. Enfin… nous verrons bien tout à l’heure.
J’espère seulement ne pas faire mauvaise figure car j’ai
une peur bleue d’apparaître devant les gens sous de telles
conditions. Je vais néanmoins essayer de me montrer sous mon
meilleur jour.
Pendant que je me maquille pour la première
fois depuis des mois, je me réalise que Dirk avait bien raison
lorsqu’il m’avait interdit d’apprêter les valises
pendant qu’il se trouvait à Coxyde avec les collaborateurs
pour préparer la salle. Je suis déjà fort fatiguée
et la journée ne fait que commencer. Lorsqu’il me demande
si j’ai besoin de son aide pour mettre mes bas et mes chaussures,
je me sens prise sur le fait. Serait-il extralucide??... Mon Dieu, comme
j’ai horreur d’être dépendante.
Une demi-heure plus tard, mon mari me
"hisse" à bord de la camionnette. Lorsque nous passons
à hauteur de l’horloge de De Pinte, il est 8h22. Pendant
que je regarde l’horloge, j’ai peine à me réaliser
qu’à 20h00 ce soir, je me trouverai à bord de l’avion
pour Madrid, encore 12 heures… enfin, voyons d’abord comment
se passera la journée. Je suis incertaine et pendant le trajet,
je demande bien dix fois à Dirk comment il me trouve. Chaque
fois il me répond "très bien". J’ai compris…
Lorsqu’il me regarde d’un air étonné et qu’il
dit "qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus?",
je hausse les épaules. Ah, les hommes ! Ils ne connaissent pas
les besoins d’une femme…


Lorsqu’il veut me déposer
à l’entrée de la salle, je suis étonnée
de la foule déjà présente et je n’ose pas
descendre de la camionnette. Je demande un délai d’exécution
car je veux descendre à l’autre entrée qui se trouve
à hauteur de la cuisine et où il n’y a personne…
Dirk n’est pas du tout d’accord et descend du parking en
grommelant. Lorsque je rentre, quelques instants plus tard, dans la
cuisine et que mes béquilles valsent de tous côtés,
il est très mécontent. Qu’avait-il dit???... Très
juste, hmm… Heureusement que les collaborateurs sont tous là
pour m’accueillir. Avant d’entrer dans la grande salle "mon"
équipe GINB me couvre de baisers et de bons vœux car c’est
la première fois que nous nous voyons depuis le début
de 2012.


Je pars immédiatement me cacher
dans notre boutique. Pendant qu’Olivia et Claire travaillent d’arrache
pied afin de servir les nombreux clients qui se bousculent pour voir
et acheter notre nouvelle ligne de "haute couture galgo",
je suis submergée par des adoptants qui me souhaitent un prompt
rétablissement et une très bonne année 2012 et
qui me complimentent pour mon courage et mes sacrifices…

Après m’être sentie
coupable et inutile pendant deux mois du fait que je devais négliger
par nécessité GINB, l’affection et la sympathie
que les gens me portent me font vraiment chaud au cœur.

Après un après-midi animé
et fatiguant, je prends congé de Dirk et des collaborateurs et
je laisse la salle et les plus de 500 participants derrière moi
pour me rendre en compagnie d’Els Lernout et de sa cousine en
direction de Zaventem et des embouteillages. L’Espagne approche…
Il est presque 19h00 lorsque nous arrivons sur place et qu’un
agent très gentil, nous permet de nous garer sur le parking pour
handicapés. La cousine d’Els, se rend en courant à
l’intérieur afin de chercher une chaise roulante car je
dois absolument me rendre aux toilettes et puisque je ne peux ni courir,
ni faire de la marche rapide…
Lorsque je rentre dans le bâtiment
au bras d’Els, sa cousine vient déjà à notre
rencontre avec mon moyen de transport. Heureusement car mon stop sanitaire
devient très urgent. Malgré le fait que je sois assise
dans une chaise des plus délabrée, elles se rendent aux
toilettes à une vitesse d’enfer et là… on
est en train de faire le nettoyage du côté des dames et
croyez moi, j’ai l’habitude, pas moyen d’entrer. Heureusement,
il y a encore les toilettes pour handicapés, sinon…
Après être passées
aux inscriptions, elles me conduisent au point de rassemblement pour
les personnes en fauteuil roulant et restent avec moi jusqu’au
moment de mon départ. Pendant que nous attendons, Els en profite
pour demander à la guichetière, de nous prendre toutes
les trois en photo afin d’enrichir nos archives. Après
une dizaine de minutes, on vient me chercher et après une dernière
embrassade et le conseil de bien prendre soin de moi, elles peuvent
enfin rentrer à la maison.

Je pars avec mon accompagnateur qui
est plutôt bourru en direction de la douane, où la gentillesse
n’est pas de rigueur. Malgré la chaise roulante et les
béquilles, je suis obligée d’enlever ma veste et
mes bottes. "Aucun problème" dis-je à la dame
"seulement, il m’est impossible de me pencher. J’aurai
donc besoin d’assistance". Après m’être
battue contre ma veste en cuir (qui a vraiment le sens de la contradiction)
et après avoir ôté avec beaucoup de peine mes bottes
et après le screening de mes pieds, mon accompagnateur m’escorte
jusqu’au point de départ et m’abandonne à
mon sort sans se retourner. Lorsque je lui demande si je peux compter
sur de l’aide afin de monter à bord, je l’entends
qui me répond vaguement "oui, oui". Il a probablement
déjà fini son service…
Pendant que je me demande si on ne m’a
pas oubliée, je vois tout à coup Luc Van Den Bossche.
Luc était le chef de production pour notre concert avec "José
Van Dam and friends" et l’adoptant de Tosca. Le hasard veut
qu’il a téléphoné à Dirk aujourd’hui
et puisqu’il est occupé avec un projet à l’aéroport
et qu’il a un laissez-passer, nous avons l’occasion de boire
un café. Je suis heureuse de le voir. Le temps passe plus vite
pour moi et je me sens moins "gênée" dans ce
sacré fauteuil. Bientôt, mon nouvel accompagnateur s’annonce
en gesticulant ostentatoirement avec son Gsm.
Il est toujours en train de téléphoner
au moment où les autres passagers sont déjà en
train de monter à bord. Au lieu d’être la première,
comme il se doit, je dois monter à bord avec les autres passagers.
Ceux-ci ne sont pas contents car une file se forme à cause de
moi. Je m’excuse, en long et en large, auprès de l’hôtesse
de l’air qui me rassure en me disant de ne pas m’en faire
pour les gens qui doivent attendre. Je suis, néanmoins, très
gênée et quelques instants plus tard je peux m’asseoir
dans mon fauteuil. L’hôtesse, que je connais bien, reste
auprès de moi. Et moi qui pensais qu’il n’y aurait
pas de monde à cette heure… L’avion est plein à
craquer. Les deux seules places de libre qui restent sont celles à
côté de moi...
Après que le pilote ait attendu
pendant plus d’un quart d’heure un passager Espagnol qui
en fin de compte ne vient pas, les portes se ferment enfin. J’ai
peur qu’un nouveau stop sanitaire ne s’impose… Heureusement
le pilote parle de retard et de décollage, donc peut-être
que bientôt… Pendant que l’avion se met lentement
en marche, je m’efforce de penser à autre chose et je me
concentre sur la pluie qui dégouline des hublots. Quelques minutes
plus tard, nous laissons derrière nous les lumières de
Bruxelles et nous disparaissons dans les nuages épais.
Avant que l’on ne commence avec
le service, je réussis à me rendre aux toilettes et ceci
au bras de l’hôtesse. J’espère que ce sera
pour la dernière fois. Après avoir reçu pour la
énième fois, des pâtes avec quelque chose d’indéfinissable,
il paraît qu’il s’agit de saumon… et après
avoir bu mon café, j’essaie de ne pas m’endormir
en me concentrant sur les choses qui occupent mon esprit.
Il s’agit tout d’abord Dirk
et Walter qui partiront d’ici quelques heures avec la camionnette.
J’espère qu’ils seront "frais et dispo"
pour entamer le long voyage car Walter a travaillé dur pendant
deux jours pour la promenade et Dirk a été occupé
pendant trois jours car il a chargé deux camionnettes à
lui tout seul. Connaissant Dirk, il n’ira quand même pas
se coucher avant d’avoir reçu mon coup de téléphone.
Pendant que je me réalise qu’ils
mettront 20 heures à faire le chemin qui ne me prendra que quelques
heures, je pense aussi aux nombreuses personnes qui nous ont témoigné
leur soutien aujourd’hui ainsi qu’à ceux qui nous
dépouillent et qui exploitent les chiens par la même occasion.
Je parle des propriétaires d’ "Animalia" qui
organisent une promenade au profit de GINB pour ensuite garder la recette
des inscriptions et des achats et qui ont ainsi abusé de la confiance
de tous les participants.
Après un mail de ma part et un
coup de téléphone d’Olivia qui se sent responsable,
il prétend avoir envoyé un bon. Ce bon a une valeur inférieure
à la recette et en plus nous devons dépenser la somme
dans son propre magasin!!! Donc, nous parlons ici d’une promenade
au profit d’Animalia… Certaines personnes n’ont vraiment
aucun problème à dépouiller une organisation. Je
parle d’expérience mais je dois garder confiance bien que
certaines personnes profitent de cette confiance pour abuser de nous.
Enfin, ce sera encore une bonne leçon. C’est quand même
incroyable qu’ils osent tirer profit de ces pauvres bougres en
Espagne… Ils devraient avoir honte, hélas des gens pareils
ne connaissent aucune honte.
Malgré tous mes soucis, je dois
quand même m’être assoupie car je reviens de Pontoise
lorsque l’hôtesse me demande de bien vouloir relever le
dos de mon siège. Après l’atterrissage, je serai
la dernière à descendre car je dois attendre mon accompagnateur/trice.
J’espère que cette personne viendra vite car le personnel
attend pour partir… Pendant que je m’entretiens avec l’équipage,
je vois mon accompagnatrice qui arrive. Je crois, qu’elle aussi,
nous arrive de Pontoise…
En route pour la sortie, elle ne répond
à aucune de mes questions. C’est bizarre car mon Espagnol
n’est quand même pas aussi mauvais que cela… Lorsque
je lui raconte qu’une amie Espagnole viendra me chercher, elle
me conduit sans un mot vers une salle vide où un seul autre passager
est assis en face d’une cabine d’infos en attendant Godot.
Je ne vois nulle part Anabel qui est supposée venir me chercher.
Cela aussi est bizarre car généralement elle arrive toujours
à temps. Pendant que j’essaie de dialoguer avec mon accompagnatrice
qui semble vraiment être de mauvais poil, je contacte Dirk. Celui-ci
est dans tous ses états et se dépêche de prévenir
Anabel et Marie-Carmen… Pendant que j’attends une réponse,
ma compagne me largue et s’en va comme elle était venue,
sans dire un mot…
Entre-temps, je parviens à savoir
dans quelle salle je me trouve et lorsque Dirk me recontacte, je lui
explique qu’Anabel doit venir me chercher à la salle numéro
6. J’insiste également pour qu’il ne me téléphone
plus et pour qu’il aille se coucher. Cinq minutes plus tard, Anabel
rentre en trompe dans la salle et se fâche en disant à
la dame dans la cabine d’infos, que sur l’écran il
est mis que les passagers de Bruxelles se trouvent dans la salle numéro
5. Elle demande donc pourquoi je me trouve dans la salle numéro
6? Elle ajoute également qu’elle a été obligée
de déplacer sa voiture par deux fois. Je ne l’ai encore
jamais vue aussi fâchée… Lorsque nous voulons enfin
partir, les portes de sortie semblent être fermées et nous
sommes obligées de faire un détour de 500 mètres.
La femme à journée de service qui ne veut pas ouvrir la
porte, se fait ramasser…
Il est minuit passé, lorsque
nous arrivons à Casa Belgica. Avant de partir, Anabel retire
mes bottes et applique mon nouvel emplâtre à la morphine.
Heureusement que Dirk m’ait rappelé qu’il était
temps de le renouveler… Il est 1h du matin, lorsque je peux enfin
aller me coucher. Derrière mes paupières closes, des flammes
multicolores et capricieuses dansent la chamade et tous les feux d’artifice
interdits de 2012 se mettent à exploser. Je suis exténuée.
Tout à l’heure, Dirk et Walter prendront la route…
Lundi 23 janvier 2012
Après une bonne nuit, les «
gars d’à côté » me réveillent
avec leurs aboiements. Je me saisis tellement que pendant quelques instants
je ne me rends pas très bien compte de la situation. Mais petit
à petit, la réalité fait surface et je me dis que
Dirk et Walter ont probablement déjà pris la route. Lorsque
je me redresse pour téléphoner, j’ai une nausée
et au lieu de pouvoir les appeler, je suis obligée de me rendre
tant bien que mal à la salle de bains ce qui n’est vraiment
pas commode lorsqu’on se déplace à l’aide
de béquilles. A 7h30, j’ai repris mes esprits et j’entreprends
donc une deuxième tentative. J’ai en ligne Walter qui m’assure
que tout va bien et qu’ils se sentent tous les deux très
bien… Dirk a pris le volant en premier et ils viennent juste d’aborder
la périphérie de Paris. Dirk me contactera aussitôt
que Walter aura pris le volant...
Tenant sa promesse, je reçois
un coup de téléphone à 9h30 me racontant qu’ils
viennent de quitter l’aire au chocolat et que Kika a fait des
siennes pendant la pause pipi. La seule chose qu’elle avait en
tête, c’était de retourner le plus vite possible
dans son compartiment où elle se sent visiblement en sécurité.
Il me raconte également qu’ils vont uniquement faire des
arrêts au stand et qu’ils mangeront le lunch copieux, préparé
par Monique, en roulant. Nous nous mettons d’accord pour qu’il
me téléphone avant de reprendre le volant.
Avant de prendre congé, il me
demande comment vont les choses à Casa Belgica. A part le fait
qu’Anabel ait téléphoné pour demander si
tout allait bien et si je n’avais besoin de rien et à part
le fait que Marie-Carmen ait apporté des "brioches espagnoles"
et la nouvelle peu réconfortante qu’il y a plein de galgos
et que je me sois rendue, en compagnie de Vali, à la clinique
pour voir la meute qui y réside et le fait que Julian se prépare
à mettre les voitures dehors à l’occasion de leur
arrivée, je n’ai rien d’excitant à raconter.
Durant toute la journée, je les
suis méticuleusement. A 17h00, ils partent à l’aire
du Bidart et passeront donc bientôt la frontière Espagnole.
Quelques coups de téléphone plus tard, j’ai de nouveau
Walter en ligne qui m’apprend qu’ils sont en train d’escalader
la dernière montagne avant Madrid et qu’il fait tellement
sombre que Dirk a l’impression que la camionnette n’avance
plus du tout… Ils ne se sentent pas encore fatigués mais
ils sont néanmoins contents que la fin du trajet approche. Lorsque
je demande s’ils veulent encore manger quelque chose à
leur arrivée, ils me répondent "un petit quelque
chose". Ils me racontent également qu’il n’y
avait plus aucune baguette à vendre dans les stations-service…
Il est 23h15 lorsqu’ils arrivent
à Casa Belgica et il est presque minuit avant que les produits
bios, que j’ai achetés en Belgique, soient déchargés
et que nous soyons dans la possibilité de goûter les raviolis
bios. Pendant le souper tardif, je remarque qu’ils sont fatigués.
On le serait à moins. Hier, ils étaient encore présents
à la promenade et aujourd’hui, les voilà déjà
à Madrid.
Mardi 24 janvier 2012
Il n’est que 7h30, lorsque j’entends
Walter qui se dirige déjà en direction de la salle de
bains. Nous nous sommes couchés un peu plus tard que lui (une
heure plus tard) car Dirk voulait encore absolument raccorder les ordinateurs.
Donc je n’ai pas du tout envie de me lever car je suis exténuée.
C’est tout naturel lorsqu’on se réveille mille fois
par nuit parce qu’on doit dormir sur le dos avec un coussin en-dessous
des genoux où sur le côté avec un coussin entre
les genoux.
Pendant que Walter est encore occupé
à faire sa toilette, Dirk se rend à la cuisine afin de
préparer le café. Il ne me reste donc plus qu’à
me lever à mon tour car je veux prendre un petit déjeuner
agréable avant que Walter et Dirk ne parte, vers 10h00, pour
l’aéroport. Moins de 10 heures après qu’il
ne soit arrivé en Espagne, Walter sera à bord de l’avion
qui le ramènera en Belgique. Comme toujours, le temps passe beaucoup
trop vite et un peu plus tard, je prends congé de lui en le remerciant
une dizaine de fois pour le fait d’avoir été le
convoyeur de Dirk.
Après leur départ, je
commence à lire et à répondre à mes mails
et je commence à mon update. Dehors, il y a un beau soleil mais
il fait à peine 10 degrés. Après avoir écrit
quelques paragraphes, j’essaie de faire sortir Kika et Loulou
qui sont encore visiblement fatiguées du voyage. Un sac de biscuits
fait à peine effet et c’est avec de longues pattes qu’elles
me suivent vers le jardin.
Lorsque Kika aperçoit toute la
bande résidant à Casa Belgica, elle se rend à la
grille avec les pattes toutes raides et prête à donner
son show d’intimidation. Cette fois son comportement hautain ne
fait pas grand effet car la petite "Mamamia" qui était
en train de mourir de froid, avec son tout petit bébé,
dans la station de la mort de Quenca, se défend farouchement
et mort dans le nez de Kika à travers les barreaux. Furieuse,
la princesse de porcelaine se met à aboyer à une distance
de 50 centimètres contre la petite furie qui est prête
à défendre son petit au péril de sa vie. Le reste
de la compagnie c.à.d. une petite chose à poils bruns
et d’origine inconnue, Niebla, une petite femelle bringée
splendide et Marcus un magnifique chiot galgo d’environs 4 mois,
se tiennent à l’écart.
Niebla et Marcus, qui résident
depuis quelques semaines déjà à Casa Belgica, ont
été trouvés dans les champs de Zamora où
ils erraient dans un froid glacial. Bien que Niebla ne soit pas la maman
de Marcus, elle a quand même pris soin de lui pendant cette randonnée
difficile et dès lors ils sont devenus inséparables. Pendant
que je les observe de manière attendrie, je me dis qu’il
est dommage qu’ils ne sachent pas raconter ce qui leur est arrivé
et qui les a abandonnés, hélas, bien que… même
s’ils étaient en mesure de le faire l’énergumène
responsable ne serait quand même pas puni pour son crime.
Après quelques minutes, Kika
en a assez et rentre. Avant de suivre son exemple, je me mets à
broyer les biscuits restants pour les moineaux qui sont sans cesse en
quête de nourriture par ce froid. Lorsque je mets les pieds sur
les pierres naturelles, ma béquille se met à glisser et
je tombe par terre en gesticulant. Ma hanche en titane fait un bruit
de craquement très inquiétant et je me réalise
que je dois absolument réussir à me relever avant que
Dirk ne revienne car il risque de vouloir me tuer…
Après un long moment, je réussis
à me tourner sur le côté et à me relever
sur ces pierres humides. Je suis à peine remise de mes émotions
que Dirk rentre de l’aéroport. Lorsqu’il me demande
si tout va bien, je hoche la tête et lorsqu’il demande si
quelque chose ne va pas, je fais la même chose pour dire non.
Lorsqu’il me dit "Tu es si silencieuse!", je lui dis
que je me sens encore toujours exténuée et que je suis
engourdie d’être assisse tout le temps. Il connaîtra
la fin de l’histoire en lisant mon update…
Je prends mon courage à deux
mains pour aller à Xanadu et j’espère ne pas avoir
trop de dégâts… Tout de suite après notre
retour, Marcus et Niebla viendront dans la maison et Kika pourra montrer
son sale caractère et Loulou son bon cœur… D’abord,
il nous faut faire nos emplettes car jeudi soir Marianne, John et Dirk
Danschutter dit "Ben-Hur", arriveront et je devrai être
en pleine forme. Lorsque nous partons, j’ai besoin de l’aide
de Dirk pour rentrer dans la petite voiture et je gémis de douleur
lorsque Dirk soulève ma jambe. A Xanadu, je suis contente de
pouvoir m’accrocher à la charrette.



Pendant que Niebla se blottit, une fois
le soir venu, dans la cuisine sans marcher sur les plates bandes de
Kika… et que Marcus est accueilli par Loulou comme son propre
enfant avant de prouver qu’il est un alpiniste accompli en quête
de bouquins, je reçois un appel de Belgique disant qu’une
dame et un monsieur Belges désirent abandonner leur gentille
et propre "Barcelona girl" qui leur a donné tant de
joie et qui est âgée de treize ans et cela après
7 ans d’adoption.
Le chien, qui appartenait d’abord
à leur fille qui a quitté la maison voici des années
déjà, a les dents usées et ne parvient plus à
marcher aussi bien qu’avant. Ils ajoutent également qu’ils
deviennent trop âgés pour une telle situation… Je
vous jure que j’espère du fond du cœur qu’ils
seront abandonnés à leur tour, une fois que la vieillesse
viendra frapper à leur porte. Lorsque je me couche, ma hanche
douloureuse et cette histoire me tiennent réveillée et
je me demande si ces gens "âgés et distingués"
valent bien mieux que ce galguero qui a abandonné Niebla et Marcus
à leur sort.